BÉGOUVBSTB BU CAP DE BON^S ES
Pi&Aifcs, ^ a Parmi les uomHreux.renseignementsque le roi D* Joam recaeiliit de Tambassadeur du roidefienia^ et en roémetempsd'Affoasod'Aveyro» dit Barros{*), il appritqu'à Torient du royaume dedsoint à vi^tluues de marche, ce qui, selon leur manièredecompteret le peu de chemin qu'ils font |>ar étape, peut être évalué à deux cent cinquante ^^oa^, il v avait un roi, le plus puissant des souverains de cette région, que Ton appelait Oganê. Or parmi les princes idolâtres dâ provinces de Bénin , selon eux , ce diet était considéjré à l'égal de nos souverains pontifes, et^d'apres une coutume très-ancienne I les rois deBenia, quand ils étaient montés récemment sur le trône, lui expédiaient des ambassadeurs, avec un présent considérabia , en lui notifiant comme quoi la mort de tel prince leur laissait la succession du royaume, ce dont ils demandaient confirmation, et en signe d'assentiment, ce prince <^ané leur envoyait un bourdon et une coiffure de tête ayant la forme des iiiorions usités en Espagne, le tout fabriqué d'un cuivre brillant et remplaçant le aoeptreetlacouronue. Parla même occasion il faisait remettre une croix également de cuivre, pour porter sur la poitrine oamme chose religieuse et sainte à la façon des croix que portent les coramanjeurs de Tordre de S. Jean, ajoutant que sans ces insignes le peuple ne les aurait pas considérés comme régnant avec justice et comme pouvant s^appeler véritablement rois. Et durant tout Je temps que cet ambassadeur allait , à la co«r4ecet Ogané , comme c'était un être aacré, jamais il ne Tapercevait; seulement il lui était permis de voir les courtines de soie qui le cachaient, Qtau motneBt où lui , l'ambassadeur, devait être
n Ce récit dHio événement auquel tous Vm 4ûstorieQ8 accordent avec juste raison une valeur immense a subi de teites alléraftions q«ni a bien f'aihi eocône «ne fcAs rMourir mxiiiHBJ et laisser parler ioam 4e Garros. — Voy. ^sia, décoda primeira. Il étaîb nécessaire en même lieapsdei»«eiûr«uinyUie{K)éUuuec|ui domine eeUe fiéiia4e« «i Poo ora pas Vâdu mater Viûs* toire du |Mv«|e ^£mùa4ticXl4iS^ lË&tivmf»*
POttlTOAL,
eoogMé, on M UMii voir on piedda
pontife , comme pr«a?« que le peismH nage était présent et qu'il rad&ek le don des pfêees dont II était porteur, et c'était àce pM, comme d[U}9% saime, qu'tii adr^saîent lenr révérence
« Eteommeautempsdu roi D. Joam, ^UBfid on pariait de rinde , il était ton*jours guestiotf d'un roî puissant qu'on appelait preste Joam dos indias qu'on disait être ehrétiea, il semblait au roi qw par le moyen de ce souverain «a pouvait avoir quelque entrée dans Jésuites Indes ; car, grîice aux religieux abyssiniens qui se rendent dans cette partie de FEspagne, et aussi fr✠à quelques moines qm avaient été à Jérusalem , et à qui il avait recommandé que l'on s'in-* formât de ee prince , il avait su que ses États étaient dans cette région située audessus de rÉgvpte , qui iét&ad vers la mer dn Sud; eest pourquoi le roi, prenant an milieu de ces cosmographes la table générale de Ptoiémée, où se trouve la description de l'Afrique, avec les contoars de la côte, tels qu'ils étaient indiqués par ses propres exploiateurs, et marquant la distance de deux cent einc[uante lieues vers l'est , où ceux de Bénin disaient qu'étaientsituées les {mmsessions duj^rineeOgané, tous les assistants trouvèrent que ce personnage devait être le Preste Jean. Tous deux, en effet , ils vivaient cachés derriè» une courtine de soie et avaient la représentation de la croîxen grande vénération.
