DANIEL STERN
de Taufre les œuvres d'imagination, de philosophie, d'autobiographie : pièces de théâtre, nouvelles, le roman de Nélida^ le livre des Souvenirs, et les Esquisses morales.
Le dirais-je? ce ne sont pas les études historiques que je* placerais au premier rang dans Tœui^re de Daniel Stern. Sans doute elles portent le cachet de son talent vraiment viril. Mais je préfère les réminiscences 'du jeune âge et les réflexions de la maturité, où son âme, comme sa beauto. même, se reflète et revit. J'estime malgré tout que les écrivains supérieurs trouvent en eux, je veux dire dans l'analyse de leurs sentiments et dans la peinture Je leur vie, les sujets les plus capables de nous intéresser. Ces sujets-là vraiment leur appartiennent : nul ne saurait les leur enlever. Un historien peut survenir qui, retraçant à son tour l'histoire dé la Révolution de 1848, fasse oublier Touvrage de madame d'Agoult ; mais il est tel chapitre des Souvenirs^ il est telle page des Esquisses^ où le temps seul effacera l'empreinte que la main de Tau* tcur y a laissée.
4S rOniRAITS LITTÉlUir.ES.
Les Esquisses forment trois parlies. La première traile de la condition humaine, de l'homme, de la femme, de la vie morale, du rœur, de l'esprit, de rédncatîon, — ce sont les tilres mêmes des cliapitres dont mainte page semble un fragment de la confession douloureuse que sa fierté toujours patricienne n'a point voulu livrer entière à la curiosité de la foule.
C'est, je crois, dans les trois chapitres de la femme, de la vie morale et du cœur, que l'on rencontre surtout ces pensées qui ressemblent à des aveux. Les indiquer autrement serait une entreprise indiscrète et même imprudente. On risquerait de produire des conjectures injurieuses comme des calomnies. Un trait ordinaire en celte sorte d'ouvrages est que les confidences personneiles y sont si éti oitement unies et méjées aux reflexions générales que l'on ne sait trop comment distinguer les unes et les autres.
L'impression que nous laisse celte première partie des Esquisses morales est une impression de calme et de sérénité. On y reconnaît l'état d'une Ame profondé-