‹ Positioni et articuli beatificationis et canonizationis servorum Dei Societatis Jesu in CanadaChapitre 4 sur 11 · CAROLI GARNIER · texte numérisé non relu

CAROLI GARNIER

Ce fut et c'est la vérité que le I'. Chs Ganiier nacjuit à Paris le 25 mai 1606. Ses parents Jean Gnrnier et Anne de Garault lui donnèrent au baptême le nom de Charles.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité (}ue C. Garnicr montra de Ijonne heure un penchant natm-el pour la vertu, (|ui éclata surtout lors(|u'il fut jjcnsionnaire au collèii^e de Clermont. Il fut plus tard admis dans la Compa<j:^nie de Jésus, ce qui avait été dcj)uis loniitemiis l'ohiet constant de ses vœux. 11 informa son père de son dessein par une lettre qui commençait ]3ar ces mots: " Lœtntus siiw in his quœ âicUi stint mibi ; in donunn Doniini ihirniis.'" Le noviciat terniiné, le P. Garnier fit trois ans de philosophie an collège- de Clcrniont et pcndrint sa dernière année de plnlosophie d exerça an pensionnat les lone lions de surveillant ; il enseigna ensuite à lùi les classes de grammaire. Il revint à Paris, on il étudia (|uatre ans la tliéoIoj.jie au collè^^e de Clermont.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et e'est la vérité ({ue le P. Garnier se sentait depuis longtemps secrètement attiré vers les missions étrangères, surtoutcelles du Canada. Les récits des pères qui étaient revenus de cette mission l'avaient ému. Ces travaux pénibles, ces dangers continuels, cette vie d'abnégation et de mortification qu'il faut embrasser, enfin la perspective d'une mort glorieuse pour la foi souriaient à son cœur. Pour connaître la volonté de Dieu en une affaire aussi importante, il mit plus de ferveur que jamais dans ses prières et se livra à d'austères pénitences. Il en parla ensuite à ses supérieurs, qui par égard pour son vieux père crurent convenable d'exiger son consentement avant d'acquiescer à la demande de son fils.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité c[ue le P. Charles Garnier se chargea lui-même d'obtenir de son père le consentement. L'épreuve fut bien rude et dura vme année. Il fit violence au ciel afin de lever les obstacles. Larmes, prières ardentes, mortifications répétées, sacrifices de tout genre, il eut recours à tous les moyens. On croit (juc c'est vers cette époque (|u'il eut un pressentiment de la fin terrible {|ui lui était réservée. Mais loin de le refroidir, cette impression fut si vive et en même temps si pénétrante que dès ce moment il fut plus ({ue jamais mort au monde pour lequel il n'éprouva plus que de l'horreur et

du dégoût. Sur ces entrefaites, on é(|uipa une flotte (|ui devait ])orter au Canada le gouverneur, M. de Montmagnv ; le P. C. Garnier profita du départ de l'escadre. Après ses adieux à la famille, le missionnaire se mit en route.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la véritéquelel\ C. Garnier ne pouvait pas s'accommoder longtemps à la vie désœuvrée (|ue l'on mène en mer, et il résolut d'utiliser ses loisirs en faveur des marins souvent privés pendant de longues traversées de tout secours religieux. Il imagina donc des conférences suivies d'exercices de piété en leur faveur : bon nombre de matelots et de passagers se reconcilièrent avec Dieu. Particulièrement remarquable fut la conversion d'un vieux matelot, homme sans conscience et sans mœurs, et tellement endurci dans le mal qu'il s'en faisait une joie et presqu'une gloire. Mais le P. Garnier sut gagner sa confiance et peu à ])eu le transformer comj^lètement. Le vieux matelot voulut (|ue tout ré(|ui]iage connut son changement en réj^aration de ses mauvais exemples, et il fut toujours constant dans sa résolution.

Comme il sera constaté, etc.

