CHAPITRE PREMIER
Accordons d'abord à M. Descoqs, aussi largement et aussi catégoriquement qu'il voudra, que, pour s'allier avec M. Maurras et ses disciples, il ne pactise nullement avec leur incroyance, au moins en théorie. lia pris toutes les précautions et fait toutes les réserves possibles pour qu'on ne l'en accuse pas. Bien plus, il a réfuté cette incroyance et montré que spéculativement il est impossible de s'en tenir au positivisme. Aussi nous n'avons ni dit ni insinué, et nous ne dirons ni n'insinuerons d'aucune façon qu'il professe pour son compte le « libeitinage » de MM. Maurras, Rebell, Lasserre, Moreau,Vaugeois, etc. Et pas plus qu'il ne le professe [)Our lui, il ne trouve bon que ceuxci le professent pour eux, puisque, encore une fois, il le réfute et le repousse. Seulement nous constatons qu'il s'en accommode, en ce sens que
i8 PROPOSITION d'alliance
ce «libertinage » ne lui parait pas être un empêchement insurmontable à s'allier avec ceux qui le professent. Et cela, non pas en vue de tels ou tels résultats particuliers à obtenir, comme seraient par exemple ceux qu'on attendrait d'une lutte en commun contre la tuberculose et l'alcoolisme ou de l'exploitation d'une affaire industrielle, mais en vue de cette fin suprême : « faire triompher l'Eglise, sinon dans les âmes du moins dans la société ^ ».
Or personne ne contestera, et M. Descoqs moins que personne, que tout l'objet de ses articles, comme tout l'objet de la réponse qu'il nous a adressée, ce soit d'établir la légitimité d'une alliance avec M. Maurras pour une telle fin, et non seulement d'en établir la légitimité, mais d'en montrer la fécondité ; et il faudrait même dire la nécessité, puisque, à ses yeux, -ce que nous pouvons obtenir par elle est '( une condition souverainement efficace pour hâter dans les âmes l'instauration du royaume du Christ » '. Nous ne lui avons pas attribué, nous ne lui attribuons pas autre chose. Et en vérité