Or il semblait au roi que ses «avires en poursuivant la c6te le long de laquelle ils faisaient leurs découvertes, ne pouvaient manquer de rencontrer le pays où était situé le promontoire de Prase, limitede ces régions. Donc toutes ces choses ayant été l'objet de plusieurs eonférenaes, comme le plus grand nombre brûlait du désir de voiries Indes enfin découvertes , D. Joam se détermina tout à eoup à envoyer, dans cette année 1486, une couple de navires destinés à eiipJorer la mer et deux hommes voyageant par terre ; il voulut voir la Un de toutes ces choses qui donnaient tant d'espérance. »
Yoiei une étrange légende sans doote, et en remarquant le nom placé en t^e de ee chapitre, le lecteur ne s'aîtpndait point certainement à la rencontEer ki.
Dlsont-lê, c'est ifue tous ks traités de
gé«graphia racont^mt invariablement ce ikit de la même manière, c'est qu'ils dépouillent cette belle déâouvi?rte de son caractère réel, c'est «qu'ils décolorent comme à plaisir le récit dramatique de cet événement où se trouvent en présence d'imn^nses désirs et une ignorance des £aits positifs |^us grande encore.
Quant à nous, bien résolu, dans ce rapide coup d'oeil , à restituer aux faits toute leur signiûcatioa et à reproduire principalement l'esprit d'un siècle dont on n'apprécie pas suffisamment les hardiesses imprévues, nous n'avons pas craint de recourir aux sources et de reproduire le récit d'une chimère en rappelant un évémement prodigieux : il fallait donc nommer le prince Oganê et le Pre&te Jean à propos du cap des Tourmentes, comme il est indispensable de €âter C^j^foetÇuifi$€iytx>ut&s les fois
3tte l'on essaye de retracer l'histoire e la découverte qui a immortalisé €o^ lomb.
Deux navires de cinquante tonneaux 'diacnitt ayant éxé armés , et une ^embarcation chargée de munitions étant prête à les suivre, l'expédition projetée par Joam II se mit ea nser, le 2 août 14S6; celui qui devait la diriger était lia gentilhomme de la maison du roi , iMiquei on devait déjà plusieurs découvertes opérées le long' de la cdte. Bartlu^omeu Dias avait mis son pavillon sur le navire dont Pero d'Alan^uer était pilote, tandis que Leitao en était mestre ou, si on le préfère, fiapijLaine. Un autre chevalier, car c'est le titre que fiarros donne aux deux chefs de l'expédition, prit le commandement du second navire : c'était Joam lofante , dont le nom est bien moins connu., et dont la gloireaété édipsée sans doute par celle au chef de l'entreprise. Le pàit bâtiment , chargé d'approvisionnements et de vivres, était conduit par Pero Dias , frère du capitam raor, et l'^storien auquel nous empruntons ces d^aiis a soin 4e faire remarquer que tous ces marins étaient fort experts en leur art.
Quoique Diogo Caoi ^ découvert à idôux reprises difl^entes trois cent «ûxante^^insie iieues d^ aôt^ à jp^tSr Aueupéfi SMDte-(;^thi^^ jl^u'a «elui
L'UNIVERS
de Padrào, néanmoins une fois le Rio de Conso passé, Batholomeu Dias commença à suivre la côte, jusqu'à ce qu'il arrivât au lieu où elle prend le nom (f'y/ngra do Salto ( anse de l'enlèvement ) , en raison des deux nègres dont Diogo Cam s'était emparé , lors de son passage dans ces régions. Convenablement instruits de ce qu'ils avaient à faire, ces deux noirs étaient renvoyés par le roi aux lieux dont on les avait enlevés. Bartholomeu Dias emmenait également quatre négresses qu'il devait laisser sur divers points de la côte, avec des vivres suffisants pour leur subsistance et des présents attestant les intentions pacifiques du souverain qui les renvoyait. La première de ces femmes fut laissée à An^ra dos IlheoSy les autres furent mises à terre à des distances plus ou moins considérables. — Messagères de paix , elles avaient été choisies sans doute de