XXIV INTRODUCTION
cette année Hernani de Victor Hugo, et c'est un succès qui dure encore. Cependant quelques critiques, pour lesquels je professe d'ailleurs la plus profonde estime, ont jugé ce beau drame avec une sévérité qui nous a douloureusement surpris. Nous avons lu Hernani^ nous l'avons relu plus d'une fois, et, à travers mille défauts très-graves, nous avons constaté une foule de beautés de premier ordre, une fierté, un lyrisme, une couleur locale, une originalité et une puissance qui nous ont ravi. Nous avons alors promené nos regards autour de nous, et avons cherché quelles étaient les œuvres dramatiques contemporaines de cette reprise à'Eernaiii. Hélas! nous n'avons guère aperçu que des obscénités sans voiles, des exhibitions de chair, des provocations à la débauche, ignobles machines dramatiques qu'a si éloquemment flétries l'auteur des Odeurs de Paris. Eh bien ! dans une situation pareille, je dis que le devoir des catholiques était peut-être d'encourager par de bonnes paroles le succès du drame de Victor Hugo ; je dis que ce succès a été au nombre des quelques bons signes de ce temps, qu'il a élevé les âmes, qu'il les a heureusement éloignées des scandales d'un théâtre sans morale, sans pudeur et sans esprit. Pourquoi ccitains esprits, peut-être trop sévères, n'ont-ils également voulu voir dans l'Exposition universelle