Etudes, 5 décembre 1909, p
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VOUS de lui en faire un mérite. Mais dans ce cas il n'est nullement relativiste, puisqu'il entend bien connaître la réalité telle qu'elle est . Si, au contraire, le phénomène n'est que la manifestation d'une réalité qu'il considère comme inconnaissable en elle-même, il est alors relativiste sans être nullement réaliste. Et en aucune façon, il ne peut être l'un et l'autre à la fois. La vérité c'est que vous tenez à appliquer à M. Maurras cette épithète de réaliste à cause du son qu'elle rend et pour signifier que lui au moins n'est pas subjectiviste et ne pactise pas avec la philosophie allemande. Gomme si son réalisme épicurien n'était pas la pire négation qui se puisse concevoir î Et d'autre part vous voulez qu'il soit quand même relativiste afin de pouvoir dire qu'il laisse une place à la croyance. Mais donner et retenir ne vaut. Il faudrait au moins choisir ^
1. 11 n'est peut-être pas inutile de rappeler que M.Banzet, e'galement dans les Etudes (5 octobre 1908), lui avait donné l'exemple à propos du livre de M. Lasserre : Le Romantisme français. M. Lasserre, précisément pour ne pas rester neutre, pour être sûr qu'avec l'idée d'un au-delà, d'un inconnaissable à la Spencer, les cœurs en souffrance ne viendront plus, par leur inquiétude de l'infini, troubler ses combinaisons et ses sages arran -
Nous avons constaté comment, sous la plume de M. Descoqs, ce qui, chez M. Maurras et les
gements politiques, professe hautement ce qu'il appelle une « métaphysique du sensible », c'est-à-dire purement et simplement le matérialisme. Kt par là, bien loin de laisser ouverte la question de savoir si Dieu existe et si nous avons une destinée supra-terrestre, il entend au contraire la fermer absolument. Pour lui, ni le doute, ni l'inquiétude ne sont de mise. C'est la négation péremptoire, c'est le dos tourné décidément au surnaturel. Eh bien! M. Banzet, dans cette * métaphysique du sensible », par opposition avec l'agnosticisme qui n'ose rien affirmer sur rau-delà,voit un acheminement vers la vérité. Pour lui M.Lasserre est « à mi-chemin)). Et après l'avoir encouragé doucement à marcher, comme s'il n'avait qu'à suivre sa route pour passer de l'affirmation du fini à l'affirmation de l'infini, il le félicite de nous avoir donné une œuvre qui fait présager et désirer « d'autres flots lumineux d'une source abondante et claire ».
Et cela est loin de lui suffire. Ayant découvert dans le livre ^ la thèse de l'ordre, de l'autorité forte et intelligente )), — et nous savons maintenant quel est cet ordre et quelle est cette autorité, — M. Banzet se pâme, à !a lettre, sur la beauté de « cette médaille d'effigie très romaine > malgré son petit « revers» d'incroyance, « tant par endroits l'esprit chrétien saillit vif et pur, tant il a le sens catholique et le culte de notre tradition religieuse, ce dévot de notre passé-). Oh ! oui, combien
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autres, est négation de Tinfini, et non seulement négation, mais guerre impitoyable au fantôme de l'infini qui pour eux « ne représente que le contradictoire ' n, se transforme en simple abstention, en déficience, au point qu'il ose dire : M. Maurras <( ne nie pas explicitement l'existence de l'absolu; il se borne à l'ignorer-^). Mais à l'occasion, quand il constate malgré tout que M.Maurrasnie si bien l'existence de l'absolu qu'il rejette jusqu'à l'Inconnaissable de Spencer, (( tellement l'hypothèse même de son existence lui est inadmissible ». M. Descoqs trouve
vif et combien pur l'esprit chrétien de cet homme qui, dans le livre même qu'admire M. Banzet, s'affirme crûment matérialiste et qui ailleurs, n'ayant plus à observer la même réserve d'expressions que dans une thèse de doctorat, a écrit ce que nous avons cité, et comparé la religion à la rancœur des vieillards impuissants contre les images erotiques ! Et combien forte et combien intelligente aussi sa conception de l'ordre maintenu par une « commission mixte, composée de trois athées, de deux généraux et d'un Père Du Lac, et qui serait appelée à juger tous nos idéologues, moins encore sur leurs paroles que sur l'air qu'ils ont». Et en ve'rité qu'ils veuillent bien nous le dire, ceux qui viendront à bout de voir en tout cela autre chose qu'une bouffonnerie sinistre.