HO
UN MOT SUR LISBONNE. — Si Ton a cherché, dans ce livre, à restituer à la ville du moyen âge son- véritable caractère; s’il a paru intéressant pour l’histoire de réédifier par la pensée une cité que d'effroyables commotions bouleversèrent de fond en comble il va près d’unsiè cle. il n’en saurait être de même ici de Lisbonne telle que l’ont faite les plans de Pombal , et telle qu’elle s’offre au voyageur. La capitale du Portugal est maint nant une des plus belles villes de l’Europe; mais c’est aussi l’une des plus connues : nous serons bref, et nous renverrons aux touristes sans nombre qui l'ont décrite, ceux qui voudraient certains détails dont nous nous abstiendrons à dessein.
Grâce à une inscription romaine , trouvée à Lisbonne même en 1749, on a aujourd’hui la certitude que cette cité portait le nom d’Ulyssipo, avant d’adopter celui de Félicitas Julia , qui la désignait, sous le règne de L)omitien , alors qu'on la voyait jouir des droits de municipe romain. Nous avons déjà fait voir combien son antique dénomination se modilia; nous ne reviendrons pas sur ce point, et nous rappellerons seulement aux archéologues de la vieille école, qui veulent trouver dans cette dénomination une preuve d’antiquité antéhomérique, ce que disait avec tant de sens le docte Chistophe Cellarius ( * ).
Lisbonne, telle que l’ont faite les nouveaux plans, est une cité de près de deux lieues de longueur, affectant une disposition à peu près demi circulaire, et ne pouvant plus revendiquer le titre de ville aux sept Collines , comme elle le faisait jadis, par l’excellente raison qu’elle compte déjà un plus grand nombre d’éminences dans son enceinte fort indéterminée ( ** ).
On a peint mille fois l’aspect si pittoresque de Lisbonne : nous nous garde-
(*) Nugte sunt qu<r de Vlysse conditore adferuntur. Voyez a ce sojet lés intéressants articles du Panorama, L’écrivain judicieux <pie nous citons rappelle que l’on a fait venir l’antique dénominal ion citée plus haut, des mots phéniciens : Alis ubo , qui signifieraient j une rade agréable aux regards.
('•) Parmi ces collines, la plus élevée est celle qu’on désigne sous le nom de O Monte do Cas ttllo; elle a 347 pieds de France , selon les calculs de Franziui.
rons bien d’ajouter à ces descriptions.
Quelques mots, cependant, pleins de concision et de charme , échappés à une plume toute poétique, en diront plus sur cette belle cité que la plupart des voyageurs. Après avoir décrit le magnifique panorama que présente cet amphithéâtre, l’auteur du recueil intitulé Au bord du l'age s'exprime ainsi : « Les constructions de Lisbonne ont une blancheur qui n’est altérée que bien rarement par la fumée. Ses palais, aux murs éclatants, reflètent, comme d’ardents miroirs, la splendeur de son beau ciel; ses terrasses, ses belvédères semblent suspendus entre des touffes de lauriers, de buis gigantesques, d’autres arbres à la vive verdure; ses parcs sont embellis de pomars : c’est un nom qu’on donne aux plantations d’orangers et de citronniers , arbres charmants qu’on dispose souvent eu espaliers. Quelques palais sont en partie revêtus, à l’extérieur, de terre cuite blanche et bleue. » Tout en convenant que le goût réprouve quelquefois les ornements «le ces azulejos , ils plaisent, dit l’auteur, par leur nouveauté.
Cette capitale est divisée aujourd’hui en six districts , qui portent les noms suivants : Affama, Mauraria, lioao , Bairro-Alto , Sauta- Catharina et lielem.
Le dernier géographe dont les calculs puissent offrir quelque sécurité, Urcullu, contient, à propos decette grande cité, quelques chiffres que nous reproduirons ici: Lisbonne, dit-il, renferme 3.> 1 rues principales, 215 petites rues Vaversières,56 chaussées, 1 19 impasses, 12 grandes p aces, 48 placesd’une moindre étendue. On y compte 34 fontaines et plus de 2,000 réverbères.
Les tables qui accompagnent la loi du 8 octobre 1836 font monter la population de celte capitale à 220,000 âmes, calculées sur 46.520 feux. Mais, après de nouvelles enquêtes plus dignes de conliance, et en suivant les mêmes bases, M. J. Urcullu dit qu’on peut évaluer la population totale à 265,000 âmes : il faut bien le dire, cependant, ces calculs ne sont qu’approximatifs; ils ne se fondent, jusqu’en 1840, sur aucun recensement officiel. Tout le monde n’admet point l’accroissement que nous signalons depuis 1821 , époque à la-
L’UNIVERS
quelle écrivait Balbi. Un écrivain bien informé, dont nous avons le savant travail sous les yeux, M. César Famin, admet comme probable le chiffre de 500,000 âmes; mais cet écrivain remarque avec raison , « qu’il semble résulter «es tableaux comparés des principaux objets de la consommation de Lisbonne a diverses époques que la population est tout au plus stationnaire. » Selon la remarque judicieuse du même auteur, elle n’a pu augmenter après des événements tels que l’émancipation du Brésil, la guerre civile, l’émigration qui en a été la conséquence, le choléra, morbus, le renversement des anciennes fortunes et d’autres circontances encore qui ont dd avoir des causes identiques.
En 1841, on comptait à Lisbonne environ 22,000 etrangers; savoir : 18,000 Espagnols(4), 1 ,200 Français, 1 ,000 Anglais et 1,800 individus appartenant à diverses nations, tels que Brésiliens, Allemands, Italiens, etc.
