‹ Positivisme et catholicisme à propos de l'Action FrançaiseChapitre 64 sur 124 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LA VALEUR DE l' ENTENTE POUR « LES RÉSULTATS BRUTS ))

Voilà le chaos dans lequel se débat M. Descoqs.Mais de ce chaos il est au moins assuré que M. Maurras ne s'effraie pas.(Ju'on déclare si haut qu'on voudra qu'onrepousse son incroyance, celui-ci y consent certainement volontiers pourvu qu'en même temps on lui prête main forte. La seule chose dont il a peur et qui lui fait voir rouge,c'est la croyance qui ne peut consentir à faire abstraction d'elle-même pour travailler avec lui à établir son ordre terrestre et son « règne de la beauté ». Or, en repoussant son incroyance, c'est justement une croyance qui consent à faire abstraction d'elle-même que M. Descoqs s'offre de mettre à son service. Mais naturellement c'est avec la pensée d'en tirer profit. « La où se trouveront des dispositions bienveillantes, pourquoi a priori refuser d'en accepter le bénéfice? » N'est-ce pas la sagesse môme qui dicte cette maxime?

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Si nous voulons « réaliser » à notre tour comment M. Descoqs a pu tomber dans le chaos que nous venons de signaler, c'est en le considérant comme dominé par cette intention inspiratrice que nous en viendrons à bout. Et nous nous hâtons de faire remarquer que cette intention ce n'est pas nous qui la lui attribuons, mêm^ par inférence : c'est celle-là même qu'il exprime en toute simplicité.

Il s'est avisé ensuite, il est vrai, de dire qu'il avait voulu faire œuvre d'apostolat intellectuel, selon la méthode même dont ici particulièrement nous nous réclamons, en allant chercher l'âme de vérité qui se trouve dans l'erreur pour aider celle-ci à se vaincre. Mais il pratique ainsi à son égard la casuistique complaisante et dénaturante qu'il a pratiquée à l'égard de M. Maurras et de ses amis. Si c'avait été de cela qu'il s'agissait il n'aurait pas pris tant de détours. Il serait allé droit au système, il l'aurait exposé dans sa teneur le plus exactement qu'il aurait pu ; il en aurait mis en lumière les vices secrets pour leur faire honte à eux-mêmes ; il aurait tendu la main aux velléités salutaires qu'il y aurait découvertes afin de les orienter. Et, si pressant qu'il eût pu se

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faire, il s'en serait tenu là. Et nous aurions applaudi. Mais ce qu'il a faitn'est rien de semblable. Tour à tour le système est condamné et repoussé comme absolument incompatible avec le catholicisme ; puis déclaré simplement « déficient », comme n'apportant que des vérités incomplètes ; puis présenté comme s'opposant seulement au catholicisme « en matière de spéculation dogmatique « et non « à envisager les choses dans l'abstrait sur le terrain pratique ^ » , puis enfin à peu près innocenté et orthodoxisé, à ce point même qu'on félicite M. Maurras de donner très pertinemment des leçons d'orthodoxie à des catholiques de moins franc lignage. Avec cela M. Descoqs peut faire face à tout. Ne vous risquez pas à dire qu'il pactise ou même qu'il sympathise avec les doctrines de V Action française. Evidemment ce ne serait qu'une calomnie. Mais ne vous risquez pas davantage à dire que M. Maurras est antichrétien et qu'on ne peut s'allier avec lui. 11 vous répondra que M. Maurras, malgré ses blasphèmes « d'antan » et bien qu'il n'ait pas changé d'idées, est plus chrétien et surtout plusortho-

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