‹ Portraits littérairesChapitre 19 sur 36 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

(( disait l'un d'eux, ce n'est pas M. Renan, ce sont les (( catholiques libéraux. » Et l'autre reprenait : « Le c( plus redoutable ennemi de l'Eglise, ce n'est pas (( M. Renan, ce sont les catholiquesabsolutistes. » Et le matin sans doute, au même autel, des mains du même prêtre, ces deux chrétiens avaient reçu la même Eucharistie avec la même sincérité de foi et la même ardeur de prières. Et, une heure après, ils se préféraient un athée. Un tel état de choses peut-il encore durer longtemps?

A tout prix, il faut opérer parmi nous la grande réconciliation de toutes les écoles et de tous les cœurs catholiques. Il faut rapprocher à tout prix ceux qui croient au même Jésus, défendent la même Eghse et s'approchent des mêmes sacrements. Nous ne nous voyons pas : eh bien! il faut nous voir. Nous ne nous aimons pas: eh bien! il faut nous aimer, et tomber enfin aux bras les uns des autres. L'auteur de ce livre n'a aucune autorité pour s'occuper fructueusement de l'œuvre délicate de cette réconciliation si désirable ; mais il espère que d'autres, plus autorisés et moins inconnus, voudront s'en occuper activement. Il est trop vrai que nous sommes séparés par de graves divergences d'opinion ; mais c'est presque uniquement en théorie; car, dans la pratique des choses, nous arrivons en réalité aux mêmes résultats. Sachons donc nous

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