Voir La Sologne, par H. Denizet
parages: fines centaurées, sveltesgentianelles, renoncules à fleur blanche, délicatement rosée, que les paysans appellent grenouillettes...
Il n'est pas jusqu'au gibier qui ne contribue à la poésie du paysage. Nous nommions La Fontaine. Nulle part mieux qu'ici, on ne savoure ses fables. En dépit de la guerre qui se déclare tous les ans, par arrêté de M. le préfet, une intimité s'établit entre vous et ces bêtes qui pullulent autour de vous. Ne parlons pas des faisans abreuvés par vos soins, en temps de sécheresse, et qui se mêlent presque à votre basse-cour. Jean Lapin, si sauvage soit-il, vous devient à certaines heures un familier espiègle. Inutile, pour surprendre ses ébats, de vous lever
... Lorsque le soleil entre dans sa carrière
Et que, n'étant plus nuit, il n'est pas encor jour.
Le voici, vers le soir, qui sort de sa « souterraine cité », pour aller, comme on dit, au gagnage. Et le gagnage, c'est cette luzerne, ce sainfoin, le long duquel vous vous promenez; c'est la pelouse de votre parc... Prenez garde seulement d'efTaroucher le maraudeur. Evitez, en marchant, de froisser les feuilles mortes ; arrêtez-vous derrière ces branchages, vous le verrez, lui et sa famille.
Combien nombreuse ! Les Solognots le savent, propriétaires et fermiers, ceux ci réclamant à
€eux-là le coût des banquets « de thym parfumés » que s'offrent Jeannot et sa séquelle. Ainsi, par ses méfaits, il aggrave nos discordes sociales. On nous parlait, l'autre jour, d'une élection qui se fera sur la question des lapins.
20 septembre 1901.