Inutile de dire que ces phrases expriment le fond
NOS PRÉTENDUES INEXACTITUDES IqS
— tandis que j'aurais dû retenir » le correctif attique et français », au sujet de « la hiérarchie )), que M. Lasserre oppose u à la brutalité tout allemande de Nietzsche » K
Mais d'abord, sij'avais retenu ce « correctif», la doctrine sociale que j'ai attribuée à VAciion française en aurait-elle été, si peu que ce soit, modifiée ? N'ai-je pas assez dit qu'ils voulaient l'ordre, qu'ils ne rêvaient en effet que d'établir une Hiérarchie ? Et si je n'ai pas cité tous les textes qui se rapportent à cela — et combien de volumes ne m'aurait-il pas fallu ! — aura-ton le droit de m'accuser d'avoir caché cet aspect de leur doctrine ? Et est-ce donc avec des textes de Nietzsche et non avec des textes de Rebell, de Maurras, de Gilbert, de Tauxier, de
essentiel de la pensée de M. Lasserre et qu'elles se répètent sous mille formes différentes.
1. P. 365. On s'y connaît à V Action française en fait d'atticisme, et en particulier iM, Lasserre. Qu'on se rappelle sa commission mixte composée « de trois athées, de deux généraux et du Père du Lac », ou encore sa jolie comparaison de la religion avec la rancœur des vieillards impuissants. Je ne parle pas des articles publiés quotidiennement par « ces Messieurs ». On sait quel répertoire en fait les frais. « Bandit, Tartufe, Judas » sont des épithètes qu'ils considèrent comme le supertin de l'atticisme.
Lasserre lui-même,etc.,quej'ai reconstruit leur conception de l'Ordre et de la Hiérarchie ? — Mais ensuite et surtout, ce « correctif, attique et français »,corrige-t-ilou atténue-t-il,dans une mesure aussi minime qu'on voudra, la manière toute nietzschéenne, y compris « une brutalité » plus qu'allemande, dont partout et toujours M. Lasserre parle du christianisme ? Et n'est-ce pas cela que j'avais, non pas le droit seulement, mais le devoir de retenir, quand c'est cela précisément que, pour justifier son projet d'alliance, M. Descoqs s'efforce de reléguer dans l'ombre, comme si ce n'était qu'un paradoxe de surface, un exercice de « scholar transcendant a, selon le mot de M. Delfour, tandis que c'est cela qui inspire tout le reste, qui conditionne tout le reste?
11 apparaît donc en toute évidence que, ne pouvant faire plus, M. Descoqs me cherche làdessus des querelles d'allemand : car c'est tout ce qu'il trouve pour m'accuser d'avoir tronqué et dénaturé les textes \
1. A propos de H. Bebell, M. Descoqs m'adresse le même reproche qu'à propos de Nietzsche. J'ai la même réponse à lui faire. On a exprimé au sujet de Rebell des réserves de détails, comme par exemple x sur la nature
Il use du même procédé à l'égard de Testis. Et puisqu'il revient avec complaisance à plusieurs reprises sur les inexactitudes de nos citations, sur des fautes de lecture « qui engagent l'honneur d'un homme ^), comme dit Jehan, et que c'est un expédient commode pour opposer et permettre à ses amis d'opposer une fin de non-recevoir à nos critiques, il ne sera pas inutile de tirer au clair les points sur lesquels il s'en prend également à celui-ci.
Il y a d'abord une inexactitude qu'il signale en mettant, comme dans les grandes occasions, les textes sur deux colonnes. Et savez-vous ce qui en ressort ? c'est que, de son propre aveu,(( le sens estsubstantiellement le même » ^Toutefois cela prouve, selon lui, « les défaillances d'une
des rapports de l'Intelligence et de l'Argent -■>, afin de conserver le fond et les k idées mères », Et si en reproduisant VUnio7i de$ trois aristocraties dans VAclion française (1905) on a supprimé quelques notes trop directement brutales contre le christianisme, ce n'était pas pour les désavouer — car on ne les a pas du tout désavouées, — c'était pour éviter de parler comme autrefois sans avoir « changé d'idées ). 1. P. 441.
critique qui se pique d'objectivité 1». En vérité, n'est-ce pas montrer encore qu'il est aux abois? — Mais il y a plus, c'est que la citation de Testis est exacte, non seulement substanliellement, mais littéralement. Seulement M. Descoqs continue de ne pas vouloir tenir compte du fait rappelé par Testis, à savoir que, pour mettre dès le début la personne de M. Descoqs hors de cause, il avait fait porter ses critiques, non directement contre lui, mais contre ceux qui traduisaient sa pensée. Et c'est ainsi qu'il le citait d'après la Croix '. Profitant de l'ambiguïté qu'il constatait dans les articles des Etudes, il déclarait s'en prendre « à ceux mêmes que M. Descoqs a voulu lui aussi avertir >. Et Testis ajoutait: « Dans l'incertitude de sa pensée véritable, je m'efforçais de permettre à tous... de regarder comme critiques communes de notre part, contre les illusions et les dangers de l'alliance, ce qui était peut-être critique de ma part contre le sens secret de M. Descoqs » ^ .
1. Annales de philosophie chrétienne, juin 1910, p. 237 (note).