Lisbonne est située à peu de chose près sous le même degré de latitude que Messine et que Villa-da-Praia da Victoria dans file de Tercère (**). Cette population nombreuse, et qui s’accroîtra sans doute encore , trouve donc dans la douceur du climat et dans la constance des saisons un dédommagement à quelques journées de chaleur vraiment tropicales. La température moyenne de Lisbonne est évaluée , par Franzini, à 16° 5 centigr. (presque 60° de Fahrenheit ou 13° 5 de Réaumur). Le vent du nord domine dans l’été et tourne fréquemment au nord-ouest. L’hiver est
(♦) Personne n’ignore que celle population os-
Iiagnole se compose presque entièrement de Gaicicns, Gallegos. Rien de plus arbitraire que ce qui a clé dit Jusqu'à ce Jour sur son chiffre réel, puisque les calculs varient de rto.noo à 40,000 umes. «« Toutefois il résulte «l’un relevé, fait récemment avec beaucoup de soin, que leur nombre est de 18,000 à Lisbonne seulement. » l-A'sav Famin; ms. cilé.) Tons ceux qui ont lu tes descriptions qu’on a données de celte capitale savent que les Gallegos n’onl guère d'autres professions «|ue celles de poricurs d’eau ( arjoadtiros \ commissionnaires et colporteurs : ils étaient jadis renommés pour leur probité sévère. « La longue anarchie et la guerre civile qui ont désolé l’Espagne paraissent avoir influé très- fâcheusement sur les mœurs et sur le caractère de ces montagnards. Grâce a des gains strictement économisés, la seule ville de Lisbonne p«ye annuellement a la Galice deux millions de frrucs. »>
(**jPat les 38* « de lat elles Pu’43' de long.
en général si peu rigoureux , que l'on signale les années où il a tombé de la neige : 1815, 1829, 1836 furent dans ce cas. Les saisons ont une fixité que l’on ne connaît pas ici; et, dès la seconde semaine de février , on voit, en général, fleurir les abricotiers, les pêchers et les cerisiers. i
L’hygiène publique a fait des progrès incontestables à Lisbonne, quoiqu’elle laisse encore à désirer. On cite déjà une amélioration sensible dans le nettoyage des rues et dans les précautions que réclame la salubrité intérieure. Cette amélioration est surtout remarquable dans certains quartiers de la ville basse. Le pavage est mal entretenu ; et , selon les documents que nous avons sous les yeux, les tentatives fuites, il y a quatre ans, par un Français, pour introduire dans cette capitale l’usage de l’asphalte , auraient été sans résultats. La dépense totale pour l’éclairage , le pavage et le nettoiement des rues , dit M. Famin , est annuellement de 750,000 fr.
Les ressources que présente l’alimentation à Lisbonne sont quelquefois assez restreintes, surtout en ce qui touche le peuple. La mer , cependant, fournit en abondance des poissons délicats, et principalement des sardines, dont la population d’un rang inférieur fait sa nourriture principale. Il y a, à ce propos, un fait notable qui a été constaté dernièrement. k L’habitant de Lisbonne ne consomme qu’environ 36 grammes de pain, tandis que les tableaux dressés dans la capitale de la France démontrcntque le Parisien en consomme 48 (*). Quant à la viande, on calcule que l'habitant de Lisbonne en consomme annuellement 24 ou 26 kilogrammes : ce chiffre dépasse 62 kilogrammes par tête pour le peuple parisien. »
Il sc fait dans la capitale du Portugal une grande consommation de morue ; la quantité qu'on en exporte annuellement
(*) On fait dans le Portugal un grand usago du mais : il est moindre a Lisbonne que dans les campagnes. Nous donnons ici, d’après I«>s noies de M. Famin . le tableau «les céréales qui ont été consommées dans la capitale durant Pannée 1830 :
Blé 4I7,2o4 hectol.
Orge 43 ,370
Mais 30,600
Seigle 0 ,292
à Lisbonne est de 80 à 90,000 quintaux , représentant une valeur d’euviron deux millions de francs.
Bien que le vin forme la plus riche et la plus féconde branche de l’industrie portugaise, il est pourtant passablement cher ; ce qui tient à la fois au défaut de communications, au prix élevé de la main-d’œuvre et à l’état imparfait de l’agriculture. Le vin ordinaire de Lisbonne se vend en ville de 40 à 50 centimes la bouteille. Le vin de Porto et celui des Açores coûtent de 1 à 3 fr. Aussi , l’habitant de Paris boit-il dans une année 112 a 113 litres de vin , tandis que celui de Lisbonne en boit à peine 45 litres.
Ajoutons, continue l’écrivain qui nous fournit ces détails, que l’usage du thé est très-répandu ici, meme parmi les classes pauvres. Bien desdomestiques, par exemple, stipulent avant d’entrer dans une maison qu’on leur donnera du thé au moins une fois par jour.
NAVIGATION ET COMMERCE DU l’ORT DE LISBONNE EN 1839. — Il y 3 toujours en station , dans le port de Lisbonne, environ 100 navires de commerce, dont 30 portugais , 30 anglais et 40 de diverses nations; la navigation de ce port, durant l’année 1839, a offert pour résultat à l’entrée 1892 navires, jaugeant ensemble 160,545 tonneaux.
Sur ce chiffre, il y avait 310 navires anglais, jaugeant 35,270 ton.; 273 portugais qui en présentaient 32,057, et seulement 17 français, donnant un total de 1,814 tonneaux’:
Le commerce maritime, durant la même année, a présenté les chiffres suivants :
Importations. ... fr. 59,062,503
i Exportations .... fr. 12,767,683
Total du mouvement
général fr. 71,830,186
Les importations ont surpassé les exportations de 46, 294, 820 fr., et c’est leur proportion habituelle, qui est à peu près, comme 100:22.
Nous occupons le cinquième rang sur la liste des nations qui fout, avec les Portugais, des échanges commerciaux.
Nos importations on. été) e|isemble>
de
IN os exportât, ex ’édant des importations 2,210,763 f.
jVotre plus forte importation com-
. fr. 3,469,699 } . r« * at.de 1, 258,930 4,728,635
prend, sous le titre collectif de fabrications diverses , les produits de l'industrie parisienne , les cristaux, la quincaillerie de luxe, la parfumerie, etc., formant ensemble fr. 1,423,450 (*).
Les tissusdecoton figurent. en seconde ligne, pour lasomme de fr. 540,408, et les métaux ouvrés pour celle de fr.323,900.
Les soieries, qui, en l’année 1838, étaient portées sur le tableau pour 910,000 fr., ne figurent plus, en 1839, que pour 180,000 ; il faut donner nécessairement l’explication de cette énorme différence.
En premier lieu, les importations de 1837 avaient dépassé le terme moyen des années précédentes par la raison qu’il en avait été fait un grand approvisionnement avant la mise en vigueur du nouveau tarif.
En second lieu , I exagération des droits de douane sur cette branche de nos importations a dû diminuer considérablement la quantité de soieries apportées par le commerce avoué, et augmenter, à peu près, dans la même proportion , celle des soieries introduites clandestinement.