(il

Ce fut et c'est la vérité que le S. d. D. arriva devant Ouébcc la nuit du 11 juin 1().'{(>. Mais il ne devait ])as séjourner longtemps dans cette ville ; il fut destiné A la

mission huronne dont le supérieur, le P. de Brébeuf, réclamait à grands cris du secours. Le P. Garnier monta avec un autre père jusqu'à Trois-Rivières afin d'attendre le prochain convoi des sauvages qui en effet ne tardèrent pas à arriver. Pendant son séjour à Trois-Rivières, le P. Garnier put accomplir un vœu qu'il avait fait avant de quitter la France : de consacrer par le nom de Marie la première enfant qu'il baptiserait. Parti le 21 juillet de Trois-Rivières, le S. d. D. arriva le 18 août 1636 au village d'Ihonatiria, appelé Saint-Joseph, oij était alors la seule résidence des missionnaires.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que le P. C. Garnier, presqu'aussitôt après son arrivée, s'était mis en retraite, mais s'apercevant du surcroît de travail que causait aux pères l'épidémie qui avait envahi le village, il sollicita du P. de Brébeuf l'a permission d'interrompre les exercices spirituels pour se consacrer au soulagement de ses frères. Mais le changement de vie et tant de fatigues le firent bientôt tomber malade. Le S. d. D. supporta avec résignation et courage cette épreuve. Bien que malade, il n'avait pour lit qu'une écorce,etpour médecine qu'une infusion de pourpier sauvage avec un filet du verjus du pays. Toutefois il souffrait avec constance ; il finit par guérir. Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité que le P. Garnier fut destiné au village d'Ossossane ou de l'Immacidée-Conception.

Obligé, à cause de la persécution, de renoncer aux excursions dans les contrées où sévissait l'épidémie, le 3. d. D. passa tout l'hiver dans la résidence avec les PI\ de Brébeuf, LeMercier et Ragueneau, au milieu d'alarmes continuelles et de menaces terribles (|ui ne cessaient de retentira leurs oreilles. Ce fut dans ces circonstances que le P. de Brébeuf rédigea un testament religieux (|ue le P. Garnier signa comme les auti'cs. Au milieu de ces angoisses, le S. d. D. s'oubliait lui-même ]Jour prodiguer consolations, encouragements et conseils ù. son frère Henri, de Saint-Joseph, car la souffrance l'avait visité et avait produit quelques défaillances dans son esprit. Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité (pie le I*. C. (larnicr tut désigné en 1639parsessupérieurspouralleraveclo P. Jogues à la nation des Khionontatehronons, autrement appelée la nation du Petun. Ils arrivèrent au principal l)ourg : Ehgas, auquel ils donnèrent le nom de Saint-Pierre et Saint-Paul. Ils parcoururent tout le pays, visitant les villages de cette mission, souvent mal accueillis, car il circulait des rumeurs fâcheuses sur leur conijjte. (juand le P. (larnier et son compagnon arrixaicnt (hins un village, les enfants s'écriaient <ptc la famine et les mal.adies venaient avec eux, les femmes s'enfuyaient nu cachaient leurs l'iilants ; |)rcs(pic tous ivlusaiciit l'hospitalité aux deux pères. (Juand ils se rendaient d'un villagi- à l'autre, les sauvages les préeédaieiil. pour

répandre sur leur compte de sinistres propos. Néanmoins le P. Garnier put baptiser plusieurs enfants et cjuelfjues moribonds.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité que durant cette mission, le P. Garnier déploya un zèle industrieux pour conquérir des âmes à Jésus-Christ. Il avait iine fois cherché à s'introduire auprès d'un enfant moribond pour le baptiser, mais les parents l'en avaient empêché et avaient préparé un festin superstitieux pour obtenir sa guérison. Alors le S. d. D. se retira et recommanda à Notre- Seigneur ce petit innocent. Quelque temps après ses parents vinrent l'inviter avant d'aller inviter la foule. 11 entre, trouve place tout proche du malade ; faisant semblant de lui tâter la veine de la tempe pour reconnaître l'état de sa santé, il le baptise.

Comme il sera contaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité (jue la nation du Petun n'ayant aucune relation commerciale avec les Français, le P. Garnier n'avait aucun prétexte, l'année suivante, (1640) de se présenter au milieu d'elle. Il était important néanmoins d'y tenir t[uelque assemblée générale des principaux du pays, ])our les informerdu butde leur mission ; et ne voyant de meilleur moyen d'arriver là (|ue celui des présents, il en em])()rta avec lui, et arrivé dans

le pavs conv(){[ua une assemblée. Les présents furent i-efusés. Le P. Garnier et son eompag^non, le P. Pierre Pijart, ne laissèrent pas d'aller par tous les houri^s du pavs et d'y faire leur fonction avec toute liberté, comme avant un pouvoir indépendant de toutes ces cérémonies. Un jour, à la sortie d'un bois, ils furent assaillis ])ar des sauvages C|ui les renversèrent, en leur criant : " \'ous êtes morts." Ils n'attendaient rien moins que le coup de hache ou de couteau ; mais les sauvages, sans qu'on pût comi3rendrc leur intention, s'en .nllèrcnt sans Icin^ faire aucun mal.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité (|uc le P. C. Garnier fut nommé en 1640 consulteur des supérieurs de la mission des Hurons. Les lettres qu'il écrivit en cette qualité, et qu'on possède encore attestent admirablement sa ])rudence et sa ])iété.

