‹ Portugal par m. Ferdinand DenisChapitre 3 sur 86 · FOIS DATION PE CERTAINS ORDRES ' RELIGIEUX. MORT UE D. AFFONSO HBN · texte numérisé non relu

FOIS DATION PE CERTAINS ORDRES ' RELIGIEUX. MORT UE D. AFFONSO HBN

RiquEZ. — Un ingénieux écrivain a prétendu dernièrement, non sans quelque fondement, que les corps armés de musulmans, tou|ours prêts sur la frontière h combattre pour la foi , pouvaient bien avoir eu certaine influence sur la fondation des ordres militaires dans la péninsule (**), Si plus d'espace nous était

(*) Voy. Agiologio lusitano, Lisb., I6C1, I. I , p. 163. On non» pardonnera, noos l'es pérorai, d autant mieux d'avoir extrait ce frais épisode de l’Agiographe portugais, que sor Ro snnt/nda eut une influence réélit* sur les sucrés guerriers du comte D- Henrique , et même sur ceux de son Üls. il parait qu'elle prolongea Min existence Jusqu’en 11*20, c'est-à-dire au délit du temps ou vécut le fondateur de la monarchie portugaise. Il est certain d'ailleurs que le roi Affonso Henrique/., à l’époque où Il était infant, reconnut solennellement cette • influence de la vierge chrétienne sur son père: car, après lu mort de l’abbesse d’Arouca, il expédia ver» le monastère son ayo , Egaz Monte, avec une lettre de condoléance dans laquelle il exprimait ses regrets. Au défaut de l'original écrit en latin, Carduso donne le portugais. U y est dit Bem sci quanta» Victoria» o gîorioso coude D. Henrique nosso pai alcanrou per suas omette». Por onde lhe sontos devedores e nos favore* de nos» us causas achareis que nos lembramo » de todo. « Je sais parfaitement combien de victoires le glorieux comte notre père a obtenues par ses oraisons. Aussi est-ce Ce qui nous rend ses débiteurs et ce qui fait qu'en toute occasion nécessaire vous nous trouverez nous souvenant de tout, u

( Le même fait eut lieu, du reste, h propos des chevalier» de Rhodes, dont les institutions furent calquées sur celles des musulmans.

accordé, il serait curieux de dévelop-

fier ce point historique, et d’initier le ecteur a la vie guerriere des deux peuples et à l’analogie que pouvaient présenter leurs institutions. Nous nous contenterons de rappeler ici que Affonso llenriquez fouda en Portugal deux ordres, qui eurent une célébrité bien diverse , et dont les membres l’aidèrent dans ses luttes incessantes contre les Maures: l’un était désigné sous le nom (la Azci de S. Miguel, ou de l’aile de Saint-Michel ; il s’eteignit de bonne heure; l’autre prit le nom d’Aviz, et accomplit une glorieuse carrière. Le premier fut institué en 1167 à Alcobaça en souvenir de la conquête de Santarem ; le second porta d’abord simplement le nom da Ordem Nom, ou de l’ordre nouveau ; il se composait de chevaliers soumis à certaines règles religieuses, maisn’avant pasencore d’établissement fixe. L’utilité de ces hommes pleins de bravoure et de dévouement frappa le roi ; il les soumit à la règle de Saint-Benoit. D. Pedro Affonso, son frère Illégitime, fut leur premier grand maître, en 1147; vers 1166, on les vit résider à F.vora, nouvellement conquise par Clraldo sem pavor; et l'ordre cTNvora, c’était la dénomination qu’on lui avait imposée, reconnut l’obédience de l’ordre beaucoup plus ancien de Calatrava : il ne prit le nom d'Aviz que lorsque D. Affonso 11 l’eut fait transporter en 1211 (*) dans la ville que l’ordre illustra bientôt.

Aidé de ses bons chevaliers, Affonso llenriquez poursuivit sa carrière militaire avec des succès divers, mais toujours glorieusement. Sezimbra, Palmella, villes mauresques, tombèrent en son ouvoir.et, eu 1 169, il vitenlinarriver la ulle poutiflcale du pape Alexandre III qui légitimait le choix du peuple.

