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bililcsTorniidables qirellc a si tcmëraircinent encounies el si cruellement expiées. Hais, remoa'arrt à ses débu'9 dans une cour corrompue et frivolj, analysant c la détresse morale de cette é;)Ouse sans mari et de celle rcinj sans roi >, il la montre amenée lentement, et comme par degrés, sur la pente fatale où elle s'est perdue. Pénétrante analyse, de la psychologie la plus éleyée; discrète peinture, où l'art, pour ainsi dire, se révèle' par le soin que Tartistc prend à le cacher. C'est un trait commun à ces deux écrivains, d'ailleurs si dissemblables, M. Kisard et H. Renan : tous deux incapables d'être goûtés de la foule, parce qu'ils sont diversement mais également préoccupés du soin d'être sobres et simples, d'efTacer les couleurs trop vives et d3 ne se jamais départir, dans rexpression tempérante de leur pensée, de cette justesse scrupukuse et de cette cx']uise nellcté que Vauvcnargues appelait « le vernis des maîtres».

Il n'a tenu qu'à M. NisarJ d'ôt'e un écrivain politique du premier ordre. Mais revenons à la pure critique littéraire, qui est proprement le domaine où il a établi son empire et dont il a rarement franchi les limites.

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Les Vies d'Érasme, de Morus el de Mélanchthon forment une œuvre intermédiaire, et qui marque la Iransilion entre le s[^\e des Études sur les poètes latins el le style de VHistoire de la littérature française^ entre la méthode historique et inductive, que M. Nisard avait d'abord suivie, et la méthode théorique et déductive, qu'il a adoptée définitivement, — entre la période de la jeunesse et celle de la maturité. ^

C'est cette seconde période que je vais étudier. Elle nous présente deux livres caractéristiques : VHis^ toire de la littérature française, ci les Discours académiques.

Autrefois la crilique se bornail à juger un écrivain et ses ouvrages. Tout au plus traçait-elle de sa physionomie littéraire un portrait. Elle y joignait parfois quelque brève allusion à ses mœurs, à sa condition, à un événemeut de sa vie, et c'était tout. Telle fut la critique^'dep anciens, et il en a été de même longtemps chez les nnodernés. Ma^ noire siècle a transformé les méthodes, sihon l'objet de la critiquj3...Qn a

MO I»0KTIIAITS LITTÉRAIRIlS.

compris qu*un cher-d*œuTre ne brillait pas soudain dans une littérature comme un météore, mais qu*il tenaity ainsi qu'une plante, par des racines profondes, au sol où il s'épanouit : il naît d'une époque, il naît d'un* esprit. Et comment espérer d'atteindre à la connaissance exacte et à la juste intelligence d*un livre, sivous n'étudiez pas d'abord le^fond d'uù il est sorti, je veux dire* l'Ame et le génie de l'écrivain, ses opinions, ses idées, son existence et la société dont il a subi l'action? M. Nisard nous conte qu'il avaiH*a,un jour, en présence de Chateaubriand, celte défînilion de Tliomme de génie: « C'est riiomme qui écrit ce que tout le monde pense. » Et, sijoute-t-il, Chateaubriand approuva la déûnilion. H. Nisard et Chateaubriand avait parfaitement raison. « Seulement, s'il en est ainsi, objecte-t-on à M. Nisard, ne serait-il pas à propos de commencer par rechercher ce qu'à une époque tout le monde pensait^ pour être à même de décider si l'homme de génie, selon votre formule, a exprimé fidèlement cette pensée de tout le monde? Ce qui nous oblige à éclairer la littérature par l'histoire. Comment expliquer René^ Atala et le Génie du Christianisme, si vous ne cherchez pas la raison de ces ouvrages dans l'état des âmes au lendemain de la Révolution? Appliqueriez-vous votre théorie à Byron, étudiant ses héros sans connaître sa vie? Et que dire des œuvres de Goethe, lequel nous déclare que tout ce qu'il a écrit, il Tavail vécu d'abord? — Juger un livre en fermant les yeux-sur fout ce qui

ïd précédé, préparé, provoqué; dépouiller Tauleur de son vêtement el en quelque sorle, de sa chair, pour Je. considérer co.r ma un pur esprit, un êlre de raison, c>st nous présenter une série d'énigmes, c'est conlcmpler des ombres dans la caverne de Platon, c'est nous réduire à ne voir dans la littérature que des effets sans causes, des principes sans conséquences, accidents isolés que rien ne fit naître et qui ne donnent naissance à rien !»

M. Nisard se place à un tout autre point de vue. H prend un chef-d'œuvre au milieu des ouvrages qui le précédèrent et le suivirent; il le détache, comme une belle fleur, de sa tige, et Texamine ainsi d'une façon toute abstraite- Il a conçu pour chaque genre un certain idéal; c'est à ces modèles qu'il rapporte tout. 11 n'entre pasdanslaréalité,nidans le détail du sujet; il l'examine du dfhors. Et voici, du reste, comment M. Nisard luimême définit sa méthode, à la fin de VHistoire de la littérature française, où il passe en revue les diverses sortes de critique : « Celle-ci se rapproche plus d'un traité; elle a la prétention de régler les plaisirs de l'esprit, de soustraire les ouvrages à la tyrannie da chacun son goûty d'être une science exacle, plus jalouse de canJuire l'esprit que de lui plaire. Elle s'est fait un idéal de l'esprit humain dans les livres; elle s'en est fait un du génie pnrliculier de la France; un autre de sa langue; elle met chaque auteur et chique livre en rc- gardde ce triple idéal. Elle note ce qui s'en rapproche;

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