En effet, le chiffre de 230,000 fr. , affecté aux soieries venues d’Angleterre, comprend certainement une assez forte partie de tissus français; car, depuis le nouveau tarif et l'élévation des droits, le commerce paraît tenir moins à l’augmentation du fret, et il fait venir des soieries de France par la voie des paquebots anglais, et en les faisant transiter à Londres : de cette manière, les objets de mode arrivent encore dans leur primeur.
modes et costumes. — Les classes aisées suivent les modes françaises et s’habillent avec des étoffes anglaises.
Dans le peuple, les femmes ont une manière de se vêtir uniforme et simple. Elles portent toutes la cape et le lenç.o. Une dame touriste, douée d’un talent
(*) Il est bon de faire remarquer quYn 1710 nos importations en Portugal ne s’élevaient pas au -delà de 743, uou liv. Nous recevions, a la même époque, pour 343,000 liv. de denrées diverses. Au temps ou fut rédigé le voyage qu'on a si injustement attribué au duc du Châtelet, c'est-à-dire vers 17*7, nous avions importé en Portugal pour la somme de prés de 4 ,ooO ,000 et reçu près de i0,b00,U00 fr. de ses marchandises. Voy. *2* édit. t. I, |*. *241.
L’UNIVERS
d’observation fort réel, vante les avantagesdece manteaubrun, qui fut jadis porté par les femmes de la haute classe et qui conserve à Lisbonne l’avantage d’offrir encore une sorte de costume national. « Quand on est accoutumé à sa sombre nuance, dit mademoiselle P. de F*** en parlant de la cupa, on trouve que le manteau portugais a de la grâce et de la diguité, que ses larges plis tombent avec noblesse. »
« Toute personne qui porte la capa porte aussi le lenço ; l’un ne va pas sans l’autre. Le leiiço est un mouchoir de linon blanc très-clairet très-gommé, aveclequel les Portugaises savent se faire une charmante coiffure. Qu’on se représente une abondante chevelure, le plus souvent d’un noir brillant comme une rivière de jais, quelquefois d’une nuance plus claire, mais toujours (excepté chez les plus misérables ) soignée et ramenée artistement autour de la tète.
Au-dessus de ces nombreuses tresses, un peigne avec un bord élevé comme un diadème, et sur cette espèce de couronne un mouchoir de claire mousseline d'une blancheur éclatante, posé légèrement d’une façon tout aérienne, ne cachant pas aux regards une seule boucle de cheveux et mettant cependant le front et les cheveux à l’abri du soleil , comme la
fiasse d’un chapeau, mais infiniment plus éger, plus gracieux , plus coquet : ,les deux bouts de ce mouchoir sont réunis sous le menton et attachés par une épingle en or. Avec cette coiffure, presque toutes les femmes semblent jolies (*). » Dans les notes précieuses qu’il a réunies, l’écrivain que nous avons déjà cité fait observer que les Portugaises mettent une singulière coquetterie en ce qui touche leur chaussure; aussi, depuis quelques années, le nombre des cordonniers pour femmes s’est-il si étrangement répandu à Lisbonne, que non seulement les importations de l’étranger y sont devenues superflues, mais que la ville fournit assez de cordonnerie pour une partie du Portugal. Nous n’ajouterons plus qu’un mot à propos du costume, c est que les ligures reproduites par K insey donneront sur les modes de Lisbonne et de la province tous les éclaircissements dé-
(•) Silhouettes portugaises y pubi. dans la Réforme CU 1843.
sirables , sans en excepter ce qui regarde les anciens ordres religieux.
coup d'œil general sur les provinces DU PORTUGAL. — DESCRIPTION RAPIDE DES VILLES PRINCIPALES Si
nous nous conformions à l'ordre du tableau administratif, ce serait par la province du Minho qu’il faudrait commencer cet exposé général. Nous ferons comme l’auteur qui nous sert ici de guide, nous adopterons la circonscription admise par l'usage , et décrirons d'abord l’Kstramadure, dont Lisbonne est la car pitale. Cette province se trouve séparée de la Beira par deux fleuves, le Mondego et le Zezere; c’est la plus occidentale de toutes celles dont se compose l'ensemble du royaume. On n’v souffre ni des chaleurs excessives de l'Alem-Tejo, ni des froids piquants que l'on ressent parfois dans le pays de Beira. Nous ne dirons rien ici du Tage, qui porte la fertilité dans cette province, mais nous rappellerons que le Zezere est navigable durant dix ou douze lieues jusq »’a l'embouchure que l’on remarque devant Setuval. L’Estramadnre est une des provinces les plus fertiles du Portugal ; on y récolte du froment, du maïs, de l’orge, de l'huile, de la cire et du miel renommé par sa pureté; les vins y sont excellents, et l’on distingue parmi eux le Iluce/us et le Ca rca vélos. Ce dernier, trop peu connu en France, conserve une célébrité locale qui le rend l’égal des crus les plus fameux. Casado Ciraldez fait remarquer qu’il y a une telle abondance et une telle variété de poisson dans ces parages, qu’on a pu en compter jusqu’à cent espèces sur les marchés de Lisbonne. Maintenant, s’il faut mentionner rapidement les villes principales de la province, nous rappelerons Torres-Vedras , qui renferme environ 7,000 habitants et qui a acquis parmi nous une funeste célébrité; Obidos, où sont encore des restes d’aqueduc; Caldas da Rainha, que ses bains sulfureux, préconisés ajuste titre, animent d’une population flottante; Leiria, qui se glorilie d’avoir été jadis la résidence du roi laboureur, et qui montre avec orgueil les ruines de l’antique château où Diniz jetait les fondements d’une prospérité presque fabuleuse.
