LES LIONS DE L'INSTITUT
On vient de les badigeonner. Leur beauté n'en souffre pas, et ils n'en ont senti nulle offense. Débonnaires comme devant, ils regardent d'un air placide les industriels et « artistes » divers qui trafiquent ou s'ébattent sur la petite place mi-circulaire.
Hier, c'était un homme-canon, aux biceps tatoués, qui soulevait des poids et « portait armes » avec une pièce de 4. L'autre jour, un marchand d'orviétan vendait et pérorait. Son discours n'était point banal. Avez-vous remarqué comme le boniment évolue? Sterne comparait la science à la musique dans les rues des villes italiennes. On participe, disait-il, gratis à ses agréments. Maint charlatan, installé devant l'Institut, dont peut-être il rêve de forcer la porte, jette à tout venant, en petite monnaie, d'un son, il est vrai, suspect, les plus récentes