Toutefois, cette prospérité reçut une atteinte : des différends sérieux s’étant élevés, vers 1178, entre le roi de Portugal et D. Fernand son gendre, roi de

Voy. Fondation de la régence d'Alger . ras. de la Bibliothèque royale , publié par Bander Rang et Ferdinand Déni»

( + ) Et non en i I8f, comme dit Barlmsa ; ce fut seulement en 1213 que l’ordre d'Aviz de Portugal forma un ordre séparé de Calatrava; la bulle d’Eugene IV établit »u complète indépendance. Voy. Joào Baplista de Castro, das Ordens mtli tares.

L’UNIVERS

Léon, tes derniers temps de la vie d’Affonso furent marqués par une guerre doublement funeste, à propos de quelques terres situées au pays de Galice. Il fut obligé de combattre contre un allié et contre des chrétiens; il le fit avec des succès divers. Un accident cruel le livra à son gendre : comme il sortait précipitamment de Badajoz , son cheval le froissa rudement contre un des ferrements de la porte, et il alla tomber à quelques pas sur la route. Un combat terrible s’engagea sur ce lieu même entre les troupes du vieux roi et les Léonais ; malgré les effortsde son frère, Affonso Henriquez eut la douleur de se voir à la merci du roi de Léon. D. Fernando se montra, dit-on , plein de tendresse et de respect pour son prisonnier; il letraitaen père véritable, affirme Pedro de Mariz, et refusa toute rançon. Il se contenta de la restitution de ces terres qui lui avaient été enlevées dans le pays de Galice; mais ce qu'il ne put faire sans doute, ce fut que le souvenir rongeur d'une défaite ne s’attachât au coeur du vieux guerrier. Affonso Heuriquez survécut néanmoins quelques années à cet événement mémorable; il était à Coimbre lorsqu’il fut atteint de la maladie dont il mourut, et il expira le 6 décembre 1185, à soixante-seize ans et quatre mois. Le tombeau de marbre qui renferme ses cendres lui fut élevé par Jean III. Au seizième siècle, la vieille tombe dti couvent de Santa-Cruz fut ouverte, et l’un des plus grands poètes dont s’honore le Portugal put contempler celui que le peuple' appelait le Hoi saint (*). Le temps avait respecté sa dépouille; et il est du petit nombre de ces fondateurs de royaumes dont la mémoire ne saurait périr.

u. sanchf. t". — Les règnesqui vont suivre, jusqu’à l'époque du roi Diniz, ne sont pas à coup sûr dépourvus d'intérêt historique ; ils marquent même une période durant laquelle s'opéra une grande élaboration religieuse et politique, puisque le tiers état prit insensiblement une importance qu'il n’avait pas

(*)Cldadc rici do Santo,

Corpo do *«?u rey prltuciro Que Indu vlmoft rom rspnnto ha l*o pouco tempo Intclr»

Do* anno« que pod«*m taolo.

Sa de Miranda, carta 6, est. 9.

eue. Néanmoins ces efforts du clergé , cet enfantement d’une organisation nouvelle de la part des communes, regardent bien plus le Portugal et ses institutions intérieures qu’ils ne font prévoir encore une époque historique imposante pour les étrangers. Forcé de nous resserrer dans un cadre étroit, nous avons hâte d'arriver aux règnes qui préparèrent la gloire du Portugal, s’ils ne la commencèrent pas encore.

Nous dirons donc rapidement les événements qui constituent cette période de transition, pour ne pas rompre complètement la chaîne qui tient unis les faits entre eux.

De son mariage avec Dona Mafalda , fille d'Ainédée II I, comte de Savoie, Affonso Henriquez avait eu sept fils et quatre filles, sans compter les enfants illégitimes que lui reconnaissent les historiens. D. Henrique, l’alnédetous, mourut en bas âge, et D. Sanche I**, qui était né à Coimbre le II novembre 1154. devint roi de Portugal. Prince guerrier, il imita de bonne heure son père, et dès l’âge de quatorze ans , on le voit figurer à la bataille d’Arganhal, où il commande l'armée de Léon et où la victoire reste indécise.