préférence à des hommes, pour qu'on se défiât moins de leur présence inattendue dans ces lointains parages : l'une d'elles mourut au moment où on allait la déposer sur la plage ; mais il ne paraît pas qu elle eût été victime d'aucun acte cruel. Telle étaitla sage politique de Joam II durant ce voyage d'exploration , qu'il avait ordonné avant tout , qu'on se gardât bien de faire aucune espèce de violence aux habitants decesrégions. Il prétendait que ses envoyés bien vêtus , pourvus de riches présents, parvinssent à s'introduire pacifiquement dans les États voisins du Preste Jean , afin d'y proclamer la grandeur naissante du Portugal , mais il avait renoncé aux attaques soudaines dont on avait eu tant d'exemples sous D. Henrique, et s'il avait choisi de préférence des femmes étrangères à ces contrées, c'est qu'il espérait qu'elles ne resteraient point dans le pays et Qu'elles voudraient revoir le Portugal. N oublions pas que dans les idées cosmographiques de Joam II, ou plutôt dans celles de son géographe favori, le D*^ Calçadilla, les villes magnifiques où résidait le souverain mystérieux étaient probablement à quelque distance de ces côtes désertes que visitaient les navires européens, et que ces démonstrations toutes pacifiques ne pouvaient manquer d'avoir d'immenses résultats, dont le premier était de faire entrer en communication immédiate
le pontife roi avec leâ autres souverains chrétiens de l'Europe (*).
Pïous n'accompagnerons pas Bartholomeu Dias dans toutes les circonstances de sa longue navigation ; qu'il nous suffise de savoir que sur chaque point de la côte nouvellement explorée, il déposait, selon l'usage invariablement suivi à cette époque par le Portugal, un Padrào, c'est-à-dire une borne de pierre aux armes du royaume , attestant d'une manière durable la prise de 'possession des explorateurs, il crut eu outre devoir laisser le long de la côte le petit navire chargé d'approvisionnements que son frère commandait.
« £n poursuivant son voyage, il atteignit de nouveaux climats, le soleil n'était déjà plus chaud comme il l'est sur les côtes de Guinée, et, bien que les mers du littoral d'Espagne soient fâcheuses dans la saison des tempêtes, nous dit le vieil historien , ils regardèrent celles de ces parages comme mortelles (**).
Cependant cette furie des flots s'apaisa, ils allèrent chercher la terre dans la direction de rest> pensant qu'en général la côte courait encore nord-sud, comme ils l'avaient vue se diriger jusqu'alors. Sentant néanmoins (ju'ils ne pouvaient l'atteindre, ils naviguèrent au nord etparvinrent à une baie dont le rivajze était couvert de bestiaux, si bien qu'ils la désignèrent sous le nom (TAngra dos yagtt€iro.ç (baie des vachers). Les noirs pasteurs qu'ils avaient remarqués s'enfuirent à leur aspect ; ils coururent toujours le long de la côte ; mais, arrivés à un ilôt qui est par les 33» 40' sud , ils se sentirent pris d'une grande terreur au souvenir des mers immenses qu'ils avaient traversées , les équipages commencèrent
(^) Tous ces motifs , quelqae bizarres qu'ils nous paraissent aùjoard'hui , sont parfaitement déduits par Jodo de Barros , et nous en citerons môme quelques-uns textuellement : a causa de el rey mandar lançar esta genteper toda aquella Costa vestidos e bem tratados, corn moêtra de prata ouro e espeçarias; era por que indo^ ter. a povoado podesaem noHflcar de hums etn outras a grandeza do seu reyno e as cousas que nelle avia, e como per toda aquella costa andavOoos seus navios e que manaava descobrir a India e princimlmente hum principe que se chamava Preste JoOo , o quai he dizido que habitava naquella terra. Voy. Primeira décoda, li^ vro terciero, fol. 42.
{**) Estes ouverâo por roortaes. Décoda prtmeira.
