Lettre d'avril
3. Comme il veut le faire entendre dans la letlre que nous venons de citer.
4. Voy. les Doléances des vrais catholiques captifs et asservis en la ville if Angers.
mois auparavant résume son état moral : « J'ai bien appris à mes dépens qu'il est impossible d'être ému et sage tout ensemble'. » C'était déjà du Montaigne.
Du retour à Bordeaux de Pierre Charron apaisé date son intimité avec celui qui devait lui léguer le droit de porter « les pleines armes de sa noble famille » et dont il allait faire sien l'esprit, avant le blason.
L'esprit; non, certes, le génie. L'esprit, je veux dire la doctrine, si le terme est de mise quand il s'agit d'opinions changeantes et en perpétuelle fluence; la pensée, mais sans la grâce, ni le caprice allègre, ni ce que Grimm appelait le charme d'enfantillage. Je n'oublie pas que souvent Charron s'approprie à la lettre Montaigne. Son livre de la Sagesse pourrait porter en épigraphe l'avertissement fameux des Essais aux donneurs de nasardes, dont les chiquenaudes risquent de se tromper d'adresse. Mais, alors même qu'il le transcrit, ou à peu près, combien peu il lui ressemble... On trouve au copiste on ne sait quoi de plus appuyé dans le trait de plume ou de plus lourd dans la main. On a souligné la différence de son Je ne sais au Que sais-je? Au lieu du doute léger, qui badine, c'est le doute qui s'affirme dogmatiquement. Sainte-Beuve s'est donné le plaisir de