D. Sanche à vingt et un ans s'était marié à Dona Dulce, fille de D. Ramon. prince d’Aragon ; immédiatement après ses noces, en 1 1 î 8, il réunit une petite armée de douze mille hommes et il alla audacieusement porter la guerre aux Maures sur le territoire de Seville. Il remporta sur eux une victoire éclatante, et, a son retour en Portugal, ayant appris que la ville d’Elvas était assiégée par les musulmans, il courut au secours de cette ville, la délivra des ennemis qui l'entouraient et vint rendre grâce à Dieu de tant de victoires, dans le monastère de Tarouca, dont il devint un des plus zélés bienfaiteurs.

Après la mort d’Affonso Henriquez , D. Sanche succéda à son père et fut couronné àCoimbre le9 décembre 1185 ; il avait alors trente et un ans, comme le prouve Antonio Brandâo , et non pas trente- huit, ainsi que le prétendent quelques historiens. Prince guerrier dans son extrême jeunesse, roi paisible lorsqu’il commençait à atteindre l'âge mur, D. Sanche mérita alors ce surnom de

Povoatlor que l’histoire lui a décerné.

Il donna une vive Impulsion à l'agriculture , il fonda nombre de bourgades et de monastères, et se montra si généreux à l’égard des ordres militaires, que non seulement, dit uu historien portugais, il accorda à ces serviteurs de Dieu ce qu’il avait, mais encore ce qu’il espérait avoir. De telles largesses s’expliquent : le Portugal était préservé alors par ces hommes « revêtus du haubert de justice défendu par l’écu de la foi. » Il suflit, du reste, de lire les chroniques contemporaines pour voir ce qu’il y avait de sentiments dévoués et courageux dans ces soldats, toujours prêts a s’offrir en sacrilice pour le triomphe de la loi du Christ.

D. Sanche ne put pas toujours se maintenir dans cet état de paix qu’il savait si sagement mettre à prolit pour le bien des peuples; les Maures renouvelaient leurs attaques. Mais il advint alors un deces heureux événements qui avaient marqué le règne d’Affonso Henriquez : une armée navale qui se dirigeait vers la Palestine se vit contrainte par la tempête de demander un abri à quelque port de la Péninsule. Ces navires du Nord entrèrent dans le Tage, et les hardis soldats qu’ils conduisaient à la conquête des beux saints aidèrent D Sancheà s’emparer du paysd’Algarve.

Fidèle à son surnom de 1‘ onoador , le second roi de Portugal fonda alors la cathédrale de Sylves, qui devait être le siège d'un évêché célèbre ; puis il ajouta à son titre celui de roi du pays tfjlgarvc. Cette seconde royauté fut néanmoins bien éphémère, car de 1188 à 1190 Ben Youssouf, entrant en Portugal avec une armée puissante, enleva à D. Sanche sa nouvelle conquête, qu’il regardait déjà comme un État chrétien.

Il n’v a plus de faits d’armes à signaler dans l'histoire de D. Sanche, mais il y a à constater une coutume bien louable* et qui fut imitée par quelques-uns de ses successeurs. Persuadé que sa présence était nécessaire pour consolider ce qu’il avait fondé, il employa le reste de sa vie à parcourir le royaume et à donner une vive impulsion a tous les travaux agricoles. Ce vaste monastère d’Alcobâça , qui avait été commencé par son

