La Dépêche coloniale, 31 octobre
2. Conf. du Com. Col. « Le marché des produits coloniaux: » , rapport de
M. Simon, directeur de l’Institut colonial du Havre, 1933.
sent des transactions importantes en marge des « assises de Jérusalem, d’Antioche et de Nicosie ». Les produits de nos Antilles, restent inséparables des fastes du grand siècle et lorsqu'à la fin du xfxe nous verrons l’aurore d’une grande industrie, les découvertes coloniales vienäront apporter un champ sans cesse accru à son activité.
Concentrer dans un seul port l’ensemble de ce marché, serait courir à un échec en raison de la nature même de notre territoire métropolitain. Une telle conception serait juste sans doute pour un pays comme la Belgique qui ne regarde que sur une mer, mais ce n’est pas le cas pour nous.
Aussi lorsqu'il est question de choisir des places com-
merciales appropriées à chaque catégorie de produits, là
solution relève de principes que nous pouvons ramener aux propositions suivantes :
S'agit-il d’importations, qui ne couvrent pas tous nos besoins : elles seront dirigées sur les marchés spécialisés dans la vente de produits similaires en provenance de l’étranger. Ce sera le cas des céréales, des vins et des cafés, des produits minéraux, textiles ou oléagineux.
S'agit-il au contraire de marchandises qui proviennent surtout de nos possessions, comme le cacao, le riz, le manioc, le poivre, le rhum, les bois d’ébénisterie ; nous en fixerons le marché dans les ports qui enregistrent leurs principales importations.
C’est toute une étude à faire afin que la solution soit acquise au mieux des intérêts, le jour où les échanges impériaux se seront stabilisés après avoir acquis une consistance définitive.
Pour importante d’ailleurs que puisse être une telle
1. Le 1er avril 1937. « Un marché à terme des cafés coloniaux a été ouvert au Havre ». Les Annales coloniales, 1er mai 1937.
question, elle l’est moins cependant que celle posée par l’organisation du marché de détail. Car c’est lui qui touche un public toujours sensible au pittoresque et ici tout reste à faire. .
On nous parle d'améliorer la présentation des produits coloniaux, d’abaisser les prix de revient, de suivre l'exemple anglais ; sans doute, mais c’est œuvre originale qu’il va falloir réaliser.
Une économie impériale est avant tout, question de propagande, et cette propagande doit être vivante comme une ville du Magreb, colorée comme une rue d’Indochine, il faut qu’elle se mêle à notre vie journalière afin de nous donner conscience de cette idée nouvelle qui doit être celle d’une France totale.
Il faudra pour cela que le Marocain quitte ses souks populeux pour remplacer nos Espagnols, sympathiques certes, mais peu français qui détiennent depuis longtemps le monopole du commerce des fruits ; qu’au milieu des soieries et des laques, l’Annamite nous vende lui-même le thé des colonies françaises et que ce café, le meilleur du monde, dit-on, mais qui nous coûte si cher, soit chassé de chez nous par celui que nous tendra une main martiniquaise, évocatrice des « Nouvelles Frances ».