‹ Portraits politiques et révolutionnairesChapitre 14 sur 27 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

« Lapoésie, chez M. de Lamartine, c'est loutrhomme.

» Il n'y a pas un coin de son esprit, pas un repli de sa

» mémoire où la poésie ne trouve à se loger elle

» coule avec son sang, elle se mêle à sa substance ; elle » le pénètre et l'inonde ; elle transforme en rêves bril- » lants ses passions, ses croyances, ses idées, ses opinions, » tout, jusqu'à l'expérience, qui n'agit pas sur M. de La- » martine comme sur les autres hommes. L'expérience ne » le fait pas plus sage, mais plus poëte ;' elle ne rend pas » son esprit plus juste, mais seulement plus fécond ; elle » ne le mûrit pas, elle l'échauffé ; elle ne l'instruit pas, » elle l'exalte. »

J'écrivais en 1837, dans le Journal des Débats, les lignes qui précèdent. On les crut sévères. Quant à moi, si j'avais pu conserver le moindre doute sur le genre d'aptitude que M. de Lamartine apporte dans les affaires de son pays, depuis quinze ansqu'il y est mêlé, avec des fortunes et des prétentions si diverses, le livre qu'il vient de publier (1) m'aurait convaincu : M. de Lamartine n'a jamais

(i) Histoire de la Révolution de 1848, 2 vol. ln-8o.

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