‹ Portugal par m. Ferdinand DenisChapitre 59 sur 86 · LE COU BONNEMENT. — ARRIVÉE DE · texte numérisé non relu

LE COU BONNEMENT. — ARRIVÉE DE

I v bei ne. — Ériceira nous a conservé avec soin tous les détails du couronnement de Joao IV, qui eut lieu le 15 décembre. Les faits ne sont pas ici sans importance, parce que, durant cette solennité magnifique, improvisée pour ainsi dire , tous les vassaux de la couronne montrèrentqu’ilsse ralliaient a la monarchie, et qu'ils acceptaient les risques qu’entraînait leur adhésion.

Les acteurs les plus zélés de ce drame politique ne furent pas les plus richement récompensés. C’est une preuve bien évidente de leur amour patriotique et il est bon de le faire remarquer : Joao Pinto Ribeiro, par exemple, ne figura point à la cérémonie du couronnement, paré d'un titre honorifique, et ce fut un peu plus tard que le rang modeste de garde général des archives, dont il se contenta toute sa vie, vint rappeler son zèle et rémunérer scs talents (*).

(*) Il parait qif après le grand événement qui le rendit célèbre, Pinto alla en mission h Rome pour y défendre les Intérêts de la maison de Bragance* auprès d’innocent X : fidèle à son système, il n’occupa point en cette circonstance un rang trop ostensible , mais il servit ainsi probablement d’une manière beaucoup plus efficace les intérêts du pays :oeci explique, du reste, a merveille pourquoi l’ouvrage si peu connu ou il raconte la mémorable tournée fut écrit en italien. Pinto Ribeiro, Pun des Jurisconsultes les plus habiles sortis de l’université de Coimbre, avait toujours occupé de fort graves emplois dans la magistrature. Pinhel et Ponte de Lima Pavaient eu tour à tour pour juiz de Fora, et il s’etait fait remarquer dans son administration par de vastes connaissances et pur un rare desintéressement. Faute de dates précises, nous ignorons si ce fut après son voyage d’Italie qu’il fut nommé désembargador du palais, gentilhomme de la maison du roi, puis contador mor ou grand trésorier; on le voit enfin garde general de t urchivet. Une lettre curieuse écrite par lui , et qui nous a été transmise par l'Académie des sciences de Lisbonne, nous prouve que cette retraite honorable, qu’un nomme politique plus ambitieux eut pu fort bian dédaigner, lui laissait des loisirs dont il connaissait tout le prix et qu'il savait utiliser. Pinto fiit marié avec dona Maria de Fonseca. dont

II n'eut jamais d'enfants. U mourut à Lisbonne le 1 1 août 1019, c'est-à-dire bien peu d’années apres la glorieuse révolution dont il avait été le mobile principal. Selon Barbota, on l'enterra dans le cloître ae l'église du couvent de Sara-

Dona Francisco de Guzman n’assistait pas elle-même à cette imposante cérémonie; à la fête de Noël qui suivit le couronnement , don Joao se rendit près d’elle à Aldea Galhega, et il la ramena dans Lisbonne avec l’infant don Theodosio, qui allait être reconnu comme héritier de la couronne. Avec le tact qui la distinguait, elle désigna immédiatement les dames qui devaient faire partie de sa cour, et elle chargea de l’éducation du jeune prince une femme qui avait donné des preuves publiques de son amour pour l’indépendance. Dona Marianna deAlancastrc mit tous ses soins, en effet, à cultiver cette jeune intelligence, sur laquelle reposaient désormais les destinées du Portugal ; et si la mort ne l’eût pas enlevée en sa fleur, comme disent les

