‹ Possibilités et Conditions d'une Politique ImpérialeChapitre 73 sur 119 · TRANSPORTS MARITIMES · texte numérisé non relu

TRANSPORTS MARITIMES

Entrée et sortie de navires chargés. Tonnage mensuel en milliers de tonnes.

1936 1937 A —— NE Déc. Nov. Oct, Déc. Nov. Oct.

Entrées :

Navires français. . 1.386 1.226 1.312 1.206 1.219 1.552 Navires étrangers . 3.387 2.965 3.402 3.158 2.986 3.730

y us ss à

Total. . . . 4.773 4191 4.714 4.364 4.205 5.282

Sorties :

Navires français. . 1.104 1.037 1.111 993 1.095 1.168 Navires étrangers . 2.529 2.418 2.937 2.435 2263 3.095

me . ns —— —— —————— —

Total. . . . 3.633 3.455 4.048 3.428 3.358 4.263

En ce qui concerne plus particulièrement les transports franco-coloniaux, on peut compter que les bâtiments français transportent environ 95 p. 100 des exportations métropolitaines aux colonies. Par contre, 80 p. 100 seulement du trafic est assuré par nous dans le sens opposé, en raison des prix minimes consentis par les navires étrangers faisant escale dans nos ports coloniaux à leur retour en Europe. C’est surtout pour l'A. O. F. et l’A. E. F. que

1. Bulletin de la Statistique Générale de la France, t. XXI, fascicule II, janvier-mars 1937.

cette concurrence se fait spécialement vive et c’est là en &:

particulier qu’un tonnage appréciable est à récupérer :-

L'exemple anglais nous a montré que la vie d’un Empire est subordonnée au développement intensif de la marine marchande. Dès 1930 le Conseil National Économique avait attiré l’attention de tous sur cette importante question à laquelle reste liée, depuis longtemps déjà, la propa- | gande d’une Ligne maritime et coloniale française.

Aussi le vœu suivant, émis le 22 octobre 1936, par le VIe Congrès National des Conseillers du Commerce Extérieur, à Lille, apparaît comme particulièrement opportun :

« Le Congrès considérant :

« Que nos colonies ne sauraient développer leur activité commerciale sans un système de transports maritimes les reliant régulièrement et de façon aussi peu onéreuse que possible à la Métropole, entre elles et avec les autres pays qui sont leurs principaux clients et fournisseurs ;

« Qu’en raison des charges qu’elle supporte et des sujétions pesant sur son exploitation, la Marine marchande nationale est actuellement hors d’état de pourvoir à tous les services nécessaires, ce qui nous place souvent sous la dépendance de l’étranger et se voit obligée de pratiquer des taux de fret trop élevés lorsque la concurrence mondiale ne la contraint pas à travailler à perte ;

« Émet le vœu :

« Qu’un concours suffisant soit accordé à nos entreprises de navigation pour leur permettre de réduire en général les prix des transports coloniaux, d'éviter les barèmes

1. Conf. du Com. Col. « Les lignes maritimes », rapport de M. Marchegay, secrétaire général du Comité central des armateurs de France.

rigides, e6 de tenir compte des possibilités de chaque produit dans la fixation de leurs tarifs 1. »

Quoi qu’il en soit, c’est à la construction de navires spéciaux qu’il nous faut appliquer dès maintenant. Ce sont les cargos de toutes sortes, les pétroliers, les navires frigorifiques qui nous manquent. N'oublions pas que l’augmentation de la vente de nos bananes coloniales, revient pour

une bonne part, aux navires spéciaux comme le « Kolente » ou le « Kakoulima » et que la construction de ce dernier

a permis de distribuer plus de 18 millions de francs aux ouvriers de Port-de-Bouc.

Maïs voici nos marchandises embarquées ; trop souvent sur des navires étrangers. Vont-elles nous parvenir, comme ce fut le cas pour le sisal, par le truchement d’Anvers, de Londres ou de Hambourg ? ?

Sans doute, si nous pouvions retourner des années en arrière, aux époques révolues du « Parloir aux Bourgeois », où s’opéraient toutes transactions relatives aux « buches, eschallaz, muis d’avène, tonniaux de vin, jantes à charrettes, liaces de parchemin, morues, foins et figues » la

question serait plus facile et nous aurions gagné peut-être

en ascétisme ! car enfin, les besoins ont grandi depuis lors et cent produits autrefois inconnus ont pris une place de choix dans nos opérations commerciales. |

Nous le devons aux colonies. Déjà, aux temps lointains des Croisades s'étaient acquis des goûts nouveaux et l’on

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