‹ Portraits littérairesChapitre 23 sur 36 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

temps où nous vivons et lui préférer ouvertement, soit les périodes les plus ingrates du moyen âge, soit le siècle de Louis XÏV. Mais, en réalité, quel siècle a désiré, a cherché la V^érité avec une ardeur plus douloureuse et souvent plus méritoire? Quel siècle a jeté de plus profonds, de plus beaux soupirs vers cette Vérité libératrice que nos contemporains ont eu le malheur de ne pas toujours découvrir, hélas ! et de méconnaître trop souvent? Quoi qu'il en soit, le mauvais rire du siècle dernier a été remplacé dans nos âmes agrandies par une noble anxiété au sujet de la Lumière que nous nous obstinons à vouloir conquérir. Au pointde vue religieux, quel pape préféj^erons-nous à Pie IX, et quel pontificat pourrait se comparer au sien ? La plénitude de la vérité a été nettement affirmée dansTEncyclique, et toutes les erreurs y ont été sévèrement dénoncées ; l'immaculée Conception a été proclamée dans la lumière et dans la joie ; le jansénisme vaincu jette ses derniers râles; l'infaiUibilité n'a jamais vu tant de genoux prosternés devant elle ; au premier cri du Pape, s'arment des miUiers de volontaires, et le denier de saint Pierre tombe par millions aux pieds du Pontife appauvri-; les œuvres catholiques sont en pleine floraison et les âmes catholiques en pleine jeunesse; les Sœurs de charité n'ont jamais été plus nombreuses ; les Conférences de saint Vincent-

XXXIl INTRODUCTION.

dc-Panl consolent et soiilngent la misère avec un clan et une efficacité que n'ont pas connus les meilleurs siècles de l'Eglise ; l'apostolat laïque multiplie ses conquêtes... Au point de vue politique, ne ferons-nous pas estime de Téconomie sociale, cette belle science toute moderne? S'il est encore des partisans aveugles des Césars et du Césarisme ; si la Révolution nous enlace dans les rets de son despotisme qni menace toute vérité et toute liberté sur la terre, ne convient-il pas de rappeler que cet absolutisme est la déplorable suite de celui d'un Frédéric II et d'un Philippe le Bel, d'un Philippe 11 et d'un Louis XÏV? Et, d'un autre côté, la liberté chrétienne a-t-elle jamais rencontré dans le monde plus de courageux et d'éminents défenseurs?... Au point de vue scientifique, il ne faudrait même pas essayer de comparer notre siècle avec les précédents. La vapeur, en quelques jours, j'allais dire en quelques heures, transporte nos missionnaires auprès de leurs chers catéchumènes ; elle multiplie les baptêmes; elle peuple le ciel. L'électricité transporte la pensée chrétienne avec une rapidité mille fois plus étonnante, et, si la téléo^raphie est encore trop souvent un instrument aux mains du Despotisme et de la Révolution, on peut espérer que tous ses fils aboutiront un jour sous les doigts de rinfaillibihté romaine. Les mer-

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