Comme il sera constaté, etc.

es

Ce fut et c'est la vérité (pic le 1'. C. Garnier passa les deux hivers de 1 (Vl-2et lO-i-.'Jà la mission de Teanaosteiae. Son (fuvre dans cette mission fut couronnée p.ir de nombreuses conversions. Il eut la consolation de voircroître autour de lui des chrétiens vertueu.x et constants; parmi ceux-ci il baptisa trois capitaines de l'endroit : Thomas 'i'sond,'ikon;i. .M.-itlnirin ,\sisk<)n;i cl .\l;irti:i Tehoacliia-

kouan. La piété et la ferveur de ces chefs fut un exemple pour toute la nation. Le P. Garnier ne laissa pas de faire quek|ues voyages chez les Petuns, tant que cette nation ne demanda pas spontanément des missionnaires pour rester à demeure fixe chez eux.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que le P.C. Garnier eut une foi très vive, croyant fermement toutes les vérités de notre sainte religion, et déplorant amèrement qu'il y eut des créatures qui ignoraient ces vérités, ou qui, les connaissant, n'y conformaient pas leur conduite. Cette foi héroïque animait son zèle à répandre notre sainte religion ; il aurait voulu prendre part à toutes les missions pour coopérer à la diffusion de la foi chrétienne. Il dut surmonter de grands obstacles suscités par son père, pour entrer dans la Compagnie de Jésus, puis pour en obtenir la permission de se rendre au Canada. Mais il démontra avec tant de persévérance à son père combien cela était expédient pour le salut de son âme et pour la gloire de Dieu, qu'il obtint enfin l'autorisation sollicitée. 11 se confessait tous les jours lorsque cela lui était possible, et célébrait avec une ferveur spéciale la sainte messe. Il avait une très grande dévotion à la sainte Vierge, qu'il appelait sa mère ; et il fit vœu de défendre et de propager la dévotion à son Immaculée Conception, et ce fut la veille même de la fête de l'Immaculée Conception qu'il fut tué.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que de cette foi éminemment féconde découlait chez le S. d. D. une espérance illimitée dans les mérites de la passion et de la mort du Sauveur et dans la miséricorde infinie de Dieu. Dans les moments les plus difficiles, il conserva intacte cette espérance, et quand sonna ]30ur lui l'heure du suprême sacrifice de la vie, il le fit joyeusement, se confiant dans la bonté de Dieu.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que le S. d. D., dès ses plus tendres années nourrit un grand amour pour Notre-Seigneur auquel il s'efforçait de plaire en toutes ses actions. Encore enfant, ayant vu un mauvais livre, il l'iicheta, avec quelques pièces d'argent ([uc son père lui donnait pour ses divertissements, et le brûla.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité ([ue le V. Bressani reçut. du S. d. D. cette confidence, f|u'en dehors des heures de sommeil il était constamment occupe delà gloirede Dicuet du sahit (les âmes, indifierent à tout le reste. Imité, durant sa dernière mission, par le \\ Suj)érieur à revenir passer (|uel(pie temps à la résidence de Sainte- .Marie pour réparer sa santé délabrée, il répondit (pi'il n'avait pas souffert nsqnc nd niortcni.

Coiiiuie il sera constaté, etc.

C'est la vérité que le S. cl. D. aima son prochain comme lui-même et plus que lui-même. Lorsqu'il étudiait au collège, il consacrait l'argent que son père lui donnait pour ses menus plaisirs à des œuvres de charité, le donnant souvent aux prisonniers f|u'il se plaisait à visiter. 11 fut parfois aperçu portant sur ses épaules un infirme l'espace de trois ou quatre milles, par des chemins pénibles.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que, durant les épidémies, il parvenait, malgré Jes menaces et les autres obstacles, jusqu'aux mîjlades, afin de les soulager et de les gagner à Jésus- Christ. Sa charité se signalait par le zèle héroïque qu'il déployait pour le salut des âmes. Gravement blessé par les sauvages et étendu à terre, il fit un suprême effort pour se traîner près d'un moribond et lui prodiguer les secours de la religion, oublieux de lui-même.