Leiria , dans sa fertile vallée , non loin
d’un petit fleuve qu'on appelle le Lis , est un évêché peu important sans doute, puisque la ville ne renferme guère plus de 2,300 habitants, mais le souveuir du roi laboureur pareencoreces belles forêts de pins qu’il planta pour l’avenir. Marfiiha-Grande, qui est à trois milles, puise dans cette forêt, créée au moyen âge, le bois nécessaire à sa verrerie; Batailla est une bourgade qui n'a pas onze cents habitants; mais (on monastère, que nous décrirons plus tard, lui donne une célébrité presque européenne. Pombal, trois fois plus |>eup!ee, a des souvenirs encore bien récents , qui ne la rendent pas moins fameuse. Alcnbaça n'est remarquable que par son antique abbaye; car elle ne renferme pas plus de 1,353 habitants; mais ce sera toujours un lieu de pèlerinage pour ceux qui entreprennent le voyage artistique de la péninsule. P.dcrneira, avec ses pêcheries; Sam- Martinbo, qui vit jadis des vaisseaux de haut bord construits dans son port aujourd'hui comblé; Vimeiro, célébré par une bataille qui amena la convention de Cintra; Thomar, l'antique résidence des templiers, et dont la curieuse église renferme, (lit-on, des tableaux plus anciens que ceux même de l’école de Sienne; Ourein, Porto de Môs, ont aussi leurs souvenirs. Nulle d’entre ces bourgades, cependant, ne peut sc comarer, sous ce rapport, à Sautarem, antique cité de 7,862 âmes, située sur la rive droite du Tage, et dont on trouvera la poétique légende dans C/lgiologe portugais. Sautarem est l’aiicieime.Vcalabis , et conserve de curieux vestiges de l’architecture mauresque au moyen âge; le commerce qu’elle fait avec Lisbonne est fort actif. Golegüo, Torres- Novas, Almeirim , l'ancienne résidence des rois de Portugal, qu’une erreur de date fait fonder par JoSo I", tandis ue don Fernand y tient déjà sa cour, alvaterra de Magos et Azambuja,
f inurraient être mentionnés parmi lés ocalites les plus importantes, si Setubal ne se présentait pas avec ses 15,200 habitants. Sétubal n’a point le titre de cite; c’est une simple villa, sur la rive droite du Sado, avec un port d’une entrée difficile ; ses salines et ses fruits multiplient ses relations commerciales :
c'est la place maritime la plus active
après Lisbonne et Porto. Ceztmbra, avec ses 4,300 habitants et son fort antique; Almada, dont la population est un peu plus considérable et qui se trouve situé en face même de Lisbonne (*); Azeitào.ou Villa-Nogueira , Palmrlla, dont la vue est magnifique, Aldea Gal- Icga, la bourgade des marins, située à trois lieues de Lisbonne, puis Moita et Alcaçar do Sal, fameux par ses salines, doivent clore cette liste après que nous aurons nommé Grandola, villa de 2,000 habitants (**).
PROVINCE DE l’alem-tejo. — Cette province est séparée de celle deBeira et del’K.stremadure portugaise par le Tage.
Le Sevêr, la Caia et la Guadiana forment sps limites avec l’Estremaduf i espagnole et l'Andalousie. M. Urcullu lui assigne quarante lieues de longueur, trente-huit a trente-oeuf lieues dans sa largeur la plus considérable.
L’Alem-Tejo est appelé assez communément le grenier du Portugal. I.’Arabiila est, pour ainsi dire, son unique chaîne de montagnes, et des plaines occupent presque toute son étendue.
Les céréales y viennent en abondance, et le géographe que nous avons cite dit que ses excellents vins, que l’on conserve dans des pots vernissés, ne peuvent supporter la mer. Les laines de l'Alem-Tejo sont mises au rang des meilleures que fournisse l’Europe , et l'industrie de ses habitants procure au reste du Portugal des poteries estimées.
Evora est la capitale de l’Alem-Tejo; c’est le siège d'un archevêque, d'un gouverneur civil et militaire; elle a été même souvent la résidence des rois.
Bâtie au milieu d'une plaine fertile en
rains, cette villejouit d'une réelle abon-
ance. Sa population a subi une légère augmentation. En 1822, lialhi la faisait monter à 9,052 habitants, Urcullu lui
i *) On y a construit un hôpital pour les nia rins anglais.
(*• t Nous n’avons pas énuméré ici les centres de population désignés spécialement sous la dénomination d'environs de Lisbonne Cintra, qui esl à la milles, Belein, qui fait partie de la capitale depuis le régne de Joseph, Oeiras, Careavelos.Cascaes, Colares, Mafra, Queluz, Bêlas, Brintica, Lumiar, Loures , Saeavem sont dans re cas; et nous parlerons de quelques-unes de ces localités a propos des monuments.
en reconnaît 9,300. La foire qui se tient à la Saint-Jean, donne momentanément à cette antique cité l’aspect d’une ville commerciale. Nul lieu, en Portugal» ne possède peut-étredcs monuments plus dignes d’intérêt. L’antiquaire par excellence du Portugal, André de Resendc, le prouve dès le seizième siècle, et Fonseca, en publiant son Evora illustrée, indique combien d’hommes éminents en tout genre sont sortis de cette ville pour honorer le pays.
Estremoz , la villa célèbre par ses belles carrières de marbre , par ses alcara zas , que les rois nedédaignaienl pas jadis de faire figurer sur leur table à coté de la vaisselle d’argentO, Estremoz, dont il est si fréquemment parlé dans les chroniques du moyen Age , est aujourd’hui une petite ville renfermant 0,577 habitants ; elle expédie encore ses poteries pour une foule de marchés de la Péninsule. Monte-!\Ior-o-Novo , Redondo , Viana de Alem-Tejo. sont des centres de population, de 2,700 à 1,300 âmes.
Beja , la ville épiscopale, a aussi son château bâti par le roi Diniz, et ses murailles presque circulaires dressent encore orgueilleusement leurs quarante tours; un musée d’antiquités, formé par un prélat d'une haute érudition, indiquait tout ce que son territoire peut fournir de restes précieux à l’archéologue; maison suppose que cette col lection a été t ransportée a Evora. Reja a aujourd'hui 5,284 habitants , et son territoire fournit abondamment aux nécessités de sa population.
Nous citerons ensuite Moura , à l’est de la Guadiana, qui renferme 3,680 âmes; Serpa, qui fait un grand commerce avec l’Espagne; Alcoutini, Vidigueira , que le grand nom de Gaina a rendu célèbre , et enfin Cuba, bourgade de 2,4 10 âmes.
Ourique a un nom fameux dans les fastes du Portugal , mais c’est une villa de 2,400 âmes; elle est bâtie sur une éminence qui domine la plaine, où le fils du comte souverain sut conquérir un royaume. Almodovar, Castro-Verde , ont une population à peu près égale , tandis que Sines , la patrie de Gama, n’a que 1 ,650 habitants. Nous ne dirons rien de Villa-Nova de mil Fontes, de
(•) Lrs ambassadeurs vénitiens le remarquèrent, riu moins au sei/.ieme siècle, a la table de don Sebastien.
