‹ Portugal par m. Ferdinand DenisChapitre 56 sur 86 · LES SOIXANTE ANS DE CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

LES SOIXANTE ANS DE CAPTIVITÉ

— Il y a parmi les œuvres de Camoens un chant plaintif d’un admirable caractère, où l’auteurdes Lusiades paraphrase l’un des plus beaux poëmesde l’antiquité hébraïque et où il peint en vers sublimes les regrets d’une grande nation, errante dans l’exil; ce cri de douleur pouvait devenir, dès 1579, le chant national des Portugais. Bien qu’ils ne citent pas le psaume imité par Camoens, cette similitude n’a pas échappé aux historiens nationaux ; et, quand ils veulent peindre la funeste période qui succéda à la journée d’Alcaçar, et qui Unit à l’avénement du duc de Bragance, ils la désignent toujours sous le nom des soixante ans de captivité.

C’est qu’en effet toute gloire politique s’éteint alors pour le Portugal; c’est que les guerriers ne se sentent plus le désir de combattre , et qu’il ue reste plus aux poètes qu'une voix pour pleurer. Après avoir peint rapidement des événements dont nul ne contestera l’action sur le reste de l'Europe, nous ne nous sentons pas le courage de constater un à un les éeliecs qui diminuèrent chaque jour la gloire de cette nation; nous n’avons pas d’espace suffisant pour inventorier cotte ruine. En effet, dès les premières années du dix-septième siècle, on vit le Portugal perdre successivement ses plus belles possessions dans l’Amérique méridionale, dans l'Afrique et dans l'Inde; chaque année dit une défaite, comme autrefois chaque année disait une victoire.

Un écrivain portugais a rassemblé chronologiquement et en quelques lignes les faits qui se rattachent à cette période déplorable; nous le citerons, parce qu’ici chaque souvenir pst une accusation sanglante, qui fait prévoir

pas le droit d’en douter j, nous les acccptoos avec d’autant plus de confiance qu’ils nous ont été confirmés par l’habile et consciencieux auteur de l’Esclavage aux Indes anglaises. M. Armand Hain se trouvait à la chambre des députés du Brésil lorsque cet él range rapport y fut lu. Un orateur éloquent se leva alors pour engager le pouvoir à faire pénétrer l’instruction élémentaire dans les solitudes du Sertùo. Les détails produits plus haut ont été empruntés à V Echo français (le Rio de Janeiro du u Juillet 1838. Acetle époque, Joâo Antonio avait fui dans les forêts. Le rapport qui fut lu à la chambre avait clé fait par le préfet du district de Flores.

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et qui appelle le grand événement de la restauration. Nous commencerons, comme lui, par énumérer les calamités déplorables qui tombèrent sur les Açores, et durant lesquelles périt don Francisco de Portugal, cet illustre comte de Vimioso.que les Portugais se plaisent à appeler leur second Viriatus. A la suite de cet événement se placent l’entrée des Anglais dans le royaume, la prise de Cascaes et de Penicheet laterreur qu’inspire une armée qui n’est plus qu’a quat re journées de Lisbonne et qui n’a pas d’autres desseinsquede piller.» En 1594, ces mêmes Anglais prennent le récif de Pernambuco et tout ce qui s’y trouve; ils s’emparent de la cargaison d’un navire venu de l’Inde, qui y est mouillé. En 1595, ils prennent encore le château d’Arguim, sur la côted’Afrique... Dans cette même année, ils saccagent Faro; ils enlèvent les forteresses du cap de Saint-Vincent et de Sagres; ils brûlent tout ce qui se présente sur leur passage. Dans le cours de 1596, ils entrent deux fois à Buarcos, bourgade de Portugal, qu’ils détruisent, après l’avoir pillée. En 1597, ils pénètrent dans les Iles de San-Miguel, de Fayal et du Pic ; et ils brûlent un navire de l’Inde qui était ancré devant Villa-Franca. Au Brésil, ces mêmes Anglais saccagent la ville de Saint-Vincent, causentdes maux sans nombre dans cette ville ; et, pour terminer, s’emparent de la forteresse de Quixome aux Indes et de l’île célèbre d'Ormuz.

