‹ Portraits politiques et révolutionnaires (volume 2)Chapitre 8 sur 21 · ESQUISSES ET PORTRAITS RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

ESQUISSES ET PORTRAITS RÉVOLUTIONNAIRES

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S*il y a au monde une chose qui soit littéraire et qui ait droit de prendre place dans une revue de ce genre, c'est une séance du cours de M. Saint-Marc Girardin à la Sorbonne. Les séances du cours de M. Saint-Marc Girardin ne sont pas seulement littéraires; elles sont^ à quelques égards, dramatiques, et voici comment ; M. Girardin, j'en demande bien pardon soit à lui, soit aux autres , n'est pas un professeur comme un autre. Il est plus ou moins, suivant le point de vue où on se place. Quant à moi , pour

(1) A propos da eompte-renda de l'ouverture du Court de lUU" rature française, par M. Saint-Marc Girardin, à la Sorbonne C1851).

GcUe étude ne faisait point parUe de la première édition des Por-^ fraiU. Le Contrat social est,^ai^i les causes de la révolution française, une des plus mauvaises. C'est par là que les réflexions qui suivent appartiennent naturellement à eette quatrième série de notre livre.

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juger M. Girardin , je le place volontiers au niveau le plus élevé où l'art du professeur puisse latteindre, c'est àdire à ce niveau où le professeur n'est pas seulement un scolar, mais un littérateur éminent, un sérieux penseur, un politique ingénieux, un écrivain original, un moraliste écouté et pratique. M. Saint-Marc Girardin a beau être mon ami ; je me chargerais bien de prouver qu'il réunit , & un certain degré, chacune de ces qualités , dont une seule^ celle d'écrivain 9 que tout le monde connaît , peut servir à faire juger des autres. Quoi qu'il en.soit, c'est dejcette réunion d'aptitude&que nait pour moi et pour le public, je le suppose, l'intérêt exceptionnel du cours de littérature française. M. Girardin avait passé par la Sorbonne avant d'entre dans la politique; tout le monde, au Palais-Bourbon, savait cela. Mais il a passé par l'expérience de la vie publique ; il y a été mêlé, soit dans la presse, soit & la tribune, avec des fortunes diverses; tout le monde lui reconnaît cette supériorité à la Sorbonne. Ce professeur spirituel et charmant a donc toute l'autorité et toute la valeur que donnent la pratique et Fhabitude d'une vocation plus haute, et il môle à ses leçons tout l'intérêt qui jaillit de ce que les anciens nommaient la passion dans le drame ou dans le discours. « Il n'importe pas absolument, dit quel- » que part M. Girardin dans ses Mélanges (je cite de mé- » moire), que le professeur ait beaucoup d'idées; cela ne V gâte rien ; mais ce qui importe le plus, ce sont ses senti- » ments; et il a besoin d'une certaine ardeur eommunicative » pour i^^pandre ces sentiments dans l'auditoire. » M. Saint- Marc Girardin a volontiers cette ardeur et cette passion , quelque chose de moins que ce qui remue les hommes dans un Parlement, comme véhémence; quelque chose de plus, comme moralité. Cest la passion épurée par Télude,

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