‹ PortugalChapitre 10 sur 42 · L.e premier acte politique accompli · texte numérisé non relu

L.e premier acte politique accompli

§ar don Joam le fut eq rânnéa môme e son acclamation ; dès 1481 , il ponvo- ?ua les certes à Évora, et là il reçiit, selofi usage , l'hommage des grands vassaux.

Les dispositions qu'il prit alors pure^ faire soupçonner ce que le nouveau ri^ prétendait faire de l'antique régimp féodal.

J^eux actions terribles et diversement jugées ensanglantèrent ce règne à ses débuts. De quelque manière qu'on les apprécie , il faut reconnaître qam leur perpétration la poursuite' d'un ^systèn^ implacable, et qui voulait avant to^t atteindre Iq féodalité dans la personi{^ des grands vassaux : on comprend que je veux parler ici et du jugement du duc de Bragance, et du meurtre du duc de yiseu.

Certes , ce n'est pas dans la chroniqqe 4e Garcia de Resende qu'il faut étudier ce^ deux points historiques, et cependant les autres écrits contemporains ne mQP* treqt guère plus de liberté dans l'appréciation des faits. Nulle voix ne parle pour les victimes, nui historien ne lesdèfônd. Je me trompe, une autorité, qu'on n'invoque guère ordinairement , élève la voix en faveur de l'un d'eux, et la'Vieille poésie populaire , proclame l'innocence du premier (*). Ferdinand II , troisième duc <}e Bragance et beau-frère de la reine, ne commit d'autre crime peut-être que celui d'embrasser avep trop d'ardeur le parti qu'on persécutait. En 1483, ce m^meureux seigneudT se trouva compromis

f)lus que jamais par son affiliation avec es mécontents , et la trahison d'un serviteur infidèle le mit bientôt ^ la merci du roi. Il y avait présomption de culpabilité , mais il n'^ avait pas même commencement d'exécution. D. Joam livra

(*) Voy. dans le Romancero gênerai les plaintes de lâ oomtesse de Guimaraens : il semble ffue le vieux po^ populaire ait voulu caclier sous UQ titre peu connu , mais bien réel.le pej^ tonnage qù*il fait parler. LMnfortané 0. Fer- Dando. né en 1 430, était dac de Braguiosit flflfiate de fiîiiiiiyifarBi

L'UmVEKS.

le duc à un tribunal qu'il présida lui- ' même , et dont il est permis de supposer qu'il connaissait d'avance la décision.

Garcia de Resende a beau prendre à témoin la vive sensibilité du monarque et les larmes qu'il répandit, on est fondé à croire que le sacrifice de l'infortuné duc de Bragance était résolu avant aue l'on connût la décision des juges , et 1 on répétera volontiers, avec Liano, que Joam II eût pu se. couvrir de gloire en épargnant un homme aussi illustre par ses ancêtres que par ses grandes actions. Le duc de Bragance monta sur l'échafaud le 22 juin 1483 , et rien de ce qui pouvait donner un caractère solennel à cette exécution ne fut omis. Il semble, en effet, que le souverain, en accomplissant un acte de cette nature, voulut faire comprendre par la pompe dont il environnait le coupable, qu'il brisait sans effort des hommes que leur puissance égalait pour ainsi dire à lui. Joam II prouva d'ailleurs bientôt par le spectacle le plus étrange et le plus terrible qu'il pût donner à ses peuples , combien il comptait sur cette pompe lugubre pour frapper de terreur les imaginations. Un grand seigneur, le connétable du royaume , le comte de Montemor , s'étant trouvé impliqué dans une de ces conspirations permanentes qui se dressaient sans cesse contre Joam II , mais étant parvenu à fuir , n'en fut pas moins exécuté en effigie. Cet acte fut trop caractéristique ; il eut tropf de retentissement, pour que nous n'en empruntions pas les détails à l'un des témoins oculaires.

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