‹ Portraits littérairesChapitre 8 sur 55 · BALZAC · texte numérisé non relu

BALZAC

lard, deviendra madame de Balzac: «Et ma pauvre maison qu'on bàlllî..-. » 11 ajoutait: <f J*ai trente-neuf ans et plus de 200 000 francs de dettes! » 11 travaillait à les payer, de la meilleure fui du monde. Il avait toutes lesiKusions d'un enfant; il abondait en projets et en résolutions superbes; il prodiguait aux siens, et à lui-même, les plus belles promesses; encore six mois de travail à mort et il sevaii libéré; il n'aurait plus le joug de tel ou tel libraire, il ferait tout le monde riche et heureux autour de lui. Il a écrit ces choses-là durant vingt ans à sa mère: rapprochez les lettres des premières années elles dernières, en vérité elles diffèrent peu. Il semble cependant que, vers la fin, sa condition fût meilleure. L'or affluait sous sa plume; il acquittait ses dettes et peut-être n'en créait plus de nouvelles; il allait d'ailleurs entrer dans une période de bonheur et de calme longtemps souhaitée: un mariageallaitTunir à une comtesse polonaise, belle, distinguée, et de grande naissance, qui régnait alors souverainement sur sa vie. Nombre de lettres lui sont adressées, et elles sont peut-être les plus intéressantes du recueil. Quand il parle à cette femme, dont le haut rang, les vertus et Tesprit semblent le tenir ^ous le charme, le ton s''éléve. Il y a là des passages où Ton démêle, sous la vulgarité de l'expression, une délicate intention qui, ciiez Balzac, est assez rare.

« Oh 1 si V0U5 saviez, lui écrit-il *, quel respect j'ai pour

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