C'est la vérité que le S. d. I). pratic[ua à un haut degré les vertus de prudence et de justice, faisant converger tous ses actes vers le but (pi'il s'était fixé: rendre honneur à Dieu, procurer le salut des âmes et accomplir avec la plus fidèle exactitude tous ses devoirs envers

Dieu et envers le prochain. Jamais il ne parlait en mauvaise part du prochain, et cherchait toujours à excuser ce qu'il vovait de repréhensible dans les autres. Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que le S. d. D. édifiait tout le monde par son humilité ; quoi(|u'il fut proies des quatre vœux, il se réputait inférieur aux autres religieux, et ra])portait à Dieu seul tout ce cju'il faisait de bien.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que le S. d. D. se prépara à la pratique exacte des règles de la Compagnie de Jésus par sa fidélité à observer les règlements de la congrégation de la Ste- Vierge. Pour ne pas les enfreindre, un jour que ses camarades étaient entrésdans un cabaret, il les attendit à la ])orte comme un la(|uais attendrait son maître. Devenu religieux, il pratiqua à la perfection les règlesde la Compagnie, au prix de grands sacrifices, même durant la vie ]îéni1)le de missioniTaire.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité (|uc le S. d. D. se soumit, dès sa i)lus grande jeunesse, à la plus rigoureuse obéissance, à tel point (|ue son père en le remettant entre les mains du P. Provincial put lui dire (jue son fils n'avait jamais commis la moindre 'lésobéissance. Iviilré dans la Com-

pagnie, il atteignit la perfection dans l'exercice de cette vertu ; il obéissait spontanément et joyeusement non seulement à ses supérieurs, mais aussi à ses égaux et à ses inférieurs, se laissant guider comme un aveugle. Comme il sera constaté, etc. .

C'est la vérité que le S. d. D. pratiqua parfaitement les vœux de pauvreté et de chasteté ; il aimait l'extrême pauvreté comme l'état que Xotre-Seigneur Jésus-Christ avait préféré et il fut d'une chasteté et d'une modestie vraiment angéliques à tel point qu'au noviciat ses supérieurs le proposaient pour modèle à ses compagnons ; il fut ensuite un sujet d'édification pour tous ceux qui l'entouraient.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité (pie le S. d. D. s'adonna de bonne heure à la mortification et à la pénitence, et durant ses missions il aggravait par des pénitences volontaires les peines inhérentes à la vie apostolique. 11 se nourrissait de glands et de racines, laissant aux autres le peu de maïs qu'on pouvait trouver. Outre qu'il dormait sur la terre nue comme les autres pères, il se ceignait les reins avec une ceinture de ferémaillé de pointes d'acieretavec cette ceinture il se donnait la discipline.

Comme il sera constaté, etc.

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C'est la vérité (juc le eiel favorisa de faveurs surnaturelles le S. cl. D. Ceux qui l'approchaient racontent qu'il avait une grâce spéciale ])our convertir, et (|ue sa vue seule suffisait à remuer les cœurs les [)lus durs. Des moribonds qu'il assistait l'ont vu accompagné d'un jeune homme d'une rare beauté et d'un éclat majestueux, qui se tenait à ses côtés et qui les animait à ol)éir aux instructions du père.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité (|ue le parfum de ses vertus édifiait tout le monde et que tous le vénéraient comme un homme selon le cœur de Dieu. Un de ses contemjjorains écrit : '' Tous l'estiment un saint."

Comne il sera constaté, etc.

C'est la vérité (pie le P. C. (Tarnier brilla par la splendeur de ses vertus i)rati(piées juscpi'à la perfection. Un père de la mission interrogé jiar son Suj)cricur sur ce (pi'il ])ensait du S. d. I)., répondit:" Il a pratiipié toutes les vertus dans un degré éminent. Durant les quatre années que j'ai passées auprès de lui, je n'ai jamais eu l'occasion de lui voir commettre le plus léger niantiucment.

Comme il sera constaté, etc.

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