père, fut continué par lui avec une admirable persévérance; il se montra, comme Afïonso Ilenriquez, le pieux protecteur des religieux de saint Bernard , parce qu’il avait compris que toute culture intellectuelle s’élaborait alors dans lecloître. Pendant longtemps, Alcobaça fut à la fois le point central d’où émanaient les discussions scientifiques relatives à la théologie et l'asile conservateur dans lequel venaient se réunir les documents historiques qui formèrent plus tard les archives du pays. Les immenses privilèges accordés* à ce monastère, par cela même qu’ils le rendaient indépendant du pouvoir royal, le mettaient en état d’offrir un asile aux hommes dont la culture intellectuelle était déjà avancée , et qui ne pouvaient toujours soumettre leur pensée active au principe immobile du pouvoir féodal (*). Les guerres qu’il y eut à soutenir vers la fin du douzième siècle, l’ensemble des travaux que nous avons signalés, s’ils ne constituent pas précisément un règne glorieux, font de la période où régna D. Sanche une époqueencore mémorable. Attaqué par une gêave maladie au bout de vingt-six ans de luttes et de travaux utiles, ce roi mourut à Coimbre, le 27 mars 1211; il avait alors cinquante - sept ans. Le pope Innocent NI ratifia son testament, et l’on dit qu’il disposa par cet acte de sommes vraiment considérables pofir l’époque. Pendant longues années il reposa à l’abri de l’eglise de Coimbre , mais en dehors de l’édifice, comme l’exigeait le concile de Braga; plus tard il fut admis dans l’intérieur au temple. Sa tombe existe encore à Santa-Cruz.

d. affo.nso il. Un écrivain d’ordinaire sévère , D. Augustin Liafio , fait une large part pour l’éloge dès qu’il s'agit de l’histoire de ce roi. Il la voit remplie par des victoires glorieuses, par un courage sublime, qui s'oppose à l’ambition rusée des mauvais prêtres; il constate l’apparition d’un code de lois

( * ) Voy., louchant ce droit bizarre, un excellent article du Journal portugais intitulé : O Panorama. Le couvent d’Alcobaça put admettre jusqu'à 9iK) moines, indépendants en quelque sorte du souverain; ces religieux ne lui devaient comme redevance qu'une paire de bottes ou de souliers , à son choix , lorsqu’il lui plaisait de les venir visiter.

L'UNIVERS

où la morale et la science de la justice brillent de plus d’un éclat. Il faut convenir que la sagacité de rhistorien a su reconnaître ici des faits capitaux et des vertus essentielles, que n’ont pas toujours voulu mettre en relief les écrivains ecclésiastiques qui ont écrit sur ce règne.

D. Affonso était né à Coimbre, le 23 avril 1185; il avait vingt-six ans lorsqu’il monta sur le trône , le 27 mars 1211; il s’était marié, en 1201, avec Doua Urraca, lille d’Alphonse IX, roi de Castille. L'avénement de D. Affonso II au trône fut suivi presque immédiatement d’un acte de générosité , motivé d’ailleurs par la haute réputation militaire de ceux qui en étaient l'objet : il donna la Villa a’Aviz (*) aux chevaliers de ce nom, qui avaient résidé jusqu’alors à Evora , et le grand maître, I). Fernando Janes, quittacette ville pour venir, occuper sa nouvelle résidence. En 1212, on voit D. Affonso II prendre part à un des plus grands faits d’armes qui aient eu lieu dans la Péninsule durant le moyen âge; il assiste à cette bataille de las Navas de Tolosa , que l’a relievêque Rodrigue raconte d’une manière si dramatique et que les historiens arabes eux-mêmes ne peuvent s’empêcher de signaler comme le début de la ruine de l’islamisme dans ces contrées si regrettées par eux (**).

Les années qui succédèrent à cette expédition guerrière furent signalées par des dissensions de famille, par des troubles de palais; le pape intervint, en employant la voie des censures ecclésiastiques; le roi, en faisant marcher des troupes. A la suite de ces luttes orageuses deux frères du roi, D. Pedro et D. Fernando, abandonnèrent le pays pour ne plus le revoir : le premier, après avoir servi Charles, roi de Léon, passa à Maroc, combattit quelque temps dans l’armée de l’empereur musulman, posséda tour à touriîrgel et Mayorque, et finit par devenir simplement seigneur de la cité de Segorbe ; le second , après avoir

( * ) Le nom de Villa d’Atnz laisse assez voir son étymologie. Ce nom lui vient, dit-on, de certains oiseaux, qui se montrent en grand nombre, dans ses environs; les historiens s’en tiennent à cette courte indication.

( *' ) Voy. les Mémoires de l’Académie des sciences de Lisbonne.

