XXVIII INTRODUCTION
faire mutuellement toutes les concessions qui ne sont pas incompatibles avec la rigueur de nos principes; enlevons à nos opinions tous les piquants qui les hérissent ; adoucissons les angles trop aigus de nos systèmes; avouons réciproquement la sincérité et la pureté de nos intentions; aimonsnous, enfin, aimons-nous. Des temps fort graves se préparent : il faut que tous les catholiques se groupent en un seul faisceau qui soit invincible. Si les plus vieux d'entre nous éprouvent quelque hésitation et ont quelque peine à réaliser ce rapprochement, il convient que les plus jeunes donnent Texemple. Ils n'ont pas pris part aux anciennes guerres; ils n'ont pas de ces blessures qui se rouvrent trop aisément, ni d'antiques rancunes, ni de vieux griefs ; ils ont le cœur tout neuf. C'est à eux de s'aimer les premiers et d'entrahier les autres. Quant à ceux qui ne sont pas chrétiens, nous savons, depuis le Sermon de la montagne, tout ce que nous leur devons d'amour et de prières. La presse catholique a-t-elle été toujours fidèle à ce grand commandement du divin Maître? N'avons-nous pas quelquefois été trop durs envers les ennemis de notre foi? IN'avons-nous pas trop joyeusement retourné le fer dans les plaies que nous avions faites? Ne les avons -nous pas raillés souvent avec une cruauté que rien ne pouvait désarmer? Ne les