Santiago de Caccm, de Messejana et d'Odemira ; néanmoins nous consacrerons quelques lignes à l’antique rcsi dence des ducs de Bragance.
Villa-Viçosa n’a que le titre de villa; mais ses rues sont larges, droites et propres. Au centre, dit Urcullu, on remarque une place fort régulière dent le palais des ducs de Bragance occupe deux côtés. La ville est défendue dans la direction de l’est par un antique château environné de murs, ayant cinq portes et un fossé profond. C'est à huit milles de là que se trouve située la Tapada , parc fermé ayant dix milles de circonférence, il faut ajouter qu’il y a dans ce lieu de plaisance un palais, et que la chasse y est singulièrement abondante. Villa-Viçosa est leehef-lieude l’ordre noble deNossa Senhora da Conceicâo , institué par Joâo VI en l’année 181*8, c’est-à-dire lorsqu’il était encore au Brésil. Borba, Aller do Châo, Arrayolos , Portel, qui possède également un palais habité jadis par les ducs de Bragance, Souzel et .Monforte, ne méritent qu’une mention rapide.
Elvas est une ville épiscopale, ayant un peu plus de 11,300 habitants; les beaux travaux de fortifications qui y ont. été élevés sous les ordres du comte de Lippe lui ont donné une grande célébrité dans toute la Péninsule. On y remarque plusieurs édifices et notamment un aqueduc , dont nous donnons une vue exaeteetquin’apas moins de trois milles de longueur. Bâtie sur la frontièrede l’Espagne. Elvas est la place militaire la plus forte de tout le royaume ; et le commerce qu’elle fait avec Badajoz est considérable.
Campo-Maior, qui se trouve à trois heures et demie du chemin militaire de la ville espagnole et qui renferme 4,618 habitants ; Mourào, dont on remarque le château, sont à peu de distance.
Terena, Ouguela, petite ville perchée sur une montagne, et Barbacena avec ses 814 habitants, figureront pour mémoire dans cette nomenclature.
Portalegre est le siège d’un évêché et compte environ 5,600 âmes de population. On y remarque, ce qui est trop rare en Portugal , une fabrique de drap qui emploie 50 métiers; Arrondies est au confluent de l’Alegrete et du Caya; Castel lo de Vide n’a que le titre dè villa et
renferme cependant presque amant d’habitants que Portalegre. On y tue annuellement de 6 à 7,000 porcs, qui approvisionnent les marchés du royaume. Quel-
3 ues archéologues ont voulu retrouver ansMarvâo Y H erminius minorât s anciens : ce qu’il y a de certain, c’est qu'on y rencontre grand nombre de médailles et d’inscriptions. Niza avec ses 2,160 habitants, Montalvâo, qui montre avec orgueil son beau parc, s’élèvent non loin des frontières d’Espagne;Crato fut jadis célèbre parce que c’était le siège du grand prieur de Malte: c’est une bourgade qui a un peu plus de 1 ,200 habitants Sertâo, qui revendique une bien hauteantiquité, n’en a guère que 2,736. Mais les antiquaires de la province veulent que son fort ait été construit par Sertorius. Aviz porte un de ces noms célèbres qui feraientcroire à une plus grande population, parce qu’on les a entendus retentir durant tout le moyen Age : c’est une villa bâtie sur le Rio- Avizetqui n’a pas 1,500 habitants. L’ordre militaire qui y siégeait à partir de l’année 1211 , se sépara de celui d’Alcantara en 1381 (* ). Les fortifications qu’on remarque dans ce lieu rappellent son origine guerrière, mais la bourgade est bien loin de posséder aujourd’hui lesquarante commanderies dont les revenus entretenaient la splendeur de l’ordre.
Bena vente, Corruche, Cabeço de Vide, sont des bourgs, ou, si on l’aime mieux , des villas , d’une population peu importante, aussi bien que Jeromenna, qui n’a que 430 habitants , mais dont les fortilications sont toutes modernes.
C’est encore à la province d’Alem-Tejo qu’appartient Evora-Monte, où fut signé, en 1831, le traité qui pacifia le Portugal.
province da beira. —Nous ne rappellerons pas ici les étymologies, plus ou moins hasardées de Castro, à propos du
(*) Et non en 1181 , comme dit Barbosa. Baulista de Castro , qui signale cette date , marque l’année 1213 comme IVpoque ou la séparation commença à s’opérer : il est accord avec M . Urcullu, puisqu’il ajoute qu’une huile d’Eugène IV ratilia la séparation : on trouvera dans Castro une courte biographie des grands maîtres. Foy. t. Il, p. 2o. Les insignes de ces hauts dignitaires consistaient dans le glaive et !.\bannière : celle ci
Iiortait d’un crtlé une effigie de la Viprge et de 'autre la croix d’Aviz , qui est de sinopie ünnquée de deux aigles.
nom de cette province , nous ne certifierons pas même qu’elle ait été jadis la demeure des Berones; mais nous suivrons la meilleure autorité en affirmant que c’est la plus grande des six provinces du royaume ; elle n’a pas moins de 15 lieues dans sa plus grande longueur sur 46 de large : elle est, pour ainsi dire, au centre du royaume, et les vieux géographes , dans leur ancienne délimitation * lui donnaie.it une forme à peu près carrée. Depuis que le Brésil a proclamé son indépendance, le prince héréditaire de Portugal prend le titre de Prince de Beira.
Coïmbre est la capitale de cette province ; c’est de toutes les villes du Portugal celle qui est environnée, aux yeux des étrangers, du plus grand nombre de traditions poétiques. Il suffit d’ouvrir le Voyage de K insey, ou mieux encore le beau livre de Landmann, pour comprendre tout ce qu’il y a de charmant et de pittoresque dans la situation de Coïmbre. L’Atliènes du Portugal s’élève en amphithéâtre, sur une éminence qui domine le Mondego. Nous sommes malheureusement contraint à reproduire ici quelques détails de pure statistique; nous parlerons autre part de quelquesuns de ses monuments. Coïmbre est aujourd’hui une ville de 13,400 habitants ; il y a quelques années Balbi lui en donnait 15,000. Cette différence peut s’expliquer par la perturbation qu’ont subie les études. Tout le monde sait que l’université fondée par Diniz fut transférée à Coïmbre en 1308; elle éprouva bien des vicissitudes dout on peut lire les détails dans un savant mémoire de l’Académie d’histoire. Transportée à Lisbonne, puis fixée définitivement à Coïmbre, elle occupa de vastes bâtiments désignés sous le nom de Paços reaes das escolas. Pombal fit sentir là, comme partout, l’impulsion énergique de sa volonté; le système des études fut modifié; des bâtiments indispensables s'élevèrent; on bâtit un observatoire (*), les bibliothèques se multiplièrent; des collections d’objets d’histoire naturelle purent servir aux démonstrations de quelques savants professeurs : en un mot, tout en conservant sa prééminence re-
(*) Voy. la description de cet édilice dans le Panorama.
