CHAPITRE ET
C’est aux lendemains décevants de défaites qu'il faut placer Porigine: de cette. épopée coloniale.
Des colonies de Pancienne France qu’avaient donné Montcalm, Dupleix et d’autres encore, il nous restait bien pew de chose. C’en. était fait, heureusement, de ces arpents de neige, là-bas, au Canada !
Nous: devions bien PAlgérie et à là Restauration, mais réellement un tel cadeau n’était pas fait pour plaire. À la première occasion mous là rendrions à la Porte, et une ordonnance royale avait dû la sauver de justesse 1. À vrai dire elle eût pu n'être pas inutile ; les colonies sont nécessaires, pour les épices, elle remplaceraiït les Antilles que nous avions perdues. Ne semblait-elle pas destinée, sans doute en raison de son aridité même, à l’opulence des cultures tropicales ? ? Mais ç’avait été un mirage décevant et il avait fallu s’habituer à vivre avec elle, sans amour.
C’est dire que l’opinion était mal préparée à la politique
1. L’ordonnance. royale du 22 juillet 1834 organise le gouvernement de nos possessions d'Afrique du Nord.
2. Victor Demontes. « L'Algérie économique ». Gouv. Gén. de l'Algérie, Alger, Imprimerie algérienne, 1930.
d’expansion que certains rêvaient pour nous dans les débuts de la République. On la dissimulait bien autant que possible sous le voile d’expéditions punitives ; mais vraiment après Lang-Son, un tel artifice ne trompait plus personne.
D'ailleurs ce Jules Ferry, ce Tonkinois exécré n’était-ce pas un homme dangereux ? Ne l’avait-on pas entendu dire que la France devait répandre au loin «ses mœurs, sa langue, ses armes, son drapeau, son génie ». Tout cela, n’était-il pas synonyme d’aventures : ? Celui qui rêvait de lointaines conquêtes au lieu de songer aux provinces que nous avions perdues ; celui-là était un traître à la cause de notre pays.
Certes, il est des moments du passé qu’il vaudrait mieux oublier, des souvenirs qu’il conviendrait de taire ; mais alors ce serait tourner la page de notre histoire Le Lorsque des Marchand, des Gallieni, des Lyautey, s’appliqueront à nous ouvrir les fenêtres sur le monde, les obstacles ne seront pas tous dans la nature hostile, les climats meurtriers.
S'il nous est donné aujourd’hui d’être encore possesseurs d’un empire c’est parce que bien au-dessus des partis, des hommes ont su s'élever, qui ont vu très loin le parti de la France.
Les manifestations grandioses dont certains esprits artistes, ont su entourer nos colonies, nous ont habitués à les considérer avec une curiosité dont la sympathie n’est pas toujours exclue.
Mais l'ignorance reste protunde, Nous savons qu’elles représentent une supérficie de 10.241.510 kilomètres carrés, qu’elles sont peuplées de près de 60 millions d’habitants,