Annales de philosophie chrétienne, juin
3. Le comble c'est que, pour reprocher à Testis son inexactitude, M. Descoqs, en reproduisant lui-même son
Or ce sens secret s'est si bien révélé comme le vrai que u le courageux et clairvoyant auteur », que Testis louait d'avoir posé une question urgente, s'est insurgé dès qu'une critique de fond
texte, ne le reproduit pas exactement (^nna/es de philosophie chrétienne, juin 1910, p. 235). Voici du reste ce texte tel qu'il se trouve de part et d'autre. C'est moi qui souligne les parties communes aux citations faites de part et d'autre.
Texle de Testis : Annales de mars 1910, p.
Texle de la Croix du 14 septembre i'tW:
Donc, s'il y a.
entre le «système de M. Maurras tt la doctrine catholique, orposilion essentielle sur le terrain spéculatif , il n'en est pas, abstraitement parlant, d'irréductible sur le terrain pratique.
Texle deU.BES- COQs prétendant que Testis «. ne cite 576. pas à la lettre
Vous reconnais- malgré les quilsez que..., entre lemets n, et refiroces catholiques et dui^ant infidèleces agnostiques..., ment lepassagein- « s'il y a une op- criminé (Annales position essen- de juin iOKi, p.
tielle sur le ter- 235.
rai>i spéculatif, il Que si, entre
n'en est pas, ab- eux,«il y avaitune straitement par- opposition essenlant, d'irréducti- tielle sur le terble sur le terrain rain spéculatif, pratique». il n'en est pas abs-
traitement parlant sur le terrain pratique » .
M. Descoqs avait e'crit dans les Eludes (o septembre 1909, p. 623) : u S'il y a une opposition essentielle en matière de spéculation dogmatique et morale, il n'en est pas, à envisager les choses dans l'abstrait, d'irréductible sur le terrain pratique. » Mais M. Descoqs a sans doute pour excuse de n'être pas tenu à l'objectivité vis à-vis de lui-même. Et comme ces chicanes font avancer la question !
igS DEUX CONCEPTIONS DU CATHOLICISME
a montré le vice d'un tel connubinm ^ C'est que toujours, s'il veut avoir « le bénéfice » de condamner « Timpiété de M. Maurras », il veut encore plus avoir c le bénéfice n de s'en approprier « les résultats ». Mais en tout cas, le lecteur comprend maintenant pour quelles raisons délicates Testis apriscertainstextesailleursque dans les articles de M. Descoqs, et par exemple « dans la Croix,^\\x^ lue encore que les Eludes ». Et n'est-il pas étrange que M. Descoqs . au moment oii il se plaint d'être trop personnellement, trop uniquement mis en cause par Testis, ne veuille pas reconnaître que Testis se fournit de documents ailleurs que chez lui, au
1. Je ferai observer à ce sujet que si j'ai entrepris pour mon compte d'exposer et de critiquer directement les doctrines irréligieuses de V Action française et que si, en conséquence,mon devoir était de me renseigner directement, — comme on voudra bien croire que je l'ai fait, — Testis a spécifié au contraire que son but n'était nullement de critiquer ces doctrines en tant qu'elles sont propres à M. Maurras et à ses disciples. Il les a prises chez M. Descoqs lui-même, en tant qu'elles provoquaient la casuistique de celui-ci s'efforçant de les digérer avec sa conscience religieuse. Donc M. Descoqs n'est nullement fondé à lui reprocher de citer de seconde main (p. 333) des textes qu'il trouve chez lui et qu'il retient uniquement pour critiquer ce que M. Descoqs lui-même en tire.
point de l'accuser d'incorrection à son égard parce que d'autres textes que les siens sont visés ?
