Tannes, 26 janvier
QUELQUES ÉPISTOLIERS 401
paraître sa tristesse en se classant parmi les « vieux ». On devine une pareille mélancolie dans cet aveu de Barbey à son amie ^ : « Etre aimé pour moi-même, ce rêve des vieilles filles, est un rêve que je ne fais plus. » Et quel accent dans ce seul mot : « Je suis l'isolé-... »
De leur délaissement tous deux essayaient de se consoler par l'amour des chats. D'Aurevilly se sentait moins seul quand il avait ses chats à caresser. Il a beau railler miss Louise de ses « enchaltements » et de ses « éternelles idolâtries sur Démonette » ; écoutez l'accent de sa désolation, quand il s'écrie : « Hélas! je n'ai pas mes chats !... » Après la grande affectioji d'où lui vint la plus vive douleur de sa vie, Mérimée ne connut guère de sentiment aussi fort que son goût pour le bel angora au nom de qui, certain jour, il écrivait à Mlle Olga do Lagrenée^. Il y a, de sa tendresse pour les mignons félins, d'autres témoignages que d'élégantes [)laisanteri(^s. Ne le vit-on pas, un hiver, à Cannes, faire plusieurs kilomètres pour porter le vivre à un matou abandonné ?
D'autres bétes (jue les chats avaient place dans le cœur de Mérimée. Il aimait une lorlur « qui répondait à son nom et donnait des bai-