Francisco à Lisbonne, près de la porte du réfectoire. Tous les écrivains contemporains vantent son instruction solide et sa prudence, mais Il nous a semblé que le comte d'Erireira le laissait quelque peu au second plan, Giuseppe di Santa-Theresa insiste sur sa finesse, dans l’acception que nous donnons à ce root, et l’appelle huomo di fin ûsima intelligenza. Certainement Pinto mérita celte qualification par la rare habileté qu'il déploya dans les affaires auxquelles il se trouva mêlé. Mais l'histoire, complice du drame, en a fait chez nous une sorte d’aventurier politique se mêlant à la conspiration de 1540, comme il se fût mêlé à toute autre écbauffourée. Il nous a semblé u’il était convenable de restituer à cet homme 'un si haut caractère et d’un si noble désintéressement quelque peu de la gravité dont on l'a si promptement dépouillé. Ce qu’on ignore généralement, c'est que Pinto est auteur de. plusieurs ouvrages fort sérieux. Nous n’indiquerons pas meme ici leurs titres, parce que cette liste bibliographique serait un peu étendue; maison a pu juger de l'écrivain par quelques fragments déjà cités. La plupart de ses livres sont restés manuscrits; il serait fort à désirer qu'on publiât celui ou il examinait s’il est utile et Juste d’exiler du royaume de Portugal les chrétiens nouveaux convaincus de judaïsme par le tribunal du saint office, etc. Pinlo est auteur d’un commentaire des poésies diverses de Camoens, et Barliosa nous apprend que cet ouvrage était prêt a être imprimé : ce précieux volume a été détruit, en partie du moins, par un accident. L’éloge que Pinto a consacré à Joào de Castro fut d’abord uhllé eu 1542, puis réimprimé avec de notnreuses corrections en 1773. Je ne puis rien dire Ici du mérite littéraire de cet opuscule, mais II est Intéressant de voir un homme tel que Pinlo prendre pour sujet de son panégyrique le capitaine le plus brave et surtout le plus intègre du seizième siècle; il pensait sans cloute, comme le vieil Almeida Freyre, que la renommée des choses passées conserve les choses présentes.

Portugais, non-seulement biendes scandales eussent été évités au pays , mais un roi émineut de plus eût été inscrit dans ses annales (*).

LA NOUVELLE DE L'INSURRECTION ARRIVE A MADRID. — LE MOT DU COMTE-DUC. — DEFI DU DUC DE ME- DINA SI DON IA. — AMBASSADE EX- PÉDIÉE EN FRANCE PAR JOAO IV.

— La nouvelle du grand événement qui rendait la couronne du Portugal à un descendant direct du mestre d'Aviz, parvint vaguement à Madrid au bout de peu de jours. Le corrégidor de Badajoz avait vu des feux s'allumer de tous côtés sur la frontière, et comme il en avait conclu fort raisonnablement, à ce qu’il semble, qu’une révolution quelconque devait avoir éclaté en Portugal , il s’était empressé de faire part de ses conjectures à la cour. Le comteduc s'était bien irrité de ce qu’un magistrat se permettait de troubler sou repos par de semblables nouvelles, mais il n'y avait pas cru (**}. Il fallut enfin se rendre à l’évidence, lorsque, trois heures après, un courrier apporta lesdétails circonstanciés de l'éveneinent. Cette dépêche, qui ue laissait plus de doute, aigrit d’autant plus ülivarez , qu’il était entrain, à ce que l’on prétend, de signer certains ordres, qu’un véritable homme d’État eût expédiés depuis trois mois : il devait se sentir bien coupable, en effet, si, comme l'affirme une relation manuscrite de la Bibliothèque royale, le château de Lisbonne lui- même était complètement dépouvu de vivres et d’approvisionnements. Tous les historiens racontent que le favori déguisa son chagrin ; mais il y en a un qui va plus loin et qui prétend que son visage exprimait

(*) On peut voir dans BarbovaMachadu l'article consacré a ce Jeune prince, morl a ilixneuf ans, le 15 mal 1053. Il a écrit des ouvrages poluitjues en latin, et ce qu’il y a de plus étrange, il tes avait adressés a la reine Christine. Le 25 juin I ovi on lui avait déféré le commandement général des armées du royaume.

