M. DE LAMARTINE, HÉROS ET HISTORIEN
l'abdication, elle la subit. Si elle fut héroïque, elle resta chrétienne.
Que dire maintenant de la partie littéraire du livre de M. de Lamartine ? L'illustre écrivain ne se pique pas d'un goût très-sévère, et il se livre parfois à un néologisme inquiétant. Mais le grand mal ! Quand on a fait une. révolution, on peut bien faire un mot. La foule qui tumultuait 9 Tordre social qui se rénovait, les bouillonnements 4e Danton, le bouillonnement des événements, la parole de M. Louis- Blanc éclatant en images, son système en ténèbres, les cris de vive la réforme! partant comme un obus de la révolte à la porte du palais du roi, toutes ces nouveautés et toutes ces images se ressentent de l'inspiration révolutionnaire. Elles sont au style du grand poète ce que le gravier immonde est au sable d'or que roulent certains fleuves. Le gravier cache l'or : il ne s'agit que de le démêler. De même il n'est pas impossible de trouver quelques belles pages et quelques pensées justes dans l'ouvrage de M. de Lamartine.
Celle-ci m'a frappé : a Pour faire une révolution , dit M. de Lamartine, il faut être un scélérat , un fou ou un dieu. » Ni scélérat, ni dieu ! répondra l'histoire quand elle voudra juger M. de Lamartine avec sa propre sentence ; car il fut le plus humain des hommes, et il ne sut créer que le chaos. Ni scélérat, ni dieu, mais le plus grand... poète des temps modernes !
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H. de Lamartine, publietote (1).