L ORDRE D APRES LES POSITIVISTES
Mais pour régner sur celle des autres, on a grand soin de nous dire qu'il faut savoir régner sur la sienne, et on nous parle volontiers de discipline intérieure, comme les moralistes ordinaires. Ce que M. Lasserre demande à Nietzsche par exemple, c'est le secret d'affermir et d'affiner « sa volonté de maîtrise )>, bien mieux que ne l'ont fait les Epicuriens et les Stoïciens. Et M. Maurras nous avertit qu'il s'est proposé par quelques-uns de ses contes de montrer « à quel degré Ton peut descendre pour faire honneur à de vains scrupules idéalistes et aussi comme on peut se blesser et se déchirer, faute d'avoir compris que la Réflexion, la Règle, le Calcul vivent dans la nature d'une
pour mettre en pleine lumière la différence ou plutôt l'opposition qui existe entre le positivisme de VAction française et l'humanitarisme d'Aug. Comte. En se réclamant de celui-ci, comme ils le font, M. Maurras et les siens montrent donc qu'ils l'ignorent profondément^ Et il en faut dire autant, quand il s'agit des Grecs dont M. Maurras veut être aussi le disciple. Il les imagine tous sur un type approximatif de sophiste qu'il a surtout tiré de son imagination. La part du << bluff » est ici énorme.
4o PROPOSITION d'alliance
vie nécessaire comme le Plaisir et l'Amour » '. Et c'est ce qui lui fait dire: « J'ai marqué et flétri les Religions et les Voluptés tour à tour comme semblablement impuissantes à nous contenter toutes seules- ». Il faut admirer en passant la délicatesse du rapprochement et comprendre que ce qu'il veut signifier par là, c'est que les Voluptés et les Religions, à elles toutes seules, s'emparentégalement de l'homme et le possèdent. Pour régner sur soi l'homme doit donc se délivrer de cette double emprise. Mais qu'on ne s'effraie pas de cet ascétisme. Le tout est de s'entendre.
Quand il s'agit des religions, en tant que les religions prétendent nous mettre en relation avec un au-delà, avec du métaphysique ou du surnaturel, il n'y a, certes, qu'à s'en débarrasser tout à fait : car l'au-delà, le métaphysique, le surnaturel c'est « l'Infini ». Et « rien que ces sons absurdes et ces formes honteuses devraient induire à rétablir la belle notion du fini. Elle est bien la seule sensée. Quel Grec Ta dit? La divinité est un nombre : tout est nombre et terminé. N'exceptons ni la volupté, ni