(•*) Yelozo de Lyraécritace propos quetijups lignes originales et qui rappellent involontairement un mol bienconnu de M- deTalleyr.ind; après avoir parle du magistrat zélé de Badgjnx, il ajoute : -, Ou dit que pour étreintes le eointe favori avait promis de raccrochera trois pieux, ou tout au moins de l’envoyer aux gslerrs, afin de lui apprendre a conter ce dont il n’etail point sur. s Yoy. £spclhn de Lusitanos cm o ciulol do ptulmo quarenta c ïrrj, p. 71.

l’allégresse, lorsqu’il se présenta devant le roi pour lui dire « qu'uu des gouvernements de son royaume était à donner, et non un des moindres, le duc de Bragance s’étant joint aux mécontents de Portugal qui lui offraient la couronne. « Quelque insouciant que l’on puisse croire Philippe IV, homme d’esprit d’ailleurs, comme l’attestent ses œuvres littéraires, il est difficile de croire qu’il aitaccepté cette nouvelle avec l’indiffereqce que lui supposent certains auteurs. Veloso de Lyra prétend , au contraire, qu’il montra du trouble et qu’il demanda au ministre s’il était certamque le duc eût accepté. » I-a nouvelle se répandit si vite par la ville, continue le même historien, qu’il fallut bien y croire quelque peu (et malgré qu’on en eût); sur certains points néanmoins, la malignité trouvait à mordre, et l’on nesaurait croire quelles myriades de mensonges et de mensonges inouïs se débitèrent à cette occasion ; les Jidalgos qui étaient sur les lieux ne manquèrent pas d’aller consoler le roi; d’autres, Portugais de nom seulement, et qu’on désigne ici, je crois, sous le nom û’ .i s sent Ut a s (les financiers, les fournisseurs), allèrent en cette circonstance offrir au monarque leur bien et leur coopération. C’était raison, car ils avaient perdu leur lopin, et plus encore l’honneur que le prolit. »

La jeunesse portugaise, uu’on envoyait aux écoles et principalement à celle de Salamanque, afin de la faire participer plus tard aux grâces de la cour, la jeunesse se sentit saisie d’une sorte d'ivresse, si bien qu’en moins de trois jours plus de quatre cents étudiants partirent à pied pour Lisbonne.

« Ils étaient de ceux, ajoute Velozo de Lyra , qui peu de jours auparavant laissaient comprendre à la Castille ce qu'étaient ses forces réelles : » c’était l'élite de la nation portugaise allant soutenir une indépendance que l’on avait conquise sans elle.

Plus que tous les autres seigneurs de la cour, le duc de Médina Sidonia sc crut alors compromis par ses relations de parenté avec la maison de Bragance, et dans ses terrouis de courtisan, il renouvela fort ridiculement (car on était en plein dix-septième siècle) un de ces

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grands actes solennels du moyen tige qu’on ne pouvait plus qualifier : il appela le duc son beau-frere en champ clos pour qu’il eût à répondre de sa félonie à la face de l’Europe; mais ce qu’il parvint seulement à prouver, c’est que les formes autrefois grandioses de la féodalité avaient perdu tout leur prestige; plus tard quelques actes non moins innocents mirent à l’abri de tout soupçon ce timide descendant des plus hardis chevaliers de l’Espagne (*).

Pendant que le cabinet de Madrid projetait certaines dispositions pour faire rentrer dans le devoir ceux qu’il appelait encore des rebelles, le cabinet de Lisbonne se constituait et procla mait à la face du monde son indépendance, en ne négligeant d'ailleurs rien de ce qui pouvait assurer la defense des frontières. Faute d’avoir su consulter les innombrables documents enfouis dans certaines archives , on n'a pu jusqu'à ce jour se faire qu’une idée fort erronée et fort imparfaite de la politique habile et persévérante de Joào IV durant les premières années de son règne. C'est dans le livre publié récemment par un membre de l’Académie des sciences, dans le Tableau élémentaire des relations diplomatiques du Portugal avec les puissances étrangères, qu’on peut seulement étudier cette période, et nous renvoyons naturellement à ce recueil ceux qui tiendraient à constater l'exactitude de notre assertion. Nous nous contenterons de mentionner quelques faits principaux.

