‹ PortugalChapitre 13 sur 42 · IIS · texte numérisé non relu

IIS

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potii^ fliHii âpsrflf mmtê ^m» ^kpreih iKoA ëe Bmtos , grâee à \b nmivetle qu*oâ Ibi apporfâtt , il espérait enfin êétonmt «es tndes si ▼îvement espérées et cber- «hées daraiit tant (famiées. O iiom fdt donné par yn roi tel ^e TEspagne M vante de ravoir vu nahre, et il restera pour la gfoire de eelui qui fit faire eette découveite^ tant que darera le souvenir des borumes. »

EXPBDITIONS PAR TÊRBE POUH TBOU VÈH LA ROUTE DES irtTDES. — PEHO DECOTÏLHAMETAFPOWSODE PAYYA.— * ENCORE L* MYTHE DU PRESTE JEAN. —

Avant même que Bartholomeu Dias fût de retour de son mémorable voyage, probablement dès 1486, Joam II avait résolu de faire chercher par terre la route qui devait conduire aux royaufnes du Preste Jean (*) ; mais contre s6n habitude , ce roi, qui possédait le grand art d'employer les hommes seloti leur capacité, s^ trompa d^abord dans son choix ^ car II chargea de cette mission importante un moine nommé Frey Antonio de Lisboa et un certain Pei*o de Montaroyo, sur lesquels les historiens contemporains ne nous donnent pas d'autres détails. Ces deux hommes ignoraient Parabe, et ils échouèrent dans leurs efforts ; nous savons âeuFement qœ Frey Antonio vi* sita Jérusalem , sans que nul renseigne^ ment important fât le résultat de ce pèlerinage religieux, substitué à un Voyage de découvertes.

Joam n ne se rebuta point , les récits répandus sur le pouvoir imaginaire du Preste Jean, possesseur souverain de

(*) PttrmI les récits Bwrveilleax qai ODt eu cours durant Le moyen âge , il n'est peut-être pas un mythe plus généralement répandu que celui dd prêtre Jean ou Preste Jean ; non-seulement il cir< cule dans toute l'Europe, mais il frappe toutes les imaginations, et s'il agrandit le cercle des ticUons poétiques qui s'étendent jusqu'à la renaissance, à j'imitation des grandes traditions fabuleuses de l'anfiqaité«U coDtril)Ue dès l'origine àélendrci le champ des découvertes dans le monde réel. Mats s'il réunit la plupart des fictions qui se trouvent éparses dans les livres du treisiéme, du quatorzième et du quiiuBième siècle , s'il en résume ub grand iK>mbre dans un court espace, le fait nistorique qui lui donna originellement naissan<)e présente par lui-même trop de questions arides pour que nous puissions l'aborder ici. D'ailleurs, un de nos plus savants géographes, M. d'Âvezac, a récemment exposé les points difUGiles de la discussion . et fi l'a fait avec une telle lucidité que nous.n'hésitons pas à y renvoyer nos lecteurs. Nous nous contenterons de dire que c'est à peu près vers le mi-

TYtMèmé, réieniissoleat tènjcNniè tes

oreilles; \\ résolot de faire une Meonde tentative pour trouver enfin la route qin pouvait conduire ebe2 oe pontife roi, dont il était si souvent queslioii en Eorone depuis le onsième siède. Cedte fois \\ sTappItqoa avant tdcH à vencon* Xtet deux Wnimes qui joi^istent an earactére intrépide qu'on exigeait alors des voyageurs ^ une eonnaissanee de Ta* rabe suffisante ponr reeœilHr dea renseignements où les autres exptoirateurs s^étaieut vus arrêtés par leur ignorance. Valgaravia, comme on disait alors ^ ou Tidiome vulgaire des Arabes, était aussi répandu à cette époque dans la péninsule qu*il rétait peu un siècle après, lorsque Clenard, le Brabançon, voulant convertir les infidèles « cherchait vainement dans les universités de TËtpagne un homme qui le lui enseignât.

