‹ Portraits & paysagesChapitre 25 sur 114 · Essais, liv. III, chap. m · texte numérisé non relu

Essais, liv. III, chap. m

à le voir tel, et il Test, nous assure-t-il, sans offense de ses hôtes ^ » .

On se figure Mme de Montaigne emplissant les silences, corrigeant les inadvertances de son mari. L'utile femme!... On s'est demandé s'il l'avait aimée. Gardons-nous de mal interpréter sa discrétion à la nommer. Il est sobre, assurément, à parler d'elle. Pourtant, au cours de son chapitre Comme nous pleurons et rions d'une même chose^ où il décrit la « volubilité » des ^ mouvements divers qui nous agitent, il nous confie qu'il lui faisait une « mine tantôt froide, tantôt amoureuse », les deux fois sincère, affirme-t-il. Qui le soupçonnerait de feintise devrait s'estimer « un sot^ ».

Si, avant de la quitter au départ pour son grand voyage, il lui développa toutes les excuses qu'il suggère aux maris désireux de s'absenter, certaines purent lui déplaire et même la choquer. Pourtant, il en est une qui, sans doute, la toucha : « L'amitié a les bras assez longs pour se tenir et se joindre d'un coin de monde à l'autre, et spécialement celle-ci (l'affection conjugale), où il y a une continuelle communication d'offices, qui en réveillent l'obligation et la souvenance*^.)) Mais nous ne trouvons, sous sa plume, à l'adresse de sa femme,

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