« En l’année 1616, les Maures pénètrent dansSanta-Maria, capitale des Tercères; ils emmènent en captivitépresque toute la population ; ils brûlent tout ce qu’il y a a brûler dans l’ile. En 1617, ces mêmes pirates entrent dans Porto-Santo non loin de Madère, et ils livrent toutà l’incendie. Au Brésil, lesFrançais pénètrent dans nie de Tamaraca, et pillent les engenhos (sucreries) de Bahia, ainsi que les établissements du même genre qui existent aux Ilbeos. L’ile de Sanctlago duNcap Vert est pillée par les Hollandais ; et c’est pour la deuxième fois, puisqu’elle l’a été déjà par Drack, lors de son fameux voyage. L’île de Saint- Thomé, Porto da Cruz et les autres établissements de la terre ferme au cap Vert, subissent le même sort en cette

occasion. A Angola, les Hollandais as* siègent la cité de Lonado, et brûlant nombre d’embarcations au dedans de la barre; ils s’emparent des forteresses de Cacheu, d’Ocre et ensuite de Mina.

« Aux Indes, ils se rendent maîtres des Moluques, ils prennent la forteresse de Tidor, avec tout ce qui appartenait aux Portugais; Goa est assiégée trois fois par eux , Malaca également : André Furtado de Mendoça sait la défendre; ils incendient, sans qu’il en reste vestige, une flotte commandée par le vice-roi don Martim Affonsode Castro. Au Brésil,en 1624,ilsprennent la citéde Bahia, et, en 1630, la place célèbre de Pernambuco. Puis succède à cette perte celle des forteresses de Rio-Grande, de Porto- Calvo, de Tamaraca, sans oublier les villes de Parahiba, de Seara, avec tous lesétablissementsqui vontjusqu’à Sérégipe, et trois cents lieues de cote tombent en leur pouvoir. Voilà tous les peuples qui vinrent vendanger en notre vigne , parce qu’ils trouvaient les murs et les portes renversés!...

« Le pouvoir de cette monarchie résidait dans notre force, dans notre puissance navale, qui se faisait sentir sur toute l’étendue des mers et nui assurait nos flottes contre les déprédations des corsaires. Pour ce service, le roi avait affecté certains droits et certains revenus, qui étaient perçus par des employés ad hoc et distribués convenablement. Non-seulement on savait à quoi s’en tenir sur les dépenses , et on apportait aux accidents fâcheux un remède immédiat. Pour parera ce service, l’ile de Madère avait offert la cinquième partie de ses récoltes en sucre, avec promesse des souverains de garder la côte et de prendre pour son compte, à ses risques et périls, toutes les pertes qui pourraient être faites. La Castille employa à ses propres dépenses les droits et les revenus que nous venons de signaler; et les choses en vinrent à ce point qu’il n’y eut pas une seule frégate dans le royaume pour mettre à la voiledans un cas urgent. L’Océan s’ouvrit alors, sur toute son étendue, à chaque pirate qui voulait courir sus à notre marine affaiblie.... Nos flottes servaient à leurs propres dépens la Castille; mais si le Portugal employait les

navires des Espagnols, c’était à ses frais : on lui payait d’avance toutes les dépenses.

« Déjà tout le monde fuyait le service du Portugal ; car les seuls Portugais qu’on vit prospérer étaient ceux qui se soumettaient a la Castille en esclaves , et nos généraux obéissaient même à des amiraux castillans. Il ne manquait pas de gens qui mangeassent les revenus que produisait encore la mer, sans avoir une barque à commander, pour exercer au moins des charges dont on jouissait dans l’oisiveté. C’était ainsi ue s’en allaient le nom et la réputation es Portugais par tout l’univers. Le Portugal sans flottes est une torche sans lumière; car, au moyen de sa marine , il a rempli de splendeur les coins les plus obscurs du monde; mais alors une caravelle rasée de ce pays avait suffi plus d’une fois pour jeter les Maures dans la stupeur (*). »

Toutefois, pour comprendre nettement les causes réelles de cette situation, il faut rappeler un fait capital : c’est qu'à cette époque la décadence financière de l’Espagne elle-même commençait à être effrayante. Ainsi qu’on l’a prouvé dernièrement par des calculs positifs, non-seulement cette puissance colossale avait vu décroître rapidement certains revenus , mais sa dette présentait un chiffre qu’on n’osait plus envisager de sang-froid (**). L’Espagne ne pouvait pas faire pour le pays dont elle venait d’agrandir son territoire en Europe , ce qu’elle ne faisait point pour elle-même ; mais avec une entente plus habile de ses véritables intérêts, au lieu d’affaiblir ce vaillant royaume, qui s’était posé un instant en rival, elle eût profité des immenses ressources que lui eussent offertes ses conquêtes; au lieu d’abandonner les riches campagnes du Pernambuco , par exem-

(•) Voyez Antonio Veloso de Lyra, Espclho de Lusiianos. Ce curieux volume, devenu assez rare, se trouve a la Bibliothèque royale.