L’UNIVERS
connue sur quelques points, l’université réorganisée lit de louables efforts pour initier ses nombreux disciples aux nouvelles exigences de la science. On ne saurait se le dissimuler, les derniers troubles politiques ont été funestes à ce mouvement intellectuel qu’on aimait à constater en pariant de la ville deCoïmbre(*). Ceci est une question de chiffre; et pour acquérir la certitude des faits que nous avançons, il suffit de jeter un coup d'œil sur les dernières statistiques portugaises.
Apres avoir parlé de Coïmbre, nous désignerons à la plupart de nos lecteurs des noms bien peu connus en France en leur citant Miranda de Corvo, avec ses 3,344 habitants; Buarcos, qui jouit de l'exploitation d’une mine de charbon de terre; Figueira, dont les vins conservent une haute réputation; Louzâo, où se sont établies des papeteries; Anciâo, Penela (**), Montemor-o-Velho ; puis Tentugal , célèbre par une source qui rejette tous les objets qu'on dépose au fond de ses eaux.
Nous ne dirons rien d’Arganil, et nous ne citerons Goes, dont le nom rappelle un grand historien du seizième siècle, que pour mentionner ses 3,IôO habitants, réduits on 11e sait trop pourquoi à 913 par M nano.
Aveiro a joui d’une haute réputation durant le quinzième et le seizième siècle; on dit même que ses habitants purent armer jusqu'à 00 bâtiments pour la pêche de Terre-Neuve; malheureusement l'amoncellement des sables vint fermer son port magnifique; et l’on vit s’éteindre graduellement cette haute prospérité , en même temps que le pays cessait d’étre salubre et que la popula-
(*} Kn 1830, la bibliothèque de {'université renfermait 35 ,ooo volumes ; celle du collège do Sam-Bento, 16,000 il y en avait 4I.00O au couvent de Saola-Gruz ; 14,uoo à Santa Rita, et enfin a4 .ooo au couvent da Graça. Cos dépôts considérables de livres ont été mil heureusement rjivis à ta ville des éludes. Don Jozé UrcuHu dit qu'ils ont été enlevés depuis lYwtiuctiou des couvents.
(*•) Cette petite ville offre une preuve des changements rapides que peuvent subir certaines populations, ou même des erreurs qui peuvent se glisser duns les meilleurs calculs. Balbi iui donne 3,457 habitants, MinAno, 2,7<>s, et Urcullu, d'apres les documents du gouvernement , 712:
tion s’amoindrissait. Après d’immenses travaux, une nouvelle barre fut ouverte en 1808, le pays s'assainit; mais sa po-
fiulation ne se releva pas, comme on ‘espérait; elle monte aujourd’hui à un peu plus de 4,000 habitants. Aveiro, situé sur une espèce de péninsule, ayant au nod de vastes marais qui s'étendent jusqu’à 9 lieues parallèlement a la mer, Aveiro, l’antique port du moyen Age , a été quelquefois comparé à Venise, et le
fiays qui l’entoure s’est vu désigne sous e nom de la Hollande portugaise. Le géographe qui nous fournit ces détails dit que six établissements spéciaux sont destinés a la pèche de la sardine. Les terres environnantes sont prodigieusement fertiles et produise it des vins généreux réservés, pour la plupart, à l’Amérique.
Citer llhavo. c’est rappeler un établissement de haute utilité publique, dont nul géographe , à l’cxceptiou d’Urcullu, n'a fait mention jusqu’à présent. A la distance d’un quart de lieue decette villa, quicompte 6, 3 10 habitants, on a établi la fabrique royale de verre et de porcelaine da / iata-Aleqre (*).Ce bel établissement, d’une récente fondation, employait naguère cent vingtcinq personnes des deux sexes; les apprentis destinés à fournir de nouveaux ouvriers à la manufacture suivent des cours basés sur le système de l’enseignement mutuel; et l’étude de la musique occupe, dit-on, une vaste part dans cette éducation populaire. La haute direction des deux fabriques est remise aux soins de M. Auguste. Ferreira Pinto Basto.
Les travaux des ouvriers sont dirigés par son frère; mais, il n’y a pas plus de cinq ou six ans, c’était un Français qui surveillait tonte la partie artistique; M. Rousseau s’occupait exclusivement des procédés relatifs à la peinture et à la dorure. La tailledu verre est arrivée dans celte fabrique à un tel degré de perfection, qu’on ne peut distinguer , dit-on, ses produits de ceux de la France et de l’Angleterre.
Feira, avec ses 1,800 habitants ;Ovar, qui n’a guère qu’une rue d’un quart
(*) Le Tratado clemcntar donne une lithographie qui reproduit l’aspect de la fabrique. Voy.
t. Il, |> SKI.
de lieue et qui compte 10,000 âmes; Oliveira de Azemeis, sont désignés avant Viseu. Cette villeépiscopale, construite sur une hauteur, est une des plus anciennes du Portugal ; et l’on suppose même que les deux tours de sa cathédrale sont de construction romane.
Viseu , d après les nouveaux calculs, ne renferme pas plus de 5, 140 habitants: au mois de septembre a lieu annuellement une foire qu'on dit la plus riche du royaume : elle consiste principalement en objets de joaillerie, d’orfèvrerie, en draps et en bestiaux.
Aucun souvenir bien important ne se rapporte à Ca-tello de Penalva, à Banho. à Vouzela de Lalocs, à San- Joào d’ Areas; il n’en est pas de même de la cité, antique berceau de la monarchie, dont nous avons plus d’une fois prononcé le nom au commencement de ce livre.
