‹ Portugal par m. Ferdinand DenisChapitre 73 sur 86 · LES RUINES DU CHATEAU DE LEI · texte numérisé non relu

LES RUINES DU CHATEAU DE LEI

ria. — Cesruinessi précieusesaux yeux des vrais Portugais, par le grand nom u’elles rappellent; ces vestiges presque étruitsd'une résidence royale , sélèveut sur uneéminence, dans la plaine, au nordouest de la cité. C’est la que le roi laboureur avait établi sa demeure; des tours de son château il jouissait delà vue la plus imposante ; et sans doute qu’après s'être occupé en pasteur diligent du bien des peuples, comme dit si bien la chronique, sans doute qu'il charmait ses loisirs par de curieuses investigations, dont le souvenir n’est pas complètement éteint.

Murphy nous dit, dans son journal manuscrit , que les portes ainsi que les fenêtres du château de Diniz avaient été arrachées à d’antiques ruines voisines de Batailla, et que ces ruines étaient désignées sous le nom de Polipo , ou mieux encore de Calipo. Au treizième siècle, les ruines de la période romaine devaient s’élever de toutes parts en Portugal, et les vestiges de l’art antique qu’elles renfermaient ne furent certainement pas dédaignés par l’habile monarque. Un objet bien fragile que nous a légué ce siècle, et que nous avons sous les yeux, le prouverait au besoin. Le scel royal du roi laboureur, tel qu’on le conserve aux archives du royaume en France , est non-seulement d’une admirable exécution, mais il se fait remarquer encore par une circonstance particulière. Des pierres gravées ornent les deux faces, et sont une preuve du godt intelligent qui présidait durant cet âge à divers objets d’art. On sait, du reste, quelle importance certains princes mettaient à cette époque dans la confection de leurs sceaux; à la tête du mouvement intellects) Un voyageur déjà cité, M. le prince Uchnnwky, nous apprend qu’un des plus lieaux a r li res de la fontaine des Amours a été renversé par un ouragan.

L’UNIVERS

tuel de son siècle, Diniz n’a pas négligé cette branche secondaire de l’art, et une fragile empreinte nous dit peut-être mieux aujourd'hui que de grands monuments , ce qu’il y eut de délicatesse et de grâce dans l'ornementation de ce temps.

A trois lieues de Leiria, s’élève la jolie ville de Porto de Moz, avec ses poétiques traditions. Les ruines de ses environs sont célèbres encore , et mériteraient d’être visitées par un archéologue exercé. Un petit monument plein d'élégance orne sa place principale , et nous l’avons offert au lecteur, non comme un vestige des vieux Ages, mais comme un spécimen de ces jolies croix de pierre que l’on rencontre si fréquemment en Portugal.

Page 1