Et M. Descoqs lui-même eu est tellement sûr
Et si après avoir lu la note nous retournons au texte, voilà bien une autre affaire. M. Descoqs entreprend de u réaliser » comment M. Maurras a pu proférer ce blasphème d'appeler le Christ un frénétique. Il en vient à bout
que, précédemment [Eludes, 5 août i909, p. 336), il avait écrit en parlant de M. Maurras : « Mais de quel droit distinguer J'Evangile et l'Eglise, le Christ et son épouse mystique ? Ne pouvait-il pas s'aviser plutôt que Faulorité chargée d'expliquer l'Ecriture, et à laquelle il reconnaît une sagesse infinie (non, une sagesse très finie, il n'en est pas d'autre pour M. Maurras), ne procède pas selon son caprice, mais qu'elle a le véritable esprit de son fondateur? » Et le mieux ou le pire, c'est que M. Descoqs, dans le passage que nous venons de citer, ne craint pas de nous renvoyer à celui-ci. Et de nouveau il ajoute avec une inconscience qui désarme : (( M. Maurras n'écrirait plus cela aujourd'hui, et il y aurait injustice à insister sur ces écarts lointains de langage. Mais pourquoi nous a-t-il redit avec tant de force que le fond de ses idées n'avait pas changé en matière philosophique, et pouvons-nous empêcher que ces boutades regrettables soient en eîïet un épanouissement naturel de son agnosticisme» ? M. Maurras n'a pas changé, il ne désavoue rien, mais néanmoins il n'écrirait plus ce qu'il a écrit ! Et comme c'est gênant qu'il dise qu'il n'a pas changé î — Il nous semble toutefois que cela ne vous gène vraiment pas assez.
« jusqu'à un certain point non sans frémir ^ «^ en faisant cette découverte que, c pour qui ne se soumet pas à un ordre métempirique, la folie des enseignements de l'Evangile, la folie de la Croix «seront «■ toujours des folies )>. Et par conséquent, comme M. Maurras ne se soum&t pas à un ordre métempirique, le Christ ne peut être pour lui qu'un fou. C'est d'une logique impeccable, mais plus facile encore qu'impeccable. Et s'il faut en arriver là. à quoi boutant dedétours? Nous n'avons rien dit de plus, ni rien dit de moins.
Ainsi on a bien compris : M. Maurras, qui veut absolument s'en tenir à un ordre delà terre, ne peut faire autrement que de bafouer le Christ qui, lui, est venu nous demander de vivre pour un ordre céleste. Et, après tout ce qui précède, ceci veut dire ou ne signifie rien: Ne vous étonnez donc pas si M. Maurras parle du Christ comme il le fait ; cela peut « se réaliser » . M. Maurras est logique: «Suite nécessaire de l'agnosticisme, cruelle rançon de
1. On ne peut s'empêcher encore de lui dire : Si vous pouvez penser qu'il s'agit du Christ intérieur des prolestants, de ce Christ que vous demandez la permission « d'ignorer» {Cï. Annales de philosophie chrélienne^iuni 1910, p. 244), de quoi frémissez-vous ?
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l'athéisme K » Mais l'agnosticisme et l'athéisme sont-ils donc des excuses? Et cet agnosticisme et cet athéisme qui, chez M. Maurras, ne devaient être qu'une «. déficience », vous constatez donc qu'ils s'épanouissent en blasphème et en négation formelle et « explicite » ?
En vérité, pour employer le langage de M. Descoqs, de qui se moque-t-on ici ? et M. Descoqs ne se moque-l-il pas de lui-même? Si le blasphème de M. xMaurras est la « suite nécessaire de l'agnosticisme )),la « cruelle rançon de l'athéisme », et s'il ne peut être que cela, puisque vous ne pouvez le « réaliser » autrement, pourquoi donc nous parlez-vous ailleurs du souci qu'a M. Maurras de tenir compte du fait chrétien, comme si pour lui c'était tenir compte du christianisme même, et comme si exploiter la religion par de sages arrangements politiques, c'était la même chose qu'y croire ou un équivalent de la croyance même? Et pourquoi tout à l'heure osiez-vous prétendre que M. Maurras n'en voulait qu'au Christ intérieur des protestants? Et pour vous faire comprendre l'énormité de votre exégèse, n'est-il pas