‹ Portraits littéraires et philosophiquesChapitre 5 sur 30 · I6id · texte numérisé non relu

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disparaissent : tout s'enchaîne et se coordonne ; et à côté des instincls égoïstes et conservateurs de la créature, se montrent, non moins constants, non moins universels, les nobles instincts qui font d'elle un être moral et la rendent capable de vertu.

C'est de la sorte qu'il échappe à Pascal accablant l'homme sous le poids de ses contradictions et triomphant de son néant. C'est surtout de ce point de vue supérieur qu'il réfute avec une admirable force le scepticisme de La Rochefoucauld ; car on sent qu'en écrivant, il a pensé bien plus encore à La Rochefoucauld qu'à Pascal.

Que lui fait cette sèche et haineuse anatomie des passions? Si nos vices quelquefois se déguisent en vertus, est-ce à dire que la vertu ne puisse plus se distinguer du vice? D'une vérité particulière, est-on en droit de faire une vérité générale? De ce que l'âmour-propre se mêle en nous à tout, faut-il conclure qu'il corrompt tout? Tu n'as oubUé qu'un point, ô philosophe, c'est de distinguer ces deux choses qui ne se ressemblent que de nom, — l'égoïsme réfléchi, calculé, qui subordonne et sacrifie tout à soi; ^-et l'amour-propre instinctif, irréfléchi, que la nature a mis au fond de nos entrailles et dont il ne nous est pas donné de nous dépouiller.

c( Le corps a ses grâces, l'esprit ses talents, s'écrie « Vauvenargues : le ctBur n'aurait-il que des vices ? a et rhomme, capable de raison, serait-il incapabl-e <( de vertu ^ ?

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