à se plaindre et à demander mf on n'allât pa&plus loin , parce qu'en ^avançant davantage la faim les ferait périr intailliblenient Cependant la direction des terres leur faisait comprendre que quelque grand cap se trouvait dans le voisinage , qu'ils l'avaient laisse en arrière , et il leur semblait convenable d'essayer de le découvrir. Bartholomeu Dias, pour satisfaire à leurs plaintes, descenait à terre ; on tint conseil et il fut décidé qu'on retournerait en Portugal. » Mais Dias était doué d'une de ces âmes énergiques qui secondent de tous leurs efforts une grande pensée et'qui n'accomplissent pas à demi ce qu'elles regardent comme un devoir. Il fit signer par les officiers des navires l'acte constatant la résolution qu'on venait de prendre, ne voulant pas sans doute assumer sur sa propre responsabilité les suites d'une décision qu'il condamnait : en agissant ainsi d'ailleurs , il exécutait un ordre formel du roi; mais en poursuivant le voyage, il obéissait à rimpulsion de son âme , qui avait deviné celle de Joam II. C'est bien à Bartholomeu Dias, à l'homme du cap des Tempêtes, ^u'il faut attribuer cette prière d'un délai de trois jours, que le navigateur demanda à son équipage mécontent. Les trois jours furent accordés ; mais lorsque ce court espace de temps fut écoulé, on ne découvrit qu'un fleuve : c'est celui qui a pris sur les cartes le nom du second chef de l'expédition, de Pero Infante, qui le premier était descendu à terre dans ces régions. A la fin il fallut bien écouter les murmures des équipages et retourner versl'fiurope ; mais quand on fut parvenu à l'Ilot de la Ctuz , et qu'il s'agit sérieusement de rétrograder, il se passa dans l'âme de Bartholomeu Dias une de ces luttes dont on n'a pas apprécié suffisamment la grandeur, à notre avis; grâce à quelques mots cependant, un écrivain admirable l'a fait sentir. Ce fut certainement à ce dernier effort que le Portugal dut une grande découverte : « Lorsqu'il se sépara du pilier qu'il avait placé en ce lieu, dit Barros, ce fut avec un tel sentiment d'amertume, un telle douleur, qu'on eût dit qu'il lais* sait un fils exilé à jamais , surtout guand il venait à se représenter combien de périls lui et tous ses gens avaient courus ; de quelles régions lointaines il leur^.
avait fallu venir, uniquement pour plan* ter cette borne , puisque Dieu ne leur avait point accordé le principal. » Les matelots comprirent alors ce quiaffectait si douloureusement leur chef; ce fut après s'être éloignés de l'îlot deCruz qu'ils eurent connaissance de ce grand cap, caché pendant tant de centaines cT années, dit encore Barros, et que Dias nomma avec ses compagnons le cap des Tourmentes (*), en souvenir des périls et des tempêtes qu'il leur avait fallu essuyer avant de le doubler. » Rien de vraiment important, après cette découverte, ne mérite d'être constaté géographiquement; les épisodes dramatiques ne manquent pas cependant au retour. Dias et ses compagnons retrouvèrent bien le petit navire chargé des approvisionnements»
mais sur neuf marins qu'il avait laissés à sa garde, il n*en restait plus que trois , et encore l'un d'eux , l'écrivain du navire , nommé Fernand Colaço , que les infirmités avaient affaibli d'une manière déplorable, mourut-il de joie à la vue de ses compatriotes ; des visites imprudentes sur la côte, des collisions avec les naturels avaient amené le fatal événement que Dias eut à déplorer. On brûla le navire déjà détruit en partie par les vers rongeurs qui s'attachent au bois dans ces parages, et l'on poursuivit le voyage jusau'aux établissements de Saint-George de la Mine. Là Bartholomeu Dias reçut une assez grande quantité de poudre a'or, résultat des échanges qui commençaient à s'établir entre les Européens et les naturels, et, poursuivant sans autre événement son voyage, il arriva en Portugal au mois de décembre 1487 , après avoir employé à ce voyage mémorable seize mois et dix-sept jours.
Il avait découvert en une seule expédition trois cent cinquante legoas de côte : c'était un espace aussi considérable que tout ce qui avait été exploré par Diogo Cam , à deux reprises différentes.
Lorsque Bartholomeu Dias se présenta devant le roi et lui signala le cap des Tempêtes comme le point le plus important de ses nouvelles explorations, Joam II voulut aue ce vaste promontoire s'appelât l^capaeBonn^Espérance, car,
(*) Lhe poaerOo itome TormetUoto,