INTRODUCTION
L’extrait post-hypophysaire est un médicament très actif, donc dangereux, qu’il faut manier prudemment. À l’occasion d’une communication de M. RIVIÈRE suivie d’une discussion à laquelle prirent part MM. ANDERODIAS, BALARD, FAUGÈRE et Maurice RIVIÈRE, la société d’obstétrique et de gynécologie de Bordeaux émit le vœu suivant dans sa séance du 8 mars 1921 : « La société d’obstétrique et de gynécologie de Bordeaux, préoccupée des dangers que l’emploi inconsidéré comme ocytocique, des extraits hypophysaires injectables, dont l’action est encore assez mal établie, peut faire courir à la mère et à l’enfant, émet le vœu que l’usage de ce médicament soit réservé aux médecins, et que les sages-femmes ne puissent pas en obtenir des pharmaciens sur simple demande de leur part. » Cette motion transmise à la société d’obstétrique et de gynécologie de Paris a fait l’objet d’un rapport très documenté du professeur LE LORIER, aboutissant à la conclusion :
« L’hypophyse est un médicament dangereux à ne pas délivrer sans ordonnance médicale ; les mêmes réserves étant faites pour les sages-femmes. »
En 1925, le professeur COUVELAIRE déclarait : « Je
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n’ai jamais eu recours à ces extraits ni dans ma pratique privée, ni dans mon service, dans le but d’agir sur la contractilité utérine. »
M. PrErRA trouve excessif le qualificatif de « médicament dangereux ». Il ne l’est en effet que si on l’emploie à tort et à travers, sans tenir compte du mode d'emploi, de la posologie, ni surtout des contreindications. Nous allons donc tout d’abord examiner ces trois facteurs que l’on ne devra pas perdre de Vue.
Nous nous sommes presque toujours servis des extraits post-hypophysaires Choay en solution injectable. Tous les modes d’injection ont été utilisés sous-cutanée, intra-musculaire, intra-veineuse et dans le muscle utérin lui-même. Nous avons, le plus souvent, usé de la préparation n° 2 qui se présente en ampoules de 1 cc. correspondant à 5 unités internationales. Exceptionnellement du n° 4 où 1 cc. correspond à 10 U.I. Pour les injections intra-veineuses le n° 5 où 10 cc. correspondent à 5 U. I; ou bien le n° 2 dilué. L’injection intra-veineuse étant faite très lentement. L'administration intra-musculaire donne une action plus rapide, plus brutale qu’en sous-cutanée. La voie I. V. peut provoquer des accidents généraux (bourdonnements d'oreilles, vertiges, sensation d'angoisse) mais tout s’arrange assez vite. Les américains HOFBAUER et HAERNER ont préconisé l’administration par voie nasale, à l’aide d’un tampon imbibé d'extrait et appliqué sur la muqueuse du deuxième