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LA RÉVEILLERE-LEPEAUX EN SOLOGNE

Un notaire parisien, homme d'esprit et lettré, s'est donné le plaisir d'écrire, en vacances, une page d'histoire. L'idée lui en vint dans un château de famille, un jour de chasse manquée et de pluie, tandis que, délaissant les champs et les bois mouillés, il séchait au feu ses houseaux et que son chien « se grillait le museau et les pattes ». Une flamme, s'avivant tout à coup, éclaira, sur le mur du salon, une faïence, où se lit, transcrit en camaïeu, ce quatrain :

Non idem hic habilal dominas, non ipsa locorum Est eadem faciès, rara nec ipsn eadem.

Una iamen superest res inimiitabilis una, Grali nenipe lares, fjrata et amica domus.

Ces vers, délicat remerciement du mathématicien et très fin latiniste Arnoux à ses hôtes do la Rousselière, invitèrent M. Georges Houcl à

vivre quelques heures dans le passé. Il feuilleta les archives de la vieille demeure, qui jadis fut celle de la Réveillère-Lepeaux. Une correspondance inédite du conventionnel lui fut communiquée : il relut ses Mémoires^ les lettres de Ducis, et il restitua, avec mouvement et couleur, la vie de la Rousselière, il j a un siècle.

C'est en juillet 1804 que La Réveillère, sacrifiant son fauteuil à l'Institut, plutôt que de prêter serment à Bonaparte, quitta Paris et s'installa en Sologne. Pauvre terre d'exil, vêtue de bruyères et d'ajoncs, où, çà et là, des étangs luisaient. A peine, par endroits, de maigres cultures, blé noir ou seigle chétif. Mais l'ancien directeur était homme à ne point s'ennuyer à la campagne, fût-ce la plus désolée. Géologue 6t botaniste, il allait étudier le sol et le sous-sol de cette région où la Loire jeta des alluvions arrachées au Morvan. Il en fut averti par des analogies de flore entre les deux pays. Cette flore était sauvage; il s'efforça de la civiliser. Il planta, laboura, jardina, tandis que Jenny, sa femme, veillait à la basse-cour.

Jenny, c'est ainsi du moins que la nommait, •dans ses vers, un voisin, le citoyen Légier, qui, chaque année, le 4 messidor, veille de la Saint- Jean, venait offrir ses vœux rimes à Mme Jeanne La Réveillère-Lepeaux. Elle-même, poète à ses lieures, signait : Jenny, bergère de Roussel.

Car la Rousselière était devenue une ber-

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