Dès le premier jour de l'acclamation, une puissance du second ordre, la Suède, donna hautement son assentiment à la conduite de don JoSo IV; c’était déjà un utile précédent.

Il importait surtout au Portugal de se concilier l’appui ou du moins l’amitié de trois puissances en Europe : la France, les Étals du pape et la Llollande. L’attitude de la France ne pouvait être douteuse, et Richelieu devait néccssai-

f*) Le texte de ce défi curieux, devenu rarissime dans presque toutes les grandea collections , existe a Paris : il fait partie de* documents rassemblés par Denis Godefroy que Pon conserve f» la Bibliothèque de i’fnslitut. Godefroy avait songé un Instant h écrire l’histoire de 'Portugal.

rement accueillir ceux qu’il avait excités. Il était bon d’ailleurs de mettre à profit la puissante diversion qu’offrait le soulèvement de la Catalogne. Après avoir dépéché vers cette province un émissaire habile, Joào IV envoya vers Louis XIII (*) deux hommes d’une haute capacité : Francisco de Mello, grand veneur du royaume, et le docteur Antonio Coelho de Carvalho. Leurs instructions consistaient surtout à établir entre les deux royaumes une confédération dans laquelle serait comprise la Hollande, et dont les résultats devaient être une augmentation de territoire pour la monarchie française. Cette ambassade fut accueillie d’une manière toute solennelle.

Le roi d’Espagne avait été assez puissant pour obtenir que le Portugal fût frappé d’excommunication. Une seconde ambassade fut expédiée pour obvier aux graves inconvénients que pouvait amener dans un État catholique une telle détermination, et ce fut l’évêque de Lamego qui fut chargé d’aller traiter celte affaire épineuse : mais il faillit être assassiné dans Rome même, et la ville sainte vit avec effroi les sanglants effortsd’un ambassadeur castillan, oubliant le génie chevaleresque de sa nation et cherchant dans un guet-apens une solution diplomatique trop tardive selon lui (**).

Enfin, comme il était question à cette époque d’une paix générale, dout les bases devaient être posées au congrès de Munster, Joâo IV nomma pour le représenter devant cette assemblée mémorable, d’abord comme son plénipotentiaire, Luiz Pereira de Castro, qui reçut ses instructions vers la fin d avril 1043; puis Ruv Botelhode Moraes et Francisco de Souza Coutiuho, qui se rendirent à la diète au mois de mai de la même année et qui v furent joints par Francisco d’Anarade Leitào, homme ferme et habile.

(*) Le SI Janvier IMI. Voy. le Quairo elcm'-nlar, t. fv. Introduction, "p. 13»

(**) Ce fut le marquis de loa Vallès qui organisa cette scandaleuse attaque dont on peut Tire tout le détail dans le Portugal retlaurndu , t. I p. ISI: dix ou douze personne» périrent durant celle échaulTouréf, ou l'évéque de Lamego se lira d'affaire grilce A l'ambassadeur do France.

ogle

L'action de ces diplomates sur la diète, les luttes qu’ils eurent à supportercontre l'Espagne, l'habileté dont ils durent faire preuve pour écarter l'influence du saint-siège et jusqu'à celle de la république de Venise, tous ces faits négligés n'ont pas assez occupé, les historiens et forment un des tableaux les plus curieux de la politique du dix-septième siècle. L’Espagne voulait avant tout que l'on exclût les ambassadeurs portugais delà diète, et peu s'en fallut que la restauration portugaise ne fit naufrage alors; c’est une circonstance de l'histoire de cette période, qui semble avoir échappé à l’écrivain le plus éclairé du temps et sur laquelle même il passe si légèrement,qu’il semble n'en |>oirit saisir l’importance : les limitesde cette notice nous forcent a abréger ces considérations et à rentrer dans la Péninsule , où les résistances immédiates de l'Espagne appellent notre attention. Nous dirons auparavant quelques mots de l’effet produit

Iiar la révolution sur les possessions ointaines du Portugal.