Il y a plus fort. Et, après avoir relevé une prétendue inexactitude qui ne change pas le sens, M. Descoqs en relève une autre qui cette fois, selon lui, serait a un gros contre-sens )>. Voyons un peu ce qu'il en est. Dans la Croix du 12 septembre 1909 on lit : u M. P. Uescoqs nous remet d'abord en mémoire les principes de la politique catholique ; puis il adopte et justifie ce jugement de M. Vimal : sur tous les points principaux de la physique politique : famille, commerce \ corporation. Etat, l'accord est parfait... » V^oulant critiquer cette théorie de la parfaite ébauche et de l'accord ferme sur des résultats partiels, Testis l'a résumée dans ces termes : a Une physique politique sur laquelle un athée et un croyant peuvent être en parfait accord ». Et s'il a mis cette phrase entre guillemets, c'était sans renvoyer à M. Descoqs et pour critiquer M. Vimal aussi
\. Testis a corrigé la faute de commerce mis pour commune. On a la charité de ne pas le lui reprocher.
bien que le rédacteur de la Croix et tous ceux qui justifient Tailiance par les résultats bruts. Où est ici, de grâce, l'altération de texte « qui engage l'honneur d'un homme » ? Et quel juge épouvantable serait M. Descoqs dans la commission mixte de M. Lasserre î
Reste l'altération de sens : car, je le répète, M. Descoqs prétend que ceci a entraîné Testis à lui prêter un « gros contre-sens qu'il n'essaie même pas d'expliquer ». Ce contre-sens, quel est-il ? il consisterait à confondre « les principaux points de la physique politique, famille, commune, corporation, Etat », avec « la physique politique elle-même ^ ». Il
1. Il faut d'ailleurs remarquer que xM. Descoqs, une fois de plus, au moment où il crie à la dénaturation, dénature lui-même le texte de Testis. Celui-ci en effet n'a pas dit: « la physique politique », mais il a dit : € Vous admettez qu'il y a une physique politiqu e sur laquelle (d'après M. Vimal et ceux qui l'approuvent) un athée et un croyant peuvent être en parfait accord. » C'est M. Descoqs par son expression : c< la physique politique », qui introduit l'idée d'une science intégralement constituée sur laquelle, en cet endroit, Testis n'avait pas à se prononcer. Et qui donc niera que « les principaux points de la physique politique », si physique politique il y a, peuvent être appelés, en un sens partiel et subalterne, <( une physique politique » ? Et c'est manifestement en ce sens que Testis s'est servi
parait, d'après M. Descoqs, que « cela diffère essentiellement ». Eh quoi ! vous pouvez être « en parfait accord sur tous les points principaux », constituer la physique de la famille, de la commune, de la corporation, de l'Etat ; tout cela, ce n'est encore rien d'une physique politique. Qu'est-ce donc alors que « la physique politique » ? C'est, nous dit-on^ le ^( systèmeintégrant tous ces matériaux, leur donnant leur orientation définitive ». Ah ! vraiment une discipline qui constitue un « système » transcendant aux matériaux qu'il organise et dont il diffère essentiellement ; qui donne à la vie sociale une « orientation définitive », c'est cela qui pour M. Descoqs est purement et simplement de la physique ! Evidemment Testis est disqualifié pour n'avoir pas compris tout de suite qu'il s'agit d'une physique métaphysique, d'une physique qui garde ce nom pour dominer, avec l'impérieuse rigueur d'une physique, les principaux points qu'étudient les physiciens positivistes !
de cette expression, puisque ce qu'il a critiqué c'est précisément la thèse d'après laquelle il pourrait y avoir accord « sur tous les points principaux » considérés isole'ment, sans qu'il y ait accord sur l'ensemble.
Et dire que M. Descoqs, qui semonce si sévèrement et d'ailleurs si gratuitement Testis pour avoir soi-disant confondu « la physique politique » avec « les principaux points de la physique politique », est le même homme qui de l'abondance du cœur écrivait auparavant: « Il y a une certaine part de factice et de convenu dans ces expressions sacro-saintes physique politique^ lois de nature.,. ^ »
Et quand M. Descoqs reproche encore à Testis l'usage qu'il a fait d'une expression de M. Lasserre, << la métaphysique du sensible », il oublie une fois de plus que ce n'est pas de M. Lasserre ou de M. Maurras pris en eux-mêmes et dans leurs théories propres ou diverses, non plus que des idées personnelles à M. Descoqs, qu'il est institué une discussion critique, mais uniquement du connubium et des propriétés nouvelles qui résultent de l'alliance, telle que les éléments en sont fournis et rapprochés dans les pages mêmes des Etudes on de la Croix.
Mais M. Oescoqs a encore trouvé mieux