Le choisi de don Joam ne pouvait être ni bfen embarrassant ni bien long, il avait parmi les gentilshommes de

lien àa douzième siède, eu II46, qu'on voit apparaHre le nom du prêtre Jean : à cette épo-

aue, i'évéque de Gabala, envoyé de IT.glise 'Arménie, signale au pape Eugène III un prince appelé Jean , qui aurait son empire derrière l'Arménie et la Perse , à l'extrémité de TO rient» et qui, réunissant l'empire et le sacerdoce, aurait fait de nombreuses conquêtes : lui et ses sujets professeraient le nestorianisme* Dire oonilaent , à partir de cette période , le nom du préfre Jean ligure dans une foule de récils, comment de prétendues lettres qu'il aurait écrltes^ au pape sont l'objet de mille discussions, comment encore on le fait voyager de l'Iode à rAbyssinie, c'est ce qui outre-nasserait le but que nous nous sommes propose. Ces détails purement scientifiques ne sauraient trouver place dans cette notice. Contentons-nous de savoir que Jacçiues de Vitry , Mathieu Paris , du Plan de Carpm , Joinville, Marco Polo , et tant d'antires, parlent diversement du préire Jean ; « H <i que si l'Europe refut, dès le milieu du dou- « zième siècle , une vague notion de l'existence « en Asie d'un souverain prince et ponlrfe à la « fois , adonné à des croyances qui étalent ou « semblaient être celles d'une secte chrétienne, « cetle notion, vraie peut-être au moment ou « elle se répandit en Occident, cessa bientôt, c par l'effet des bouleversements politlqaes, « d'être susceptible d'une appiicaUon réelle. » Nous {coûterons à ces paroles si précises de M d'Avezac, que la tradition moderne qui place le prêtre Jean en Abysslnie est due surtout, après Jean de Lastic, aux voyageurs portuoais, et que dès le commencement au seizième siècle on les voit donner officiellement ce nom au Negous d'Abysstnie. Mais on sent d'ailleurs tout ce que laissent de liberté à l'imaginalion les dénominations si vagues d*Iude Majeure, (Tlnde Mineure, et or Inde Troisième,

•ownpftAii.

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Coviltan « BMhtnt MrfiuleineAt l*«rabe etayanid^ voyanè; ce fut à lui qttUI confia lamisnofi Muteà^ résolue depuie le retour eu meine pèlerio; il lui adjoignit un autre ehemier nommé Afionso de Palta.

Ce serait «ne grave «rreor de eroire que ees deux hardie eiplorateiirs partirent à l'aveoture et sans recevoir d'ioft* trueticut. On a aujourd'hui la certitude que toutes les ressources» iin{>arfaitea il est Traif de la géographie du quinzième siècle dont pouvait disposer Joam II, forent mises à leur disprâition, et selon toute appasence, ils eurent des instruc* tions aussi précises qu'on pouvait les recevoir alon de CaIçadUla, géographe tar vofi du Roi (*).

llspaitirentdeSantaremle? mail487»

et, comme nous le dit Barros , le ducde Beja D. M anoel, qui devait aocomplir à son tour de si grandes découvertes, était présent à leur départ. Après avoir pns congé du roi, ils allèrent d'abord à Naples, d'où ils s'embarquèrent pour rite de Rhodes. Là ils furent accueillis par deux chevaliers portugais de la religion , qui leur donnèrent tous les ren« seignements indispensables pour passer à Alexandrie. Cette ville d'Egypte leur devait être funeste, ils y tombèrent ma* iadesde la fièvre et pensèrent y mourir; cependant une fois rétabfis , ils s'en allèrent au Caire et de là ils parvinrent à gagner Tor dans la compagnie des Mao-

(*) Ces deux hoaiaMS , à la penévéraoce desquels était remise la solution d*ua û graod probtème géo^rai^falqiie , raçureot eu outre des seeoacs péeuniairH qui devaient leur faire surmonter men des diffîealtés; Garcia de Reseude De laisse aueuii doute h ce s^iet.

« Eo celte aanée i486 , dit le chrouiqueur, il envoya an oertaio Affonso dePayva, naturel de CastiUo Branoo , et un autre individu nommé Joam de Covilham : tous deux aptes à un tel voyage et eo lesquels ii avait coniiance. Il leur accorda de larges émoluments au mc^ea de lettres payaMes en divers endroits , et il les munit de ses Instmclions, «fin que par la voie de Jénualem ou par celle du Caire , ils passassent eu la terre ou prêtre Jean, auquel il adressait M>s letHes , faist«l part à ce souverain de tout ce qtt*il avait découvert le long de la côte de Guinée et s'informant si quelques-unes de ces terres élaicot voisines de ses royaumes et seir gneuriea; alia que par leur moyen on pût communiquer ensemble, se prêter appui, et faire que la foi du Cbrist fût exallée; il iui notifiait te grand désir qu'il avait de le iiouvoir coanaitfeeid»^ lier avec iui d*uiie véritaUe

reftjyTramsMpietdftFeKt^aimeaaient à Aden. Ce nit au Caire qne tes deux voyageurs se séparèrent; Affonso de Paîva se dirigea vers FÊtbiople, Seloo toute apparence, il avait re^ en double les instructions de D. Joam et il était chargé de remettre cea fameuses lettre^ adressées au Preste Jean, dont nous parle Resende ; pour Peto (fe Covilhaqu il suivit une route bien différente; monté sur un navire arabe cfui partait 4*A* den , il alia débarquer a Cananor et d^ là se rendit à Calicut et à Goa.