Lamego est une ville épiscopale , bâtie aux bords d’un petit fleuve, que l’on appelle le Balsamâo; il est à supposer que dès 1144 elle offrait une certaine importance, puisque Affonso Henriquez y convoqua, dit-on, ces cortès objet d'une si vive discussion. Aujourd'hui sa population s'élève à 9,230 âmes. Taiouca est une villa de 1,090 habitants; à deux lieues de cette cité, Arouca en renferme 2,ôlô, et se glorifiait ,adis de posséder un célèbre couvent de femmes qui , par ses richesses, exerçait une grande influence sur le pays. Mimdim . malgré le petit nombre de ses habitants, recueille de la soie. Sam-Martinho dos-Mouros s’élève sur la rive gauche du Douro, ainsi que Taboaço. Mezamfrio et Amelas, a deux lieues de Porto, renfermaient autrefois les vastes entrepôts de vins de la compagnie du Douro.
Pinhel porte le titre de cité épiscopale ; mais elle ne comptait , il y a quel-
ues années, que 1 ,988 habitants. Almei-
a est une place forte , située sur une plaine tellement élevée, que, du haut de son château on découvre les limites de douze évêchés. Traucozo est célèbre par ses antiques murailles :scs remparts affectent une. forme presque circulaire, ayant 12,000 pas de circonférence; le buurg n'a guère plus de 1,200 âmes.
Sam-JoSo da Pesqueira est un peu plus peuplé. Castelo Rodrigo est mis au rang
des places d’armes, bien qu’il ne compte que 160 habitants.
Guarda s'élève sur le penchant de la Serra da Estrella , près des sources du Mondego, et possède une population de 3,894 âmes. Covilham, qui lit jadis partie de l’apanage du célèbre don Ilenrique. est aujourd’hui une ville manufacturière où se fabriquent des draps et qui compte près de 7,000 âmes. Manteigas, caché parmi les anfractuosités de l'Estrella. est dans le même cas. Gouvea est aussi une ville des montagnes; Cea et Fuudâo recueillent des fruits renommés.
C'est encore la chaîne si pittoresque de l’Estrella, qui laisse voir, sur un de ses flancs les plus éleves , la petite ville de Linhares, avec son château fort.
Casti-llo Branco montre a regret le sien ; il est ruiné. Castello Branco est cependant une cité épiscopale d’environ 7,000 habitants : elle a cela de particulier, que sa cathédrale se trouve située hors des murs. Alpedrinlia, d’où les yeux découvrent toute la basse Beira, Sahugal avec sa haute tour, Monsanto aux âpres chemins, Sain-Vicente da Beira, Sortelha, termineront ce paragraphe, lorsque nous aurons ché Bussaco, dont le nom rappelle une victoire contestée , à ceux qui connaissent l’histoire de notre, invasion.
PROVINCE D'ENTBE-UOUBO-E-MIN HO.
— Un simple coup d’oeil sur la carte du Portugal suffira pour faire comprendre l’origine de cette dénomination. La riche province que nous signalons est située entre les deux fleuves dont elle porte les noms (*). C’est la plus petite province du royaume, mais c'est aussi la plus peuplée : elle doit son état florissant à sa situation géographique. Defendue, vers l’est, des influences d'un climat ardent , elle est rafraîchie dans les autres directions par les vents qui soufflent de la mer. Son système
l‘i Le Minho la sépare an nonl de la Galice; au sud. le Douro etabïitsa division avec la Beira: la Serra da Cabrelra , le Kio Tamega et la Serra do Marao forment ses limites à I est , avec le Tras-os-Montes ; ù l'ouest elle est baignée par l'Océan. Voy. le Trailé complet de cosntoçmpltie de Casado Ci raides, 1. 1, p. 80. LVxcellenI livre dTrcullu ne donnai)! pas ces divisions géographiques, nous les reproduisons sans affirmer qu'elles n'ont pas subi quelques modilicalions.
L’UNIVERS
d'irrigation naturelle est admirable.
Casado Giraldcz lui accorde 36,000 sources ou fontaines. Le dernier géographe, dont nous suivons le témoignage, ne diminue que de bien peu ce calcul , puisqu’il en reconnaît 25,000. C’est incontestablement à cette douce température aussi bien qu'à cette abondance des eau* que l'Entre-Douro-e-Minho doit sa prodigieuse population. Le premier, Italbi, avait frit remarquer que , si tout le Portugal était peuplé comme cette province, il ne renfermerait pas moins de 9,681,525 habitants. Bory de Saint- Vincent présenta plus tard une observation analogue; et enfln Urculhr, soumettant l’opinion du géographe vénitien à de nouveaux calculs, confirme ce qu’il a dit et élève même le chiffre qu’il adopte (*) en le portant à près de dix millions d’âmes.
Porto, la capitale de l’Entre-Douroe-Minho, est sans contredit la seconde ville du royaume; mais il s'en faut bien qu'à l'égal de certaines villes du Portugal , elle revendique une antiquité presque fabuleuse. C’est une ville toute chrétienne, bâtie par les Suives; on la voit figurer parmi les évêchés de la Péninsule, des le cinquième siècle : elle est située sur la rive droite du lJouro, à une petite lieue de son embouchure; elle s'élève comme un vaste amphithéâtre sur deux collines, qui prennent les noms da Sé et da Victoria. Les vallées qui s’étendent entre ces deux montagnes sont remplies par les maisons qui se prolongent jusqu'à des faubourgs étendus. Sur la rive opposée du lleuve. se trouve / ’iUa-Novada Gaya , à laquelle se rattachent plusieurs curieuses traditions.
L’auteur qui nous fournit en partie ces renseignements dit que la cité de Porto est bien différente de ce qu’elle était en 1789, lorsqu'un ecclésiastique, Bebello da Costa, en donna la description complète (*•). On ne voit plus aujourd'hui que quelques restes de ses
C) Il évalue a 9 ,9711,550 le chiffre de cette imputation prrsumée. Sans adopter précisément «le telles conclusions , on peut s'assurer, par un mémoire remarquable de M. de Sylveira, ancien ministre d’Etat, que le Portugal pourrait nourrir huit millions d’habitants. Voyelle /'«iwmnui. t. \ III, p. via.
Voy. l’rcullu, t. Il, p. 91. Voy. également p.,ur plus de details le Panorama, t, lit. p. asi.
anciennes murailles, qui pouvaient avoir 30,000 pas de circonférence sur une trentaine de pieds de hauteur. Ces vestiges de fortifications ne sont plus aujourd’hui d’aucune utilité pour la défense de la ville, car elles sont comprises dans l’intérieur des nouvelles constructions.