épousé la fille de l’empereur Baudouin, se distingua à Bouvines , fut fait prisonnier des Français, enfermé dans le Louvre, et finit paraller mourir à Noyon. Etrange destinée de deux frères!

l’un commence ces relations avec l’Afrique qui se renouvelèrent plus tard dans des conditions si diverses ; l’autre vient en France, et il continue entre les deux pays ces rapports que les événements les plus orageux du moyen âge purent bien interrompre quelquefois, mais ne brisèrent jamais complètement.

Une lutte non moins vive agita les dernières années de ce règne. D. Sanche avait voulu assurer en mourant l’avenir de ses deux filles, Théresia, la veuve du roi de Léon , et l’infante Dona Sancha ; mais il n’avait pas nettement défini la nature de leurs droits sur certaines concessions territoriales qu’il leur accordait; on prit les armes, le clergé intervint ; les partis se calmèrent quand une portion des richesses laissées par D. Sanche eurent été consommées en hostilités désastreuses. « C’est ainsi ue fut apaisée pour le moment, dit juicieusement Schœffer, une querelle de famille dans laquelle notre intérêt n’est excité ni par la prévoyance du père , ni par la tendresse du frère, ni par la délicatesse des sœurs, ni par l’équitc du juge (*). »

Ce fut sous le règne d’Affonso II, plutôt que sa sous direction, qu’eut lieu en 1217 le siéged’AlcaçardoSal. A cette époque, une flotte composée de trois cents navires, commandée par Guillaume de Hollande et George de Wied, était partie des Pays-Bas et de la Frise

{muraller reconquérir lesaint sépulcre, à 'instigation du pape Honorius (**). Cette armée formidableaborda Lisbonne pour réparer ses navires, et prêta un puissant secours aux prélats guerriers qui joignant leurs efforts aux ordres militaires, chassèrent les Maures d’Alcaçar. L’histoire reconnaissante a consacré le nom de l’archevêque de Lisbonne, D. Sueiro (***), au courageduquel on dut en cette

( * ) Vov. Histoire de Portugal , trad. en français par tà. Soulange Bodin.

( ** ) Voy. M. Le Glay, Histoire des comtes de Flandre.

( *** ) Brandao, si judicieusement exact, a

circonstance la conquête de l’une des places les plus importantes que les Maures eussent conservées dans la Péninsule.

Cette lutte avec les Maures ne fut pas la dernière, témoin la victoired’Elvas,dans laquelle le souverain du Portugal triompha. Malgré la participation bien avérée de ce roi à plusieurs combats, un historien allemand, que nous aimons à citer, n’ose se prononcer sur la valeur réelle d’Affonso II. Comme prince guerrier, il est certain que l’obésité dont il fut affligé de bonne heure , et qui lui lit donner le surnom de Gorcto, dut s’opposer à ce qu’il multipliât les expéditions militaires contre les musulmans, il y a un autre genre de gloire qu’on ne peut lui contester: il accorda des franchises à plusieurs communes, et dans les cortès de Coimbre qui furent convoquées en 1211, il promulgua plusieurs lois fondamentales, pleines de sagesse et d’humanité , dont le but fut, comme on l’a fait remarquer, « d’assurer la liberté individuelle, la pro- « priété, d’abolir des impôts trop lourds, « de régler les droits civils des citoyens, « d’éviter des jugements précipités dans « les affaires contentieuses , de fixer « les droits de l’Église et du clergé. »

Ce fut précisément les restrictions imposées à cet ordre puissant qui empoisonnèrent les derniers jours du fils de Sanche , et l’archevêque de Braga s’étant, en 1220 , déclaré défenseur des droits du clergé, l’anathème fut lancé contre lui. En vain llonorius III intervint, l’excommunication fut renouvelée, et le roi l’emporta au tombeau. D. Affonso mourut à Coimbre , le 25 mars 1223 ; il avait alors trente-huit ans accomplis, et il en avait régné douze. Un historien a caractérisé ce roi en rappelant que sa conduite fut en quelque sorte un anachronisme pour le temps où il vécut.

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