INTRODUCTION
Aujourd'hui les temps ne sont plus les mêmes. Ce n'est plus la plaisanterie ; ce ne sont plus l'esprit, la verve et la finesse qui nous paraissent tenir la première place dans la polémique des Revues et des journaux : c'est la science. Lisez au hasard, lisez la première page d'un journal de 1868: vous y verrez certainement discuter quelque grand problème d'histoire, quelque grave question scientifique. « L'Église a-t-elle, oui ou non, réalise tel ou tel progrès en faveur des pauvres et des petits ? Quelle a été sa pensée sur tel fait de l'ordre politique ; quelle a été sa conduite au milieu de telle révolution ? » Arguments pour, arguments contre. Il faut citer des faits ; il faut donner des dates ; il faut surtout accumuler des preuves, et vous ne convaincrez aucunement vos lecteurs si vous vous contentez de cribler votre adversaire de vos plus fines, de vos plus charmantes, de vos plus irrésistibles railleries. On rira, mais ce sera tout, et l'on ira chercher ailleurs les bonnes raisons.
a Des faits prouvés et des doctrines établies^ » voilà ce que réclament aujourd'hui tous les catholiques, et les meilleurs de leurs adversaires. Dans le plus humble presbytère de campagne, le plus modeste des vicaires veut, en ouvrant son journal de tous les jours, y trouver des raisonnements scientifiques, des arguments à la fois clairs et solides : « Ne me