Etudes, 20 décembre, 1909, p
LA CASUISTIQUE DE M. DESCOQS l35
juste de vous demander encore une fois si, vous aussi, en parlant du Christ de la tradition comme M. Maurras, vous n'avez que du mépris pour le Glirist intérieur, pour le Christ par qui nous sommes faits fils de Dieu et citoyens de la cité céleste ^ ?
1. Gomme nous avions déjà posé cette question sous une autre forme à M. Descoqs, il nous accuse de l'avoir calomnié et de lui avoir attribué de dire que lui aussi n'avait que du mépris pour le « Christ intérieur » tout court. Et à cette occasion il nous compare spirituellement au P. Guche. — Celui-ci, on s'en souvient, ayant emprunté un texte inventé de toutes pièces, l'encadra dans des guillemets et le mit au compte de M.Blondel. — Mais afin de se plaindre d'être calomnié, M. Descoqs ne se fait-il pas ici quelque peu calomniateur ? Nous ne lui avons pas attribué d'avoir dit qu'il n'avait que du mépris pour le Christ intérieur. Nous lui avons seulement demandé, puisqu'il entreprenait, au moins dans une r> ftaine mesure, de justifier M. Maurras, s'il voulait aller jusqu'où allait celui-ci. Ce n'était qu'une question {CLAnnales, jarivier 4909, p. 444). Mais combien nécessaire pour dissiper l'équivoque qu'il se plaisait et qu'il se plaît encore à entretenir ! car, sous prétexte de repousser le Christ intérieur des gens de la Réforme, c'est le Christ même de l'Evangile que M. Maurras repousse pour y substituer, sous le nom de Christ de la tradition, un Christ qu'il imagine et qui, comme les dieux antiques, serait simplement au service de César pour gouverner la foule.
Et, afin de bien marquer le caractère de notre pen-
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sée, nous ajoutions une autre question qui signifiait : accusera-t-on de pactiser avec les protestants quiconque ne saurait se contenter du Christ de M.Maurras? C'était une manière de mettre M. Descoqs et les autres en garde contre l'accusation de protestantisme qu'ils nous prodiguent si facilement. Mais pour M. Descoqs cela devient un piège dans lequel il tombe. Et eu effet, comme si pour lui quiconque ne se contente pas du Christ de M. Maurras passait à la Réforme, il nous demande si, en parlant du Christ intérieur, nous avons voulu faire croire que notre catholicisme « s'inspire décidément trop aux sources protestantes ». Et pour accentuer son insinuation il dit en même temps : « Le Christ inte'rieur, tel que les gens de la Réforme nous le proposent, serait-il donc le vrai ? » (Cf. Annales de philosophie chrétienne, juin 1910, p. 244). Mais où a-til donc vu que nous ayons préconisé le Christ intérieur tel que les gens de la Réforme nous le proposent ? Ainsi il falsifie ce que nous avons dit de lui et il falsifie ce que nous avons dit pour notre compte. Et c'est en falsifiant ainsi qu'il crie à la falsification. C'est peutêtre fort ingénieux ; mais on pensera qu'auprès de lui le P. Cuche n'était qu'un apprenti très candide.