‹ Positivisme et catholicisme à propos de l'Action FrançaiseChapitre 80 sur 124 · Eglise et Monarchie, p · texte numérisé non relu

Eglise et Monarchie, p

V Action française : a Royaliste parce que catholique * ? » — Et voilà aussi tout ce qu'il trouve pour accuser Testis d'avoir tronqué et dénaturé les textes. Et le lecteur pensera sans aucun doute que Testis et moi pouvons là-dessus dormir tranquilles.

1. Mais je le prie de ne pas s'imaginer que si je combats l'opinion de ceux qui veulent nous imposer au nom du dogme leur monarchie, ce nest point pour imposer autre chose au nom du dogme encore et dan? le même ordre. Je ne m'en prends qu'à la conception positiviste que M. Maurras et les siens se font de l'homme et de la société, conception dont M. Descoqs et les autres ne rejettent la lettre que pour en accepter l'esprit. Il ne s'agit pas de savoir quelle est la forme de gouvernement que nous devons nous donner. Mais, quelle que soit la forme que nous nous donnions, il s'agit de savoir qui lie est la nature du lien social et quelle est la fin que doivent poursuivre en s'organisant gouvernants et gouvernés. Il est un sophisme à cet égard qu'on ne cesse de reproduire et que, l'occasion s'ofîrant, je me permets seulement de signaler. On s'insurge contre la démocratie, contre la doctrine de la souveraineté du peuple comme si cette doctrine et la forme politique qui en découle ne pouvait être que la négation et la méconnaissance du caractère et de l'origine divine de l'autorité. Et on considère inversement que la monarchie, que la doctrine de la souveraineté du roi implique par elle-même que ce même caractère et cette même origine de l'autorité sont reconnus, comme si la forme politique qui en découle excluait pour le souverain lui-

Mais veut-on en revanche un exemple de la façon dont M. Descoqs s'y prend, lui, pour faire des citations sans tronquer ni dénaturer les textes? Le voici. Je trouve, dans son livre*, trois propositions artificiellement accouplées et présentées de telle sorte, avec les guillemets qui les encadrent et les textes qui les avoisinent, qu'il est impossible au lecteur le plus attentif de ne pas les attribuer à Testis ^ Or elles

même la possibilité de s'abandonner à l'ivresse du pouvoir. Et comment ne réfléchit-on pas que la théorie du droit divin des rois, inventée par les légistes et les régaliens, est une usurpation sacrilège qui est exactement de même nature que celle qu'on reproche aux démocraties infatuées d'elles-mêmes et qui se divinisent?

2. M. Descoqs répondra peut-être qu'il met ces trois textes entre guillemets comme exprimant un ce sousentendu implicite dans l'article tout entier » de Testis, et que le lecteur peut bien deviner qu'il ne s'agit pas de citation littérale. Un tel subterfuge est absolument inadmissible, et voici pourquoi : les trois phrases qu'il encadre de guillemets sont suivies d'une quatrième proposition, plus odieuse encore, et qui est placée après les guillemets, de telle sorte que c'est à elle [seule que s'appliquent les mots « ce sous-entendu », au singulier ; et par là même les textes précédents paraissent d'autant plus authentiques. Or les quatre propositions étaient

expriment une dureté révoltante, non pour les doctrines, mais pour les hommes mêmes de ï Action française^ puisqu'elles signifient, sous la plume de M. Descoqs qui les résume après les avoir citées : u Gardez-vous de témoigner quelque zèle pour leur salut ». Première proposition : (( Peut-il venir quelque chose de bon de ce côté ? » Testis n'a jamais rien dit ni pensé de tel ; mais, voulant caractériser la manière dont certains hommes autour de nous déclarent simplement que (c la démocratie c'est le mal », il avait marqué que leur mépris pour le peuple est injuste, comme l'était celui des Juifs disant : u quelque chose de bon peut-il venir de Nazareth ? * » Or de cette phrase dénaturée M. Descoqs s'empare pour l'attribuer à Testis en lui faisant dire pour son propre compte ce que justement

primitivement réunies dans le texte de M. Descoqs. {Annales de juin 1900, p. 240). Et s'il a après coup, dans sou livre, p. 323, modifié la distribution des guillemets en les fermant après la troisième (et on ne sait pas plus pourquoi il les ferme là qu'on ne sait pourquoi il les a ouverts avant la première), il n'y a pas à cela d'autre raison intelligible que le subtil artiûce que je signale. En tous cas, qu'il l'ait voulu on non, l'efifet inévitablement produit sur le lecteur non averti est aussi perfide que s'il était calculé.

{.Annales, décembre 1909, p. 275.

celui-ci reproche aux autres de signifier. C'est donc faux, et c'est une falsification. — Seconde proposition : « Aucun bien n'est possible près de telles âmes ». Et celle-là est purement et totalement inventée par M. Descoqs. Et le comble c'est que dans sa réponse, en juin 1910 ^, il s'était contenté de la donner comme exprimant un (( sous-entendu » de Testis, sans la mettre entre guillemets ; tandis qu'en décembre, dans son livre, les guillemets l'encadrent pour authentiquer son invention-: c'est donc doublement faux, et c'est proprement un faux. — Troisième proposition : « Laissez donc les morts ensevelir leurs morts. » M. Descoqs la reproduit pour lui faire signifier qu'il y a des hommes au salut desquels il faut se garder de s'intéresser. Et comme cette proposition n'est pas de Testis, mais du Christ lui-même, c'est le Christ lui-même qui se trouve chargé de toute cette odieuse duretés

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