‹ Portugal par m. Ferdinand DenisChapitre 57 sur 86 · PEDRO FERNANDEZ DR QUEIROS · texte numérisé non relu

PEDRO FERNANDEZ DR QUEIROS

ses decouvertes.- Pendant que le Portugal tombait dans cet excès de misères, il rendait encore d’immenses services à la navigation. Pedro Fernandez de Queiros partait pour des régions inconnues; et il lui suffisait d’une seule expédition heureuse pour inscrire son nom à côté des grands noms que nous ont légués les siècles de Joam H et de Ma noel . 1 1 découvrit, en 1505 et 1606, la Nouvelle- Hollande; mais, moins heureux que Magellan, l’infortuné marin est resté, pour ainsi dire, inconnu; comme si les découvertes accomplies dans ce temps de décadence ne comptaient plus pour la nation (*).

(Jueiros mourut dans l’obscurité , au moment où il tentait une seconde expédition, qui eût complété sans doute la tâche immense qu’il s’était imposée ( * *). Rappelons ici les circonstances principales de sa vie orageuse, puisqu’el-

C) L’ouvrage écrit par Bolbi xur ta monarchie portugaise recule île beaucoup la découverte d’une parUe de la Nouvelle -Hollande par le* Portugais, puisqu'elle la reporte à l’annee ISIS. Le savant Barbier du Bocage avait eu eu sa possession d’anciennes caries portugaises où ces découvertes se trouvaient clairement indiquées. On ne peut neanmoins, d'apres celle Indication incomplele, dépouiller le navigateur de la gloire qui lui revient. Voy. sur l’exploration primitive Urcullu.

t") Il y a une édition de l’ouvrage de Oueiro*. intitulé : Terra ausIruUi cogrnta, publiée L Séville dès 1010. La deuxième, publiée a Amsterdam, en 1012, est jointe a la relation latine de li. Hudsou;en 1017, les Anglais donnèrent une traduction de cet opuscule. Bien qu’on y traite Fernando Quiros ou Queiros u’Espaguol, jl était né en Portugal.

les ne se trouvent pas même consignées dans la biographie.

Queiros était né à F.vora , mais on ignore l’époque précise de sa naissance; ce qu’on sait mieux, c’est qu’il se distingua bientôt dans la plupart des sciences relatives à la navigation, et qu’il se montra essentiellement pratique dans son art : durant unevingtaine d’années, il fréquenta les mers de l’Inde occidentale; puis il revint en Espagne , d’où il passa à Rome, en 1600, à i'époque du grand jubilé. Comme le duc de Sessa, ambassadeur de Castille, appréciait son instruction , il le chargea (renseigner à son fils la géographie et de lui donner une complète intelligence des cartes marines. Après avoir reçu diverses faveurs du souveraiu pontife, il revint en Espagne, où on le chargea d'un voyage d’exploration vers les îles de Salomon, qui sont situées au couchant de la Nouvelle-Espagne. « Pour accomplir une entreprise si ardue, nous dit Barbosa, il s’embarqua sur une flottille, avec Alvaro deMendanha; et, comme celui-ci vint à mourir, grâce à son habileté, il continua l’expédition. Néanmoins, ne pouvant pas accomplir ce qu’il cherchait, il retourna en Espagne, d'où il partit de nouveau. » 11 parait qu'il eut de grandes difficultés à surmonter durant cette seconde expédition, et cela ressort suffisamment de la lecture de sa courte relation. Mais ce qu’il ne dit pas, c’est qu'il courut risque de la vie; il finit par découvrir les régions auxquelles il imposa le nom d 'Justralia du Etpirito-Sanclo. Voulant coloniser les terres visitées par lui , il retourna en Ksagne : ce fut à cette epoque qu’il pulia la succincte relation qui constate son immense découverte, et dans laquelle le sort de Colomb, revenant involontairement à sa mémoire, il établit, avec modestie néanmoins, une sorte de parallèle entre lui et le navigateur génois ; il y fait observer que, si de simples indices ont suffi pour nourrir la

Fiersévérance du grand homme , il ne ui est pas permis à lui, qui a vu les contrées dont il parle et qui a touché les objets qu’on y remarque , de se taire et d'abandonner l'espoir d'une plus complète exploration. Cette relation, si simple dans son style, était la

yg!e

xf by

* huitième qu’il adressait au roi ; et c’est pour cela sans doute qu'elle offre si peu de détails circonstanciés. Selon toute apparence, cependant, les réclama* lions de Queiros furent entendues ; car il reçut une mission pour se rendre à Mexico, où l’on devait lui remettre le commandement d'une flottille, qui ne pouvait pas néanmoins être bien consi* durable, puisqu’on ne voulait pas consacrer plus de cinq cent mille crusades à son armement. Ce projet 11e s’effectua jamais ; et l'explorateur de la Nouvelle-Hollande mourut à Madrid, à peu près ignoré, sans que les auteurs qui nous ont transmis ces faibles renseignements nous disent l’époque précise de sa mort. Pedro Fernandez de Queiros ne s’est pas éteint sans laisser une relation détaillée de ses découvertes. Il serait bien vivement à désirer que quelque savant de la Péninsule, héritier du zèle de Navarrète , publiât le manuscrit portugais , qui contient , dit-on, le détail de sa vie et de ses voyages. Pcreira Solorzano affirme que le (Ils du grand navigateur, don Francisco Queiros, lui avait communiqué cet ouvrage ; il contient trois relations, et fixe la date de l’expédition qui fit connaître définitivementles terres australes, à l’année 1C05 (*).

Page 1