‹ Positivisme et catholicisme à propos de l'Action FrançaiseChapitre 76 sur 124 · P. 366 et suivantes · texte numérisé non relu

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2. A entendre M. Descoqs, on pourrait croire que c'est uniquement par Nietzsche que j'explique V Action /"rançaise. Rien n'est plus loin dema pensée. Maisj'ai signalé l'admiration que MM. Lasserre et Maurras, entre autres, ont exprimé pour Nietzsche, en indiquant que chez celui-ci et chez ceux-là il y a un fond de conceptions communes. Et comment le nier quand euxmêmes l'avouent et s'en vantent ? Si cependant j'avais ici à établir une comparaison, combien je trouverais d'autres différences que celles qu'eux-mêmes ont pu marquer !

qu'ils onl fait aussi des réserves au sujet de Voltaire, en continuant de Tadmirer également. Mais il se trouve que leurs réserves portent sur son déisme. M. Descoqs pense-t-il que c'est en sens inverse qu'ils se différencient de Nietzsche? Veut-il dire qu'en critiquant l'individualisme désordonné de celui-ci, ils se sont placés au point de vue de l'idéal chrétien de la justice et de la charité ? Non, il ne l'osera tout de même pas.

Et c'est qu'en effet — et il n'est pas nécessaire d'y regarder de bien près pour le voir — , ce qu'à V Action frajiçaise on reproche à Nieztsche, ce n'est point de s'être révolté contre la conception chrétienne de la vie^ mais c'est de n'avoir fait que se révolter, et de n'avoir pas entrepris, par la politique et « ses moyens », de faire prévaloir et d'introduire dans la réalité une autre conce[)tion. Voilà ce qu'on signifie en le traitant lui aussi d'individualiste. Ce qu'on lui reproche par conséquent, c'est de n'avoir pas été assez nietzschéen, nietzschéen jusqu'au bout, jusqu'à l'action. C'est de n'avoir pas su travailler à réaliser sa « surhumanité », en utilisant les iorces mêmes que lui fournissaient la tradition et le milieu social, et de s'être con-

tenté d'être poète et rêveur, tandis qu à V Action française on pratique (^ îa physique sociale » afin de triompher effectivement dans la société '\ Mais on n'en reconnaît pas moins que son inspiration est bonne et qu'on lui doit « bien des considérations qui sont en elles-mêmes précieuses pour combattre les rêveries de nos libéraux », de nos « rationalistes démocrates et humanitaires » -. Or nous savons quelles sont ces considérations précieuses. Et comprend-on alors combien est justifiée l'indignation de M. Descoqs contre moi ? Et voit-on jusqu'à quel point il est bien inspiré quand, pour montrer ma mauvaise foi ou mon parti-pris, il signale que, de l'appendice du livre de M. Lasserre sur La Morale de Nietzsche^ je n'ai retenu (< que deux ou trois phrases où, comme chez Rebell, comme chez Maurras, la valeur du christianisme et son esprit sont niés ou défigurés » '^ — rien que cela !

i. Dans V Avenir de C Intelligence, M. Maurras « incite le lecteur à considérer la façon dont les événements se suivent dans la vie du monde et tous les merveilleux partis que l'industrie de l'homme peut en tirer. L'homme d'action n'est qu'un ouvrier dont l'art consiste à semparer des fortunes heureuses » (Préface, p. 17).

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