ACCLAMATION DK JOAO IV DANS LES COLONIES. — JOIE CAUSEE PAS LA NOUVELLE DK L’iNDKPENDANCK.

— S'il y a dans cette mémorable révolution quelque chose de plus extraordinaire peut-être que la rapidité avec laquelle elle s’accomplit , ce fut la promptitude merveilleuse des adhésions lointaines et la pacification des colonies. On ne dit rien ici des villes du littoral de la Barbarie; à l'exception de Ccuta, elles reconnurent avec joie le nouvel ordre de choses. Madère fit éclater son enthousiasme et força immédiatement la garnison castillane à s’embaruer pour Ténériffe. Grâce à l'habileté ’un agent de Joâo IV, les Açores reconnurent la domination du Portugal sans grande effusion de sang; la même habileté, un secret aussi efficace présida à la proclamation de don Jo3o IV dans les États du Brésil. Mascarenhas , le gouverneur deSan-Salvador, intercepta toutes communications entre la flotte stationnaire et l'embarcation qui lui apportait la nouvelle, puis faisant mettre en bataille les troupes portugaises qui occupaient la capitale du Brésil , il fit reconnaître le duc de

Bragnnce comme souverain de ces v otes contrées , dont la Hollande occupait alors les plus riches provinces. Dans les Élats d’Afrique des trésors considérables étaient accumulés, ilsfnrent confisqués au profit de la nouvelle dynastie.

A Macao, non-seulement les négociants portugais célébrèrent cet heureux événement par des fêtes dont la magnificence prodigieuse, retentit dans tout l'Orient, mais tin cadeau de deux cents canons en bronze accompagna leur adhésion, etils voulurentqu’utie somme considérable fût offerleau nouveau monarque, comme preuve d'un dévouement que la distance n'affaiblissait point. Partout des marques de joie saluaient le pavillon national; nulle part néanmoins la nouvelle ne parvint d’une manière plus étrange et plus inattendue à la fois que dans la riche cité de Goa. Le capitaine Pedro du Liz s'était chargé de faire connaître aux Indes orientales l’élection du duc de Bragance; le vent et la mousson favorisèrent son voyage; en quatre mois il eut franchi la distance et put voir la Barre de Goa. Mais on n’était plus au temps où le pavillon du Portugal flottait librement dans ces mers : le brave commandant craignait les forces delà Hollande , il débarqua son fils à Pangv et le chargea de ses lettres pour le viceroi : le jeune Christovam du Liz s’avança alors , et entra résolûment dans la première église qu’il rencontra : c’était cette chapelle de la Conception que l’on considérait comme le premier édifice religieux qui eût été bâti dans la ville : on y prêchait alors et l’affluence était grande. Lejeunemarin monta sur un escabeau et la, en présence île la foule étonnée, proclama don JoSo de Bragance souverain des Indes. Descris de joie lui répondirent, on l’entoura, et l'adhésion lu plus sincère lui prouva qu’une même pensée d’indépendance unissait Lisbonne et Goa. Le plus important de sa mission néanmoins lui reste à accomplir : en quelques instants il est dans la capitale des Indes, les lettres de JoSo IV sont ouvertes et le comte d’Aveyras proclame lui-même la dynastie nouvelle que ses voeux ont tant de fois appelée.

Pendant que des députations parties

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des régions les plus lointaines se dirigeaient vers Lisbonne pour exprimer la joie sincère que ressentaient les colonies, des coeurs sans loyauté, des hommes de parti méditaient au cœur du royaume une conspiration qui devait renverser la maison de Braganee et faire rentrer sous le joug de l’Espagne ce royaume rebelle qu’il fallait rigoureusement châtier. Cet archevêque de Braga, qui avait pris avec tant de véhémence le parti de la vice-reine dans la journée du 1" décembre, ce prélat fougueux qu’on avait appelé un moment au gouvernement provisoire et qui n'avait passé aux alfaircs ue pour en connaître les secrets , on Sebastiâo de Mattos, allait donner à son pays un spectacle qui irrita plus encore l’esprit patriotique du peuple qu'il n’indigna le nouveau roi.

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