(**) M. Ch. Weiss a constate ce fait dans Pexcelieut ouvrage qu’il a publié récemment. « A l'avènement ae Philippe U, la dette publique de l’Espagne était de trenle-cinq millions de ducats (66,080,000 fr. ); à sa mort, «Ile s’élevait à cent millions de ducats (3,82c,ck»o,OOo fr.), et les revenus de plusieurs années étalent engagés d’avance aux créanciers de l’Etal. » L'Ef pagne depuis le rrgnede Philippe II jusqu'il l’avènement des Bourbons, t. 2, p. 172.

pic, à l’industrie envahissante des Hollandais, elle eût tenté de réels efforts pour hâter la délivrance de ce beau pays. Les magnifiques provinces de l'intérieur du Brésil eussent été explorées scientiliquement; les trésors de Minas- Geraes , les diamants de Tijuco, eussent été peut-être découverts un siècle plus tôt qu’ils ne le furent; et les immenses capitaux qui firent du règne de Jean V une époque d’opulence vraiment prodigieuse , fussent venus peut-être relever la monarchie.

Ces Indes orientales, qui parlaient si haut lorsque Albuquerque commandait; ces terres si riches de Malacca, d’Achem, de Tidore, de Ternate , qui avaient été une école admirable pour les navigateurs et pour les soldats; ces factoreries plus récentes de la Chine, qui promettaient des ressources inattendues au commerce, étaient tout aussi honteusement négligées, et ne fournissaient plus ni marins ni capitaines : on eût pu , sans aucune espèce de doute et en renouvelant quelques sacrifices pécuniaires, vivifier l’esprit de conquête, ranimer l’esprit d’industrie, s’opposer aux menées odieuses d’une avidité rapace chez la plupart des gens influents; rien de tout cela ne fut fait. Pour être juste cependant avec les deux pays , il faut dire qu’un mal secret rongeait , depuis près d’un demi-siècle, l’administration des Indes orientales ; peut-être cela tenait-il aux hommes que l’on chargeait du gouvernement; peut êlre aussi au luxe qui s’était accru d’une façon démesurée. La catastrophe allait venir, mais le mal datait de loin.

LE MOT d’un VIEUX SOLDAT. — DÉ- CADENCE DES INDES PORTUGAISES. — NOMS DES GOUVERNEURS ENVOYÉS

par l’espagne. — Dès la fin du seizième siècle, le prestige qui s’attachait à de grands noms, avait cessé d’exister même pour les Portugais qui s’en allaient servir aux Indes. On raconte qu’un soldat d’ Albuquerque, qui avait toujours suivi ce chef inflexible et qui avait ressenti, en mainte occasion, le poids de sa sévérité militaire, s’en allait ordinairement à Goa visiter sa tombe; lui-même, brisé par l'âge, il ne pouvait plus se soutenir qu’à l’aide d’un bâton; et, lorsqu’il était entré dans la chapelle solitaire où

L’UNIVERS

reposait le héros, il priait; puis il frappait la sépulture de son bourdon de pèlerin ; et on lui entendait répéter ordinairement ce peu de mots : • Tout Je mal que tu me pouvais faire, tu me l'as fait... Mais nul ne peut nier que tu aies été le plus grand conquérant et aussi le plus rudemaiuteneurde royaumes qu’il y ait eu au monde... Lèvetoi !... on perd ce que tu avais gagné. » A la lin du siècle, en effet, c’était à peine si l'on pouvait reconnaître l’ancienne vice-royauté des Indes, telle que l’avaient faite le vieux capitaine et ses successeurs immédiats. Comme nous l'allons voir, ce fut bien pis sous la domination étrangère, lorsqu’on n’eut plusinémedevantla mémoire les grands souvenirs du pays. Répétons-le donc, l’Espagne, qui avait peut-être déjà le sentiment intime des orages prêts à fondre sur elle, l'Espagne profita bien des avantages que lui offraient les colonies portugaises, maiselle ne s'imposa aucun sacrifice pour les garantir. Dans l’Inde, on vit paraître encore de grands noms, maison ne compta plus guère de victoires. Don Francisco Mascarenhas, comte de Villa Dorla, fut le premierque Philippe II envoya à Goa, pour le représenter; il fit’ la guerre avec quelque succès durant les trois années de son gouvernement: la mère patrie était devenue à peu près indifférente à ses efforts. Manuel de Souza Coutinho, qui lui succéda, en t58'2, et qui périt en mer; Mathias d'Albuquerque, qui gouverna six ans, à partir de 1591 , furent aussi des hommes de tête. Le gouvernement de ce quinzième viceroi des Indes est même remarquable

Far un fait longtemps indifférent à Europe, mais qui signale pour ainsi dire une ère nouvelle pour l’histoire de l'Asie méridionale. Ce fut sous son administration qu'on vit les Anglais paraître pour la première fois aux Indes.

