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Voy. la forte préface du Roman russe

QUELQUES ÉPISTOLIERS lli

de science. » Déjà il avait voulu faire, dans la Curée^ « œuvre d'art et de science ». Il redouta le bâillement d'un public frivole « devant ce bouquin de pure physiologie artistique et pas-^ sionnelle » qui allait s'intituler V Œuvre. Pour la physiologie, il avait déclaré une sorte de « passion ». Il invoquait volontiers Claude Bernard. A l'entendre, son « roman expérimental» ferait une manière de pendant à V Introduction fameuse où le maître développa sa théorie de la médecine. Il donna le Docteur Pascal pour la « conclusion scientifique » des Rougon-Macquart. Ce livre achevé, il poussa, on se le rap-^ pelle, son Exegi monumentum^ ou plutôt c'est le héros de ce roman terminal, le médecin, un Rougon-Macquart, qui vient d'amonceler, sur sa race, observations et documents catalogués, c'est le docteur Pascal qui jette ce cri de triomphe. Devant ses dossiers qui s'entassent, rangés, étiquetés, sur un rayon d'armoire, « amas colossal de faits », son orgueil s'exalte. Satûche est accomplie, la fameuse loi d'hérédité « expérimentalement vérifiée ».

Au nom de la science, Emile Zola s'est cru en droit de toucher atout, même à cette « fange » qui inspirait à sa prime jeunesse de si délicats dégoûts. C'est ainsi qu'il invite les lecteurs de la Curée à en comprendre «le côté scientifique». Pour ceux qui s'obstineront à « n'y voir (|u'nn recueil de polissonneries à l'usage des vieillards

et des femmes blasées », ces bonnes gens « en seront quittes pour se signer devant les étalages des libraires ». Certes, il n'a «jamais écrit pour les pensionnats ». Mais, en môme temps qu'un but de savant, il déclare avec insistance une « volonté de moraliste ». Il va jusqu'à dire : « Pas une page, pas une ligne de Pot-Bouille n^ a. été écrite par moi sans que ma volonté fût d'y mettre une intention morale. » Malveillants ou inintelligents ceux qui s'entêtent à le soupçonner d'un « honteux calcul de spéculateur ». Cependant ses lettres mêmes laissent voir parfois UQ souci d' (( épicer » où l'intérêt de la science ne peut entrer pour rien. Par exemple, quand il donne à Henry Céard mission de copier dans le catéchisïne poissard les répliques les plus salées, à seule fin de relever la cuisine de la Terre^.

Sa poétique voulait, avons-nous dit, s'appuyer sur une philosophie. Il se réclamait du positivisme. Invité, en 1860, au Congrès scientifique de France, il y avait envoyé une Définition du roman où il se félicitait d'avoir « largement appliqué la méthode de Taine ». Il se rendait, en outre, ce témoignage qu'il Pavait farcie d'affirmations carrées et audacieuses.

« Carré », « carrure », un de ses mots de prédilection. On le retrouve trois fois dans un

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