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Panizzi

2. Voy. l'étude de M. Félix Chambon en tête de la publication faite par le Journal des Débats.

QUELQUES EPISTOLIERS 103

tant à soutenir le poids de la vie », ont place dans ses épanchements avec ses amis. Il parle même de la vulgaire bouillabaisse. Il détaille l'apprêt de ce bœuf salé que Panizzi savait si bien arroser d'un fameux Champagne rouge, vin clair et léger, égayant, mais ne grisant point. Ne nous étonnons pas de le voir descendre à <le pareilles recettes. N'envoie-t-il pas, par écrit, des conseils pour l'achat d'un melon? Nous préférons l'entendre vanter à Mlle Olga •de Lagrenée les odorantes fraises des bois, en môme temps que les jasmins en fleur qui embaument la Côte d'Azur.

Le gastronome, pour ne pas dire le gourmand, fut puni. Il a confessé quelque part les « crispations » de son estomac ravagé. Je ne sais plus qui a comparé ce mangeur délicat à Saint-Evremond,* autre fine fourchette. Ils ont, en effet, un air de famille. Mais Saint-Evremond digérait, et voilà qui les distingue.

Entre Tami de Mlle Dacquin et celui de Ninon, d'autres ressemblances peuvent se noter, que le goût de la table, et c'est tant pis pour Mérimée. Ces épicuriens se fussent entendus sur l'article de la religion; tous deux « plus assurés d'avoir un estomac qu'une âme* », et, l'un par anticipation, Tautre par une manière de régression, tous deux voltai riens. Elégants,

1. M. Gustave Lanson l'a dit de Saint-Evremond {Ilisloire de la Lilléralure française, p. 478).

nonchalants et mordants esprits. De l'élégance de Mérimée, il faut toutefois rabattre, quand son antichristianisme se fait décidément haineux.

Ne se montre-t-ilpas asservi aux étroits préjugés d'un Homais, quand il raille « le philosophe Cousin et quelques autres bonnes têtes » de « pousser l'Académie » à nommer « l'abbé Lacordaire » au fauteuil de Tocqueville ' ? « N'est-ce pas bien édifiant ? » écrit-il. C'est son parti pris à lui qui est significatif. Il emprunte lavulgarité du pharmacien de Yonville-l' Abbaye, lorsque, à propos de la candidature de Champagny, il demande : « Les buigraves ont-ils décidé quel confrère ils nous donneront, capucin ou autre ? » Mieux que mangeur de prêtres, il interrompt, au besoin, son hivernage pour aller, au Luxembourg, « dévorer des cardinaux ». A la veille de Castelfidardo, il se plaît à répéter le mauvais jeu de mots de Panizzi sur le nom du général qui a mis son épée au service du Pape, et, après sa défaite, il persifle encore Lanwricierge. Ou bien il badine sur l'eau bénite à la façon d'un commis voyageur. Il prétexte un rapport sur la Bibliothèque impériale pour se dispenser d'aller faire le geste du goupillon sur le cercueil du roi Jérôme : « Est-il bien nécessaire de jeter de l'eau bénite

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