Cf. Etudes du 5 septembre 1909, p
comme dénaturation non plus de texte, mais de pensée. Il a beau se frotter les yeux, dit-il, pour découvrir que Dom Besse, comme l'affirme Testis, aurait soutenu la thèse de l'indissolubilité du catholicisme et de la monarchie, il n'en vient pas à bout '. Dom Besse ni personne, à sa connaissance, n'a soutenu pareille doctrine qui serait contraire à l'enseignement de l'Eglise. Mais ce qui a été soutenu, par exemple, nous avoue-t-il, c'est que, pour notre pays, il y a en effet, pratiquement, indissolubilité entre le catholicisme et la monarchie. Et alors vous jugez si Testis dénature en ne distinguant pas ici la théorie et la pratique, la thèse et l'hypothèse. Car, ce faisant, dom Besse et les autres ne mêlent pas, eux, la religion et la politique : en thèse ils les maintiennent strictement à part, et ils n'imposent pas du tout d'être monarchiste pour être catholique, ni n'érigent point la monarchie en dogme ^ Non, les deux choses
2. Seulement, même au risque d'atteindre la thèse, ils ne manquent jamais de condamner dogmatiquement tout ce qui s'oppose à la monarchie telle qu'ils la conçoivent, comme le suffrage universel et toute organisation qui n'admet pas chez ceux qui gouvernent un droit souverain, indépendant de tout devoir et constituant une
sont Réparables. Seulement, par malheur, c'est en théorie théorique, si Ton peut dire, c'est dans l'abstrait, c'est dans la lune. Et en conséquence, ne vous avisez pas, en théorie pratique, dans le concret et pour notre pays^ de les imaginer séparables, et d'être catholique sans être monarchiste ; car alors, outre que vous ne sauriez éviter de mêler la politique et la religion, vous seriez bien pire qu'un hérétique qui méconnaît telles ou telles vérités particulières, puisque c'est à tout le catholicisme en bloc qu'en fait vous vous opposeriez ^ ; tandis que
servitude pour les gouvernés — droit divin pour les croyants, droit naturel ou historique pour les incroyants (Cf. ci-dessus, p. 28).
Ce n'est pas le lieu de discuter la doctrine étrange et toute nouvelle d'après laquelle le christianisme se trouverait subordonné à des fatalités extérieures qui le rendraient foncièremenî: solidaire, selon les pays, de telles ou telles formes de gouvernement qui, en ellesmêmes, lui seraient étrangères. Mais, pour peu qu'on y réfléchisse, on verra sans peine à quoi elle tend : à rien moins qu'à se servir delà religion comme d'un moyen pour consacrer un établissement terrestre. Et c'est à cela que prêtent les mains Dom Besse et les autres.
1. On devine, de ce point de vue, l'énormité de la trahison que fut le ralliement. Mais puisque M. Descoqs, à cet endroit même, pour justifier la théorie de Y Action française sur l'indissolubilité pratique du catho-
si VOUS êtes seulcQient monarchiste, fussiezvous, d'autre part, athée, même « athée agressif », vous aurez le droit d'être considéré comme catholique et même comme « plus catholique » que personne.
Toutefois, si sophistique que puisse être la distinction que M. Descoqs essaie d'introduire ici, il n'est même pas vrai, et pas vrai du tout, qu'à V Action française on prenne la précaution d'y avoir recours. Ce n'est qu'un expédient qu'on emploie après coup, le cas échéant, pour se tirer d'affaire. Et nous venons de voir ce qu'il vaut. Mais, quand on parle d'inspiration,
licisme et de la monarchie, fait appel aux enseignements de Léon XIII disant qu'il n'est pas interdit aux peuples de se donner le gouvernement qui leur convient le mieux, on devine aussi l'énormité du subterfuge. Si en effet, pour notre pays, monarchie et catholicisme sont indissolublement liés, au point que le trône soit « le seul moyen pratique de défendre l'autel » (p. 443), c'était évidemment jeter la France hors du catholicisme que de demander aux catholiques français de se rallier au gouvernement établi. Et abriter sous l'autorité de Léon XIII cette théorie même de l'indissolubilité au nom de laquelle on le condamne d'autre part si énergiquement, avec du reste une logique impeccable, c'est peut-être une habileté ; mais convenons qu'elle est grosse. M. Descoqs croit-il donc lui aussi que tous les moyens sont bons ?
on se contente si peu d'affirmer une solidarité de fait entre catholicisme et monarchie qu'on s'efforce toujours défaire voir une affinité d'essence et une connexité de droit. Et si ce n'était pas à ce point de vue qu'on se place, comment ferait-on, je ne dis pas pour critiquer, mais pour condamner au nom de Torthodoxie ceux qui ne sont pas monarchistes : car on les condamne au nom de l'orthodoxie ; et c'est tout le sens, en particulier, des livres de M. Barbier. Et que signifie donc directement ce même M. Barbier quand il déclare que, comme « a fort hien dit Dom Besse, l'Eglise est une monarchie et que sa constitution détermine chez ses fidèles un état d'esprit correspondant qu'on peut appeler monarchique ^ ? » Et cette déclaration n'est-elle pas aussi de Dom Besse : on sait bien qu'au fond tout catholique est un royaliste ? Et n'est-ce pas Dom Besse encore qui signalesijoliment comme une défectuosité pour le catholicisme de ne pouvoir être pleinement et purement une monarchie, parce qu'il c n'y a pas d'hérédité personnelle dans l'Eglise » - ? Et M. Descoqs n'a-t-il pas lu maintes fois dans les listes de souscription de