La ville se partage en sept paroisses; et l’une d’elles, selon la tradition, remonterait au sixième siècle. Sam Martinho de Cedofeita aurait été bâti, en 559, par Théodomir , roi des Suèves; mais la saine critique rejette ces prétentions.
Ce qu’on lie sait pas généralement, c’est que le rite mosarabt a été conservé de tout temps dans cette petite église. On attribue au comte don lienrique la réedilication de la cathédrale. La description même sommaire des antiquités ecclésiastiques de la ville nous entraînerait plus loin que nous ne le voudrions, car Porto renfermait naguère quatorze couvents , dont le plus ancien remontait à la première moitié du treizième siècle. Parmi ces asiles religieux , on comptait cinq communautés de femmes seulement. La suppression des couvents a livré aux diverses brandies de l’administration certains édifices qui, sans cela, tomberaient en ruine; les uns sont occupés par des hôpitaux, d'autres par des bibliothèques ou des musées ; le collège da Graça sert d'asile aux orphelins; l'hospice des Capucins de la Corderie s’est vu dispose pour les enfants trouvés, dont le nombre s’élève annuellement au-dessus de 2,000. Il est juste de dire, à ce propos, qu'il y a peu de villes dans la Péninsule où les ediliees de bienfaisance publique soient aussi multipliés. Lorsque l'hôpital royal, maintenant en construction, sera termine, ce sera la plus magnifique construction que l'on connaisse en ce genre dans tout le royaume.
Le dernier siège a été fatal à plusieurs édifices , qui en portaient naguèrecncorc les traces. L’eglise des Clercs, avec sa haute tour, la Casa da Hetacào, la chambre municipale , le théâtre, dont on vante le bon gotlt, la grande caserne de Saint-Ovide, où peuvent se réunir 3,000 hommes , le palais épiscopal qui se fait remarquer par un aspect grandiose, et enlin Notre-Dame de La-
pa , où l'on conserve !e cœur de l'empereur don Pedro , sont les plus remarquables, en y joignant quelques églises.
Sous ajouterons qu'il y a maintenant à Porto une ccole polytechnique, une académie médico-chirurgicale et une académie des beaux-arts.
Si l'on pouvait évaluer en 89 le nombre des maisons de Porto à 10,000, il faut observer que ce chiffre s’est prodigieusement accru dans ces derniers temps. Grâce aux nouvelles constructions, cette place, si commerçante, compte aujourd'hui plusieurs rues spacieuses et droites, qu'elle peut opposer aux voies tortueuses de la Vieille- Cité. La rue das Mores, qui se fait remarquer par ses riches magasins, date cependant du seizième siècle, puisqu’elle fut construite par don Manoel.
Aujourd'hui un éclairage habilement ménagé concourt singulièrement à la sûreté et à l’embellissement de la ville.
Les derniers renseignements ofiiciels qui nous sont parvenus sur la population de Porto, la font monter à 71,390 habitants, en y joignant la population de Villa- Nova-da-Gaya ; mais l'auteur auquel nous nous référons affirme qu’on peut raisonnablement élever ce chiffre a 80,090 âmes. La population de Porto est industrieuse et commerçante:
ses fabriques de chapeaux, de soieries , de cotonnades , de fayence ; sa fameuse corderie, ses travaux délicats d’orfèvrerie, le prouvent; le mouvement du haut commerce est encore mieux attesté par les institutions qui se sont fondées peu à peu. La banque commerciale de Porto , la caisse filiale de la banque de Lisbonne , les compagnies contre les risques de la mer ou contre l'incendie, Ÿassocialion mercantile , instituée depuis 1845, et dont les excellents résultats sont incontestables , prouvent ce que nous avançons. Comme cela devait être, le mouvement commercial de Portoa été croissant depuis quelques années {*). Malgré la direction tout industrielle que les habitants de Porto aiment à donnera leurs travaux, la ville possède un musée; il a été fondé le 26 mars 1836 par don Pedro, et comptait déjà 400 tableaux, il y a une dizaine d’annees.
(•) Voy. le Panorama, t. III, p. 183.
Les amateurs de l’archéologie du moyen âge y trouvent aussi quelqms obj'ets précieux. La bibliothèque publique de Porto cite également comme son fondateur le duc de Bragance, et elle a été établie le 9 juillet 1833 : elle se compose, d’après le chiffre adopté par M. Urcullu, de 65,000 volumes; mais, depuis cette époque, le fonds des livres imprimés a dû s'accroître. On affirme que fa bibliothèque de Porto renferme des manuscrits infiniment précieux. Un étranger, M. Jean Allen, a doté récemment la ville d’un musée qui , sans être absolument spècial, répond à une foule de besoins; non-seulement on y remarque quelques tableaux d’un haut prix , mais certaines branches d’histoire naturelle y sont représentées par des collections habilement classées. Disons enfin , pouî conclure avec ce chapitre, qu’un seigneur portugais, M. le vicomte de Beire, est dans l’usage il ouvrir ses magnifiques jardins au public le dimanche de chaque semaine. Les principaux habitants de Porto ont ouvert un cercle qui , sous le titre d’ Msemblea Portuense, se fait un plaisir d’admettre les étrangers dans son sein, et se tient en communication avéfc le monde littéraire au moyen des revues et des journaux publiés dans les villes principales de l’Kurope. Quelques-uns des environs de Porto sont remarquablement agréables; on vante entre autres, a rembouchuredu Douro,Sam-Joào da Foz, bourgade de 3,050 âmes , extrêmement fréquentée dans la saison des bains. Le phare de Notre-Dame da Luz s'élève à peu de distance; puis vient Matozinhos et Mendelo , village de 500 âmes, oti débarqua don Pedro en 1832.
Ainsi que nous l’avons dit, Villa-Novada-Gaya est située précisément sur la rive opposée à Porto; cette bourgade, dont on évalue la population à 5,390 habitants, communique à la ville au moyen d’un pont de bateaux. C’est là ou se trouvent les vastes entrepôts célèbres par toute l'Europe. Urcullu évalue a 80.000 pipes le nombre de tonneaux renfermes dans les magasins de Villa- Nova-da-Gaya. Nous passerons sous silence plusieurs autres bourgs ou villages des environs; mais nous citerons néanmoins Sam-Pedro da Cora, dont les mines de charbon de terre out été ouvertes
L’UNIVERS
en 1802. et qui exporte annuellement