‹ PortugalChapitre 29 sur 42 · OBIGINE HISTORIQUE DE GOA, LA · texte numérisé non relu

OBIGINE HISTORIQUE DE GOA, LA

VILLE INDIENNE.— Il cst fait mention pour la première fois de cette ville célèbre dans l'ancienne histoire du Dekk'han par Ferichta en parlant du règne de Mujahid Schah , troisième empereur de | la dynastie de Bhamani , qui commença ! à régner vers 1347. Goa y est cousidéré comme un port de mer, appartenant depuis près d'un siècle aux râdjâs de Bisnagar. Seloa la tradition transmise aux Portugais par les indigènes, le brahmanisme était alors la seule religion Srofessée dans Tissuary^ nom primitif e cette île (*).

(*) Ces précieux détails sur Torigine de la métropole des Indes sont extraits d*un opuscule publié à Madras en isai , |>ar un Français qui Ta écrit en anglais. Ce curieux volume est intitulé An historical Sketch of Goa, by ttie late rev. Denis L. CoUineau de Kloguen. Ce digne ecclé- 8iasaque,néà Nantes « morte Karricalen laio, a, dit-on, laissé une histoire des Inde* écrite en français; elle a été recueillie sans doute par set

£q 1469, Bfalek al Tojar Khodja Jehan, premier ministre de Mahomet II , treizième empereur du Dekk'han de la dynastie de Bbamani, s'empara de Tile de Goa surHumragi, régent de Bisnagar, qui çouveruait ce royaume du« rant la mmorité des fils ae Severoy.

Kishwer-kban avait été Tun des officiers qui s'étaient distingués le plus durant cette conquête; le souverain du D^k'han lui en laissa le gouvernement; ce fut en vain que , trois ans après , Perkna, râdjâ de Belgam, voulut s'emparer de nouveau de Ttle, il fut repoussé.

C'est à Tannée 1479 qu'il faut faire remonter la construction de la cité de Goa sur l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui. Selon Antonio de Souza , Miguel Oum, persécuté par le râdjâ d'Onor, mais protégé parle souverain du Dekk'han , vint a la tête de ses musulmans dans rile et y fonda Goa proprement dite. Le révérend Denys Gottineau de EJoguen affirme que l'ancienne cité était plus au centre de l'Ile « dans le voisinage du rivage sud . Il ne reste plus de cette ville primitive que quelques misérables masures à' proximité de l'église paroissiale de Saint- André, mais la colline est encore désignée sous la dénomination d'ancienne Goa, que les voyageurs ont improprement apuliquée dans ces derniers temps à Goa elle-même ; la nouvelle cité, bâtie par les mahométans sur le rivage nord de llle opposé à celui de Divar, devint immédiatement une place florissante, grâce à l'excellence de son port; mais elle n'était pas d'une grande étendue. Nous ne suivrons pas dans ses diverses révolutions politiques riiistoire de cette capitale déchue, nous nous contenterons de dire qu'à l'époque où Vasco da Gama arriva aux Indes, un juif polonais , qui se donnait pour un Italien, vint auprès de l'amiral, lui faire des offres de service en se disant le premier ministre du Sabaio, roi de Goa.

L'auteur qui nous sert ici de guide dit « qu'en admettant l'existence de ce juif, le personnage qu'il lui plut de désigner sous le titre de souverain de Goa n'était propablement autre que Maleck-£ia-al Moulk, vassal de l'empereur du Dekk'han

hériUers. Faisons des voetix pour <|ue ce travail prédeax , <|ui intéresse la gl<rire de la Bretagne , spit quelque joiv publié.

OU bien Adel-scbah, que les Portugais appellent Hidal-khan , et qui, s'étant déclaré, en 1 489^ sultan de Visapour, reconnaissait la souveraineté de l'empereur désigné plus haut. « Ce qu'il^ a de certain, c'est que ce chef mahomctan avait une prédilection particulière pour Goa , et qu'il y faisait fréquemment sa résidence. On a vu déjà comment Albuquerque parvint en 1510 à s'emparer de cette ville florissante. Adel-schah ou , si on l'aime mieux , Hidal-khan accourut et força la garnison chrétienne à s'embarquer; mais Albuquerque se présenta de nouveau avec la flotte , et Goa devint à tout jamais la métropole de l'Inde portugaise.

La vil le se couvrit immédiatement de magnifiques constructions, de vastes églises , de riches arsenaux ; on y battit monnaie ; puis , en 1567 , Antonio de Koronha l'entoura d'une vaste muraille, si bien qu'en l'année 1571, précisément deux ans après que le Gamoens l'eut quittée, Goa était parvenue au plus haut degré de splendeur qu'elle pût atteindre. Goa se trouvait naturellement défendue par sa position ; cependant ses fortifications naturelles laissaient malheureusement un passage libre , et l'espèce de gué que l'on nommait ïepasso de GondcUi pouvait être aisément traversé à la marée basse. Toutefois, un usage étrange, rapporté par le plus sincère des historiens portugais, avait fait de ce canal un lieu redoutable, que fuyaient également les musulmans et les chrétiens. Bien qu'elles fussent mêlées aux eaux de la mer, les eaux de ces marécages servaient , dit-on , de refuge à une foule de crocodiles, qui devenaient les terribles défenseurs de la cité. Une loi ordonnait que tous ceux qui étaient condamnés à mort par la justice fussent jetés dans ces lagunes , pour servir de pâture aux hôtes qu'elles renfermaient.

Ces crocodiles s'étaient si bien multipliés , leur férocité était c^evenue telle , que, soit terreur fondée, ou crainte imaginaire, les Maures n'osaient franchir le gué. La ville dès cette époque présentait un mouvement extraordinaire, et si l'on adopte le témoignage d'Albuquerque lui-même, si l'on s'en rapporte aux documents fournis par le vainqueur, Goa, tellequ'elle était au seizième siècle, remplaça une cité déjà importante par

L'UNIVERS

ses édifices. Le père Cottineau de Kloguen signale quelques restes sans importance qui ont pu appartenir à cette première période. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au temps de Joâo III, les belles pagodes indiennes, les élégants minarets musulmans, avalent complètement disparu. Toute la splendeur de la capitale des Indes était empruntée aux souvenirs de ntalie (*). Nous allons essayer de faire comprendre quel était l'aspect de cette magnifique cité de la renaissance, transplantée sous le ciel indien.

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