Don FranciscodaGatna, arrière-petitfils du grand homme dont il portait le nom , partit avec le titre de seizième vice-roi, et arriva en 1597. Un siècle entier s’était donc passé entre le départ de Gama pour les Indes et l’arrivée du jeune amirauté dans ces contrées. Déjà les Hollandais, abrités dans le port de

Sainte-Hélène, guettaient les riches galions sur lesquels Philippe H comptait pour ranimer un instant ses finances. Nonobstant quelques heureuses expéditions, d rigées par le frèredu viceroi, lorsque celui-ci dut partir, en 1599, l'heuredela décadence avait déjà sonné:

la lutte s'engageait avec la Hollande.

Celui qui lui succéda, en 1600, Ayrès de Saldanha,dut s’apercevoir a ses’déens du changement fatal qui s’opérait, c lis ces mots sinistres dans Pedro Barreto, à propos du dix-septième viceroi des Indes : « Il fut vraiment faible en son gouvernement, et remit toute l’admin stration aux pères de la compagnie. Ce fut de son temps que les Hollandais vinrent pour la première fois aux Indes, et. qu’en passant par Mosambique, ils prirent le galion du commerce des Indes, chargé d’immenses ri-, chesses, sous le feu même de la forteresse, et ensuite, passant dans les eaux de Goa, vinrent s’embosser devant la barre, où ils restèrent durant un mois, s ns qu’on les troublât en aucune façon et sans qu’on fit mine de les attaquer; de là ils se portèrent vers le détroitde Malaca.où ils capturèrent un vaisseau parti de la Chine et tres-richement charge ; et depuis ils ont pris si grand goût à la chose, qu il en est advenu ce que le monde sait (*). » Le faible Ayrcs de

(*) Il est Impossible (le ne pas rappeler ici le* travaux (l'un homme qu'on laisse toujours sur le second plan, et dont l'existence sè lie cependant aux deux plus grands événements de. celle période : raneanllssrmenl de la puissance portugaise aux Indes el U fondation du commerce de la Hollande. Corneille lloulman élait né a Tergou (en latin Gouda ), et sa line graphie reste parfaitement obscure Jusqu'à l'époque ou ii \ int a Lisbonne, c'est -à -dire jus. qu’a la lin du seizième siecle. D’un coup d œil Boutinan a deviné t’éiat d'abandon ou est le commerce de Lisbonne, ei ce que ie gouvernement de l’Espagne laissera prendre a des hommes persévérants. Dans ses perquisitions, cependant, Il manque de prudence; Il est emprisonne, et on le condamne à une amende considérable; il s’adresse avec confiance aux negociantsd'Amsterdam ; sa dette est payée. La Hollande a compris ce que valait lu liberté de Corneille Houtman. Quatre vaisseaux sont équipés. L'homme habile qui a surpris le secret d'une prospérité commerciale presque fabuleuse, est nommé subrécargue de l'expédition s el, le 1*' juin Ibtié, les Hollandais sont devant Sumatra; puis llsarrivent a Java; et quoiqu'il soit emprisonné par ordre du roi de Beotaui, Houtman, qui a raehele son indépendance, met h prolil, comme a Lisbonne, une liberté qu'il

Saldanha gouverna quaire ans et demi; et il fut remplacé par Martini Affonso de Castro, qui arriva aux lndesen 160'». Dès cette époque, les Hollandais ne mettaient plus debornesà leurs prétentions, et l’amiral Cornelis tenait Malaca assiégé avec une flottille de onze navires. Affonso de Castro voulut aller au secours de cette riche colonie ; et voiei encore ce que dit dans sa fatale concision le manuscrit de Barreto : « Il partit de Goa le 3 mai 1605 , avec la lus grande flotte que l’on eût rassemlée dans les Indes , puisqu'elle comptait seize galions, une caravelle, quatre galères, vingt et une flûtes et trois navires marchands. O, ceci acheva d’anéaritir les Indes, parce que ce gouverneur emmena toutes les troupes qui avaient fait leurs preuves et qu’il enleva aux forts toute leur artillerie. • Martini Affonso de Castro était brave, et il mit en déroute les Hollandais; maisdes inimitiés particulières lui firent négliger les sages avis de Furtado de Menaoça ; et il lie sut pas profiter de la victoire que lui assuraient ses forces navales : il obtint quelques autres avantages; mais plus tard il fut battu, et il finit par mourir de chagrin d'avoir ouvert « une voie si large aux désastres de toute espèce qui allaient foudre sur les Indes. » Il succomba devant la cité qu’il avait délivrée d’abord ; le descendant de JoSo de Castro ne put survivre à celte honte , et il mourut, dit-on, du chagrin que lui causa sa défaite. Un archevêque de Goa, Frey Aleixo de Menezes, gouverna, avec une certaine habileté, en t «>07 ; et , sous André Furtado de Mendoça, chef énergique, pareil aux hommes des vieux temps , les choses se relevèrent un peu. C’était, nous dit Barreto de Resende , le vice-roi le plus redouté qu’on eût vu encore dans l’Asie méridionale; et, sous son gouvernement, disait-on , les

