SORROSIMUNDA, LÉGENDE DU DOU
zt km e siècle. — JorgeCardosoraconte qu’à l'epoque où vivait le comte D. Henrique, le pere du roi dont nous retraçons l'histoire, il y avait dans le couvent a’Aroucü une jeune et belle abbesse qui avait une haute réputation de sainteté, les rands de la terre venaient l’implorer ans leurs douleurs, et les pauvres gens allaient se recommander humblement à ses prières. Le comte ilenrique lui-même, à la veille des batailles qu’il livrait aux Maures, venait visiter l’abbesse du couvent d'Arouca, et il en sortait plus fort. « Or un jour, dit le vieil historien, que le comte était venu la visiter, il avait amené avec lui un Maure, noble et jeune. Dès que celui-ci eut vu l’abbesse si digne cependant de respect, son âme fut éprise de sa beauté en telle manière qu’il avoua au comte qu’on lui verrait adopter le christianisme, si on la lui
• ) Voy. Quattro elemenkir , t. 1, p. 8S<
"J Memorias de Littérature», t. VII.
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donnait pour épouse; mais le comte, qui savait l'impossibilité de cette union, le détrompa immédiatement. Or, étant informée ae la maniéré dont les choses avaient eu lieu, Rosimunda se prit à dire une affectueuse oraison , suppliant Dieu qu’il illuminât cette âme; puis elle lit av iser le comte d’amener le Maure avec lui en l'église; et, accompagnée de ses sœurs, elle l’attendit à la porte du lieu saint; puis quaud il fut près d'elle, lui prenant la main, elle lui dit : « Tu m’as aimée ardemment, et tu as désiré de m’obtenir pour femme; le comte t’a refusé, mais ce qu'il ne peut, mon Seigneur Jésus-Christ va le faire. Il veut que nous soyons tous deux unis en une même foi, et que nous jouissions de la même grâce. >■ Puis le Maure ayant pénétré en l’église, touché de l’esprit divin, se convertit. Ce fut un grand et parlait chrétien (*)! »