INTRODUCTION. XXIII
siirsum qui lui conciliera à la fois la reconnaissance des chrétiens et le respect de ses adversaires eux-mêmes. Pour bien juger une question, il faut la juger de très-haut et le chrétien doit avoir l'entctement de se tenir sur les hauteurs. îl lui faut laisser à ses pieds, dans le vallon, le petit bruit humain, les personnalités mesquines, les haines d'école, les préjugés de parti, les rancunes, les froissements d'amour-propre, le désir de faire un bon mot, les énergies de langage qui frappent trop vivement les esprits, la rhétorique enfin, oui, surtout, et avant tout la rhétorique !
Si vous avez devant vous un ennemi de la Vérité, n'allez pas relever les petits manquements à la grammaire qui peuvent fourmiller dans son œuvre, ni le railler sur les antécédents de sa vie privée, ni lui rappeler ses anciennes opinions, ni même suspecter sa sincérité. Altms, altius. Si vous avez à juger une œuvre d'art, cherchez tout d'abord à la prendre, à l'examiner par ses grands côtés, et n'ayez pas des yeux de lynx pour chercher joyeusement et découvrir uniquement ses petits défauts. Demandez-vous, avant toutes choses, si cette œuvre élève le niveau des âmes et, si elle l'élève, témoignez pour elle une haute bienveillance qui soit très-difficile à décourager. Je veux encore ici choisir quelques exemples décisifs. On a repris