Port-Royal, liv. III, chap. ni
« apparence » à ce que des « esprits simples » il « s'en fait de bons chrétiens », « croyant, par révérence et par obéissance », Montaigne observe que c'est « en la moyenne vigueur des esprits et moyenne science » que « s'engendre l'erreur des opinions ». Puis il distingue des esprits d'autre qualité, qui font a un autre genre de bien croyants ». Ce sont les «grands esprits, plus rassis et plus clairvoyants..., lesquels, par longue et religieuse investigation, pénètrent une plus profonde et obtuse lumière es Ecriture, et sentent le mystérieux et divin secret de notre police ecclésiastique^ ». Sans nous annoncer de confidence, Montaigne nous livre-t-il le secret de sa conscience religieuse ? Bien que, modestement, il se classe dans la « moyenne », devons-nous lire entre ses lignes que l'expérience de la vie, la méditation de l'étude firent de lui un de ces « plus rassis » et « plus clairvoyants », qui, finalement, acceptent la même loi que les simples ? Brunetière inclinait à l'admettre, et nous nous y sentons disposé.
De là, toutefois, nous ne concluons j)as [)récisément au « christianisme » de Montaigne''^. Sainte-Beuve, alors il est vrai qu'il étudiait le