Esnais, liv. II, chap. xvii
2. Cité an livre I*', chap. xxxviii tics Hssais. H, Liv. III, chap. ix.
le temps seulement de s'y rendre, ce qu'il allait chercher dans sa bibliothèque, put en sécurité penser et écrire. 11 put vivre ses journées dans sa « librairie », refuge aimé, coin soustrait « à la communauté et conjugale et filiale », où il oubliait si bien « l'autorité verbale, en essence confuse », qui lui appartenait partout ailleurs. De ce troisième étage de sa tour, qui commandait l'entrée de sa maison, il avait vue sur son jardin, sa basse-cour, et, sans doute, il s'interrompait de lire ou de dicter, pour y jeter quelquefois un coup d'oeil. On l'imagine prenant un livre au hasard, sur l'un des « pupitres à cinq degrés » qui garnissent le mur circulaire. 11 l'ouvre, le referme, pour en feuilleter un autre, « sans ordre et sans dessein, à pièces décousues ». Puis il médite en arpentant sa cellule ronde, qui lui offre « seize pas de vide en diamètre ». Ses pensées veulent être promenées. Assises, elles dorment; son esprit demande à l'action des jambes, de l'éveiller et de l'animer. Il marche donc en rêvant et « enregistrant » ses (( songes ^ ». Si, d'aventure, survient une de ces « compagnies qui le fâchent », et qu'il ne puisse pas s'y dérober, il quitte sa retraite et paraît devant son monde, sauf à « s'y tenir muet » et « enfermé ». Ceux mêmes avec qui il a plaisir à « communiquer » se sont accoutumés