tait risquer quand H le faut. Ce premier voyage est peu profitable; mais la compagnie des Indra orientales se fonde, et la Hollamle a désormais la certitude que l'héritage des Vénitiens et des Portugais lui appartient. Après des aventures sans nombre Corneille Houtman, auteur décrite

f :ran<le révolution, alla mourir dans une île de ‘Orient. Frédéric Houtman. frère de Corneille, fut gouverneur d’Amboine en 1007- C'était également un homme remarquable : la science philologique lui doit un dictionnaire malai ®l06i qu'un dictionnaire malgache.

boutiques de Goa demeuraient ouvertes duiant la nuit. C'est pour mémoire que nous nommons ensuite Hyeronimo Azevedo ( 1612 ); Joâo Coutinho, comte de Redondo, revenu en 1617, puis Fernâo de Albuquerque , précédemment gouverneur de Colombo. Il y avait vingt et un ans qu'il était aux Indes, et il se chargea de l'administration vers 1619.

F.n 1622, Francisco da Gama revint pour le seconde fois en Asie. Une rumeur sinistre dut lui faire comprendre que le vaste empire dont son aïeul avait dévoilé les splendeurs, allait enrichir d’autres peuples et grandir une autre nation. Le gouvernement des Indes tombe d’ailleurs entre les mains des moines : en 1627, Frey Luiz de Brito, l’ancien évêque de Méliapour et de Cociiin , le religieux de Saint-Augustin, est charge de maintenir ce qu’ont gagné lesPacheco et les Albuquerque; puis vient, en 1629, Miguel deNoronha, qui administre durant six ans, et qui, à défaut de conquêtes, édifie quelques constructions utiles, telles, par exemple, que le beau pont de Pangi. Pedro da Sylva, mort à Goa en 1639, et Antonio Telles , qui ne font que passer, doivent clore cette liste, ou l’oeuvre puissante manque toujours à la célébrité de certains noms.

Si nous nommons Pedro de Sylva, qui mourut en 1639, Antonioda Sylva, qui ne passa qu’un moment à ('administration, ce sera pour mémoire et parce que ces noms ne sont pas même insérés dans la plupart des relations qui s’occupent de l'Inde portugaise (*). En 1640, lorsque Joâo da Sylva Tello

( ) Toute cette période est rappelée d'une maniéré intéressante dans l’on vrage intitulé: Rétamé d'S voyages, decouvertes et conquête* des Portugais, en Afrique et en Asie, au quinzième et au seizième siècle; par H. Dujarduy. Paris, 1839, 2 vol. in -K*. Le livra s'arrête a la période de Sévadjy. qui ne ligure point dans l'ouvrage. Nous ferons observer, en payant, que les historiens anglais et espagnols ayant été consultés par l'auteur de préférence aux sources portugaises, les noms les plus connus diffèrent quelquefois essentiellement de ceux reproduits ici. Ces noms ont été également altères, du reste, par l'abbé Prévost , Kavnal et Vertot. A moins d’avoir fait une ctude particulière de la matière, on ne saurait croire à quel degré les historiens français et anglais du dix-huitième siècle ont rendu méconnaissables les dénominations da certains personnages ou de certaines localités.

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Menezes fut nommé vice-roi , la restauration de l'indépendance s'était effectuée ; mais ce fut l’époque des plus rudes attaques de la Uollande, et Goa faillit succomber; notre vieux voyageur Tavernier nous a fait voir ce qu’était devenue l'Inde portugaise en 165 1 . — Nous renvoyons le lecteur à ses pages si pittoresques et si exactes. Antonio de Souza Coutinho, Frey Francisco dos Martyres et Francisco de Mello de Castro formèrent, durant leur gouvernement par intérim , un triumvirat assez malheureux : l'heure de la décadence absolue avait sonné : le chef audacieux des Mahratcs rassemblait déjà son armée.

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