Il ne nous a pas été donné de savoir quelles furent les impressions que reçut, en présence des magnificences de l'Inde, le premier Européen qui, après tant de fatigues, se rendit dans oes contrées opulentes. Rien de tout cela ne nous a élé raconté par Resende et par Barros, tout cela était dit peut-être par un bisto»

rien (*) antérieur. Ce que nous sa* vous aujourd'hui sur ce prodip;ieu)e voyage, c'est que de Tlnde CoviUiam partit bientôt pour les mines de Sofala. Revenu une seconde fois dans la cité d'Aden , à rentrée du détroit de la mer Rouge, il s'embarqua pour le Caire^ maia là il apprit que son compagnon ,Atfonso de Païva, avait trouvé la mort dans cette ville depuis peu de temps, et qu'une maladie l'avait enlevé. « Comme il était sur Je point de revenir en ce royaume^

(*) Le continuateur ineonnu de Gomez Eannez de Asoraïa. On ignore l'époque précise de la monde ce dernier écrivain. Mais 11 n*a certainement pas poussé sa carrière Jus(|u*à cette époque. A-t-on s^oQlénn ehapitresurPlndeàsonhistoirv de la Gainée? CTest ce qu'au premier abord oa serait tenté de supposer ea voyant parmi les Mss. de l'Éscurial un vol. signalé sous ce titre : Chronica do Infante D. Henri fuê, Duque à» Fiseu^ tenhar da (hvHhâf n§edore gwfemadar da owdem de Christo ; em que se tnUa da caur quisla de Guiné e aigumas cousas da îndia. cet ouvrage, est -il dit dam les Sfemorias de li^ teratwUf a été écrit en 1663 par ordre d'Affooso y. Je dois dire maUieureusement, que J'ai déjà fait prendre des renseignements sur ce manuscrit, et qu'ils n'ont pas été couronnés de succès.' M. Tirai» « dont le aèle est oonnu «t qui a reçu une mission du gouvernement français pour chercher dans les diverses bi1)Iiotbèques de l'Espagne les documents inédits nlatifs à l'histoire de France, n'a trouvé auoi» indice du livre indiqué par Ferreira Gordo en 1790. Moi-môme. lorsque Je fus assez heureux

Ïiour signaler aux savants le ras. de la bihilohèfjue du roi , flgnorais l'existence de cette copie où il est question des Indes. Espérons qu^un heureux hasard la fera découvrir, il n'en est point lait mention dana réditiqn de Paris,

iio

L'UNIVERSl

nous dit positivement Barros, rapportant avec lui la narration de toutes les choses qu'il avait apprises , il sut qu*ii y avait deux juifs espagnols qui allaient a sa recherche, et il eut avec eux une entrevue fort secrète: l'un s'appelait Rabi Abraham, et était naturel de Béjà , Fautre portait le nom de Josepe et exerçait la profession de cordonnier à Lamego. Or il y avait peu de temps que ùe Josepe était venu de ces contrées, et comme il avait su en Portugal le grand désir que le roi avait d'obtenir des informations touchant les choses de l'Inde, H l'alla voir pour lui dire comment il Vêtait trouvé jadis en la ville de Babylone, que l'on appelle aujourd'hui Bagdad et qui est située sur l'Euphrate, et que là 11 avait ouï parler du commerce que l'on faisait en l'île d'Ormuz... où il y avait une cité , la plus riche que Ton connût en ces régions, parce que venaient s'y accumuler toutes les épices et tontes les richesses de l'Inde, lesquelles au moyen des caravanes étaient transportées dans les villes d'Alep et de Damas. Mais comme Pero de Covilham était déjà parti lorsque le roi avait recueilli ces choses et bien d'autres encore de la bouche du juif, il avait envoyé ce dernier à la recherche du voyageur, et lui avait adjoint Rahi Abraham. Josepe devait porter son message à Pero de Covilham, tandisqu'ii était enjoint à Abraham de se rendre avec lui dans l'île d'Ormuz , afin de s'informer des choses de l'Inde. Parlesdites dépêches, le roi recommandait particulièrement à Covilham, dans le cas où il n'aurait pas encore trouvé le prêtre Jean , de ne point cesser ses efforts, jusqu'à cequll Veut rencontré et lui eut remis ses lettres ainsi que ses communications. Il ajoutait que dans le cas où le voyageur aurait atteint son but , il eût à lui mander tout ce qu'il aurait vu et appris par l'entremise dece iuif(*). »

Ce n'est pas sans dessein que l'on a reproduit ici ce curieux fragment; les hasardeuses explorations de Pero de Covilham se lient à la grande expédition maritime qui livra le commerce de rinde aux Portugais, et il importait de savoir comment les pré-

(») Joam de Barros, Primeita decada , livro Urceiro , fol. 46 , édit. de Km*

6ieux reiiseigiieiiients rasttmliM ptr lui étaient parvenus à Joam II, qid méditait déjà cette vaste entreprise : ce fut le pauvre cordonnier juif de Lamego (*) qui apporta en Portugal le premier récit digne de foi qu'on eût recueilli sur les Indes orientales. Barros ajoute bientôt que Pero de Covilham, se trouvant fatigué d'une si longue navigation et d'une route où il avait vu et appris tant de choses, informa Josepe par le menu de tout ce qu'il avait pu recueillir; outre cela, il écrivit au roi. Il est probable que notre hardi chevalier se contenta de répondre aux principales injonctions de son souverain ^ et que tous les détails précieux furent communiqués verbalement au juif. Pero de Covilham congédia ce messager, qui dllt nécessairement parvenir à Lisbonne . avant le personnage lettré qu'on lui avait adjoint; puis notre chevalier se rendit en la compagnie d'Abraham jusqu'à la ville d'Aden, et de là ils s'embarquèrent tous les deux pour Ormuz.. Ayant observé ce qu'il y avait à voir dans cette vjlle, Covilham laissa là Rabi Abraham , qui devait se rendre en Europe par les caravanes d'Alep, et il retourna directement vers la mer Rouge (**). Ici finit tout ce qu'il y avait de haut intérêt pour ie Portugal dans la mission de Covilham. L'historien qui nous sert de guide, et qu'on a suivi souvent

(*) Et noD pas sealement Rabi Abraham , comme on l'a dit dans ces derniers temps , à propos des découvertes primitives dont nous nous occupons.

(** ) Un passage plus explicite de Fernand Lopes de Castairheda servira à faire apprécier au lecteur lUmportance réelle des péregrinations de Covilham, et rinfluenoe prodigieuse

Su*eiles eurent sur la découverte du cap de dnae-Espérance. Je me servirai de la traduction si naïve et si exacte de Nicolas de Groachy . « Pierre de Govilhan s*en alla en Inde, dedans une nef de Mores de Cananor. Estant arrivé en Plnde, il fut à Calecut et en nie de Goa, et s*in forma bien amplement de Tespicerie qui croissoit dans 1*1 nde, et de celle qui venoil de dehors et des villes principales, qui Tenoient de la dite Inde : desquelles toutes il mit les noms en la carte marine qu'il portoit , encore qu'ils fussent bien mai escrits. Après avoir bien tournoyé ces villes, il s*en alla à Sofala , où il lui fut baillé cognoissanoe de la

{grande isle de Saint-Laurent ( Madagascar) que es Mores lappellent Vislede la Lune; et voyant, que les habitants de Sofala estoient noirs comme ceux de Guinée, vint à penser que c* estait toute une coste , et que par mer on pourroU venir aux Indes, »

FORTUGAL.

avec si j^ d'exaotitade, nom montre ensuite le bon chevalier se rendant à la cour du Negous d'Abyssinie, qu*il décore pour la lureoiière fois peut-être du titre pompeux de Preste Jean. Le souverain qui régnait alors sur ces contrées s'appelait Alexandre ( Iscander ) ; il accueillit avec empressement et bienveillance le chevalier portugais, s'estimant heureux, ajoute le vieil écrivain, de posséder à sa cour un ambassadeur e&voyé par un prince chrétien; mais Alexandre n'avait que bien peu de jours à vivre, et son frère, qui lui succéda, agit d'une manière bien différente à Tégard de rétranger qui venait visiter ces régions pour la première fois. Non-seulement le nouveau Negous traita Pero de Covilham avec dédain , mais il s'opposa à ce qu'il sortît du royaume. Dès lors le chevalier portugais dut perdre tout espoir de retourner en Portugal.

Pero de Covilham dut ressentir les douleurs de l'exil , mais là se borna son malheur : on lui donna des terres dans ce beau pa^s, que des relations récentes nous représentent comme l'une des plus riches contrées du ffiobe. Il se maVia, il eut des enfants, et l'on sait par un vieux voyageur du seizième siècle, qu'il vivait encore dans une situation prospère en 1516, sous le règne de David, fils deNaut